Politique canadienne: la vision énergétique du chef néo-démocrate Thomas Mulcair est critiquée par le ministre Tony Clement

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CALGARY - Le président du Conseil du Trésor soutient que la position du chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, en matière d'énergie est irresponsable et insouciante.

Dans un discours prononcé mercredi devant la Chambre de commerce de Calgary, Tony Clement a critiqué pendant un bon moment les récents commentaires de Thomas Mulcair, selon lesquels l'exploitation des ressources naturelles et des sables bitumineux provoque une augmentation de la valeur du huard, ce qui entraîne des pertes d'emplois dans le secteur manufacturier — une théorie économique surnommée le «syndrome hollandais».

Le leader néo-démocrate estime par ailleurs que le principe de pollueur-payeur devrait s'appliquer aux compagnies énergétiques.

Or, selon le ministre Clement, cela serait néfaste pour cet important secteur en plein essor, en plus de mettre en péril des milliers d'emplois à travers le pays.

Thomas Mulcair effectuera une visite en Alberta à la fin du mois afin de parler des sables bitumineux. Il sera notamment à Edmonton, où il rencontrera divers représentants.

Le président du Conseil du Trésor dit espérer que le chef néo-démocrate fera preuve d'ouverture lors de sa visite en sol albertain. Car au Québec et en Ontario, nombreux sont ceux qui ont profité du boom énergétique, a plaidé M. Clement.

«Je peux nommer plusieurs endroits au Québec et en Ontario où le secteur manufacturier a été sauvé par des clients des secteurs pétrolier et gazier», a-t-il déclaré.

Les prises de position de M. Mulcair ont été dénoncées par le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, et la première ministre de l'Alberta, Alison Redford.

Le dirigeante albertaine a d'ailleurs affirmé qu'elle ne rencontrerait pas Thomas Mulcair tant que ce dernier n'aurait pas effectué une visite de la région de Fort McMurray, où sont situés les plus importants gisements de sables bitumineux, afin de s'informer sur le sujet.

«J'ai moi-même fait la tournée des sables bitumineux il y a environ quatre ans et cela a été très utile», a dit Tony Clement aux journalistes. «J'espère qu'il verra les choses de façon critique, mais aussi avec ouverture, et je pense qu'il sera impressionné», a-t-il ajouté avant de préciser que les conservateurs ne permettraient pas aux néo-démocrates de tenir impunément de tels propos sur les ressources naturelles et les sables bitumineux.

«Nous ne pouvons laisser ce débat se poursuivre sans riposter en présentant notre vision des choses. Ce qui est particulièrement néfaste, c'est de faire de la politique en opposant les régions les unes aux autres ou en opposant les différents secteurs économiques», a fait valoir M. Clement.

Le porte-parole du NPD en matière de ressources naturelles, Peter Julian, a accusé le président du Conseil du Trésor de «manquer de sincérité» dans ses propos et d'essayer de détourner l'attention du véritable sujet.

«Le vrai problème dans cette histoire, c'est l'impact important qu'a l'incapacité du gouvernement Harper à faire payer les pollueurs sur notre environnement et notre économie», a-t-il écrit dans un courriel envoyé à La Presse Canadienne.

«Les Canadiens, et particulièrement ceux qui vivent dans l'Ouest, sont d'accord avec le fait que les pollueurs doivent payer pour la pollution qu'ils génèrent.»

M. Julian a affirmé que les néo-démocrates voulaient une économie diversifiée constituée d'emplois à valeur ajoutée et d'une croissance à long terme et durable plutôt que d'une série sans fin de hauts et de bas.

«Ce n'est pas seulement un problème dans l'Est. Plusieurs personnes en Alberta et en Colombie-Britannique s'inquiètent de voir que nous construisons des pipelines pour transporter du pétrole brut à l'extérieur du pays au lieu de créer des emplois à valeur ajoutée pour valoriser et raffiner nos propres ressources naturelles», a-t-il indiqué.

Une étude récente de l'Institut de recherche en politiques publiques et des données de Statistique Canada semblent contredire l'hypothèse selon laquelle le système économique canadien souffrirait vraiment du «syndrome hollandais».

L'Institut de recherche en politiques publiques conclut qu'environ le quart du secteur manufacturier canadien souffrirait de la valeur élevée du dollar canadien.

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