Du 24 au 26 août prochain aura lieu le premier festival québécois consacré aux métiers de la fibre. Tricot, feutrage, filage et tissage seront à l’honneur lors du Festival de la fibre Twist. L’événement, qui réunira 65 exposants et de nombreuses personnalités du milieu, prévoit accueillir entre 6 000 et 8 000 personnes dans la petite localité de St-André-Avellin, en Outaouais.

Parmi les personnalités présentes, le groupe Tricot Machine offrira une prestation musicale. Les artistes de renommée internationale. Lexi Boeger (filage), Diane Gonthier (feutre), Louise Lortie (teinture) et Stephanie Pearl-McPhee (tricot) offriront des ateliers aux participants.

Pour sa part, le collectif montréalais les Villes-laines proposera des séances de tricot-piratage. Composé de cinq jeunes femmes, le collectif s’est fait connaître depuis un an en recouvrant de tricots divers espaces montréalais, dont le métro Lionel-Groulx. Les jeunes femmes qualifient leur travail de «terrorisme doux».

Tasse-toi Mamie

Le tricot gagne en popularité depuis plusieurs années chez les jeunes femmes partout en Occident. «Le phénomène a débuté aux États-Unis et au Canada anglais, explique Amélie Blanchard, organisatrice du festival. Au Québec, il souffre encore un peu de l’image du Cercle des fermières et des pantoufles en ‘‘phentex’’.»

Loin de ce stéréotype, la nouvelle vague de tricoteuses utilise des matériaux innovateurs. «Certaines utilisent le chanvre ou le lin, illustre Amélie Blanchard. On a même vu des tricots faits à partir de rubans de cassettes.» Les créations sont également plus osées que le bon vieux pull de grand-maman. Hamacs, chaises ou tentes géantes, tout semble désormais se prêter aux aiguilles des tricoteuses. Des oeuvres d’art telles des mini-poulets rôtis ou des pianos ont également été créées à coups d’une maille à l’envers, une maille à l’endroit. Le groupe Tricot Machine a même réalisé un stop-motion entièrement tricoté à la main pour le vidéoclip de la chanson Les peaux de lièvres.

Productrice de documentaires (dont Citizen Lambert: Jeanne d’architecture), Amélie Blanchard s’est mise au filage après avoir acheté une ferme de chèvres en Outaouais pour la production du cachemire. «Le retour des métiers de la fibre fait partie de tous ces ‘‘slow movements’’ qui ont émergé ces dernières années, dit-elle. Ça aide à relaxer et à décrocher de notre iPhone. Depuis que je fais du filage, je suis moins stressée et je ne me chicane plus avec mon copain!»

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  • Une tente en tricot

    Photo: Patrick Bellerose.

  • Des hamacs en tricot

    Photo: Patrick Bellerose.

  • Un tricot fait de ruban de cassette

    Photo: Patrick Bellerose.

  • Des tricos au Square Viger des Villes-laines

    Photo: Eli Larin/Patrick Bellerose.

  • Le tricot-piratage des Villes-laines

    Photo: Patrick Bellerose.

  • Le tricot-piratage des Villes-laines

    Des tricots dans le métro. Photo: Patrick Bellerose.

  • Le tricot-piratage des Villes-laines

    Photo: Patrick Bellerose.

  • Même Goldie Hawn tricote

    Photo: Patrick Bellerose.