Grève étudiante: la manifestation a rapidement été déclarée illégale à Montréal lundi soir

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POLICE MONTREAL
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MONTRÉAL - Même si elle a rapidement été déclarée illégale peu après s'être mise en branle, la 28e manifestation étudiante nocturne d'affilée s'est déroulée — en majeure partie — dans une ambiance bon enfant dans les rues de Montréal, lundi soir.

C'est plutôt du côté de Sherbrooke que les forces policières ont procédé à plusieurs arrestations: 36 personnes ont été arrêtées lundi en vertu des dispositions prévues par loi 78, a indiqué le Service de police de la Ville de Sherbrooke (SPS) vers minuit.

Martin Carrier, porte-parole du SPS, a précisé que l'article 16 de la nouvelle loi a été mis en application puisqu’aucun trajet n’avait été fourni aux policiers et que les participants ne collaboraient pas avec les autorités. Des amendes de 1000 à 5000 $ pourront donc être remises aux 36 manifestants arrêtés, a ajouté M. Carrier.

Pendant ce temps, dans les rues de la métropole, les manifestants déambulaient non loin de la résidence privée du premier ministre Jean Charest, à Westmount, où deux pétards ont été lancés et un véhicule a été vandalisé. La marche a ensuite repris sur la voie de service de l'autoroute Décarie en direction sud.

Vers 1h, mardi matin, la vitrine de la succursale de la Banque Nationale a été fracassée à l'angle des rues Sherbrooke et Stanley, selon le compte Twitter du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Le contraste entre la manifestation de lundi soir et celle de la veille, qui s'était soldée par plus de 300 arrestations, était tout de même évident. La présence policière semblait moins imposante dans les rues de la métropole, et les protestataires étaient d'humeur plutôt festive. Le SPVM a indiqué que la manifestation s'était terminée peu après 1h30 au parc Émilie-Gamelin. Seules deux personnes ont été arrêtées pour voies de fait et avoir troublé la paix.

La marche montréalaise avait pourtant été rapidement déclarée illégale par le SPVM, vers 21h30, après que des protestataires eurent tenté de bloquer le pont Jacques-Cartier. Un imposant cordon de policiers anti-émeute a forcé le cortège à rebrousser chemin, avec succès.

Même si la manifestation avait été déclarée illégale, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) avait précisé qu'elle était tolérée puisqu'elle était «pacifique et calme».

En début de en soirée, des individus vêtus de noir s'étant approchés du quartier général de la police ont été interpellés par les agents du SPVM, a mentionné Ian Lafrenière, porte-parole du corps policier. Les individus ont tous obtenu la permission de quitter à la suite d'une discussion avec les policiers, a ajouté M. Lafrenière.

La foule de manifestants était composée de quelques milliers de personnes, notamment d'opposants à la hausse des droits de scolarité et à la controversée loi 78.

Quatre jours après l'adoption du projet de loi 78 — déposé par le gouvernement Charest à l'Assemblée nationale —, les manifestants semblent n'avoir rien changé à leurs habitudes: aucun itinéraire n'a été fourni aux autorités. La législation doit assurer un retour sur les bancs d'écoles avec une suspension des sessions dans les établissements touchés par la grève, mais inclut également des clauses très strictes pour encadrer le droit de manifestation, entre autres.

Après être passés non loin du pont Jacques-Cartier, les manifestants ont tenté de bifurquer au nord sur la rue Saint-Denis, au coin de Maisonneuve. Ils en ont toutefois été empêchés par un autre contingent de police anti-émeute, qui bloquait l'accès à l'artère.

L'essentiel de la foule a obtempéré et poursuivi son trajet vers l'ouest, sur Maisonneuve, à quelques mètres de la station de métro Berri-UQAM. Là, les membres du «Rabbit Crew», arborant leur habituel masque de lapin, s'étaient arrêtés pendant un moment devant les policiers, multipliant les mimiques et semblant narguer les agents du SPVM.

Malgré l'adoption récente du règlement de la Ville de Montréal interdisant le port du masque pendant une manifestation, les foulards, lunettes de ski et autres masques sont toujours aussi visibles lors des rassemblements nocturnes.

La mobilisation anti-loi 78 s'organise

En point de presse lundi après-midi, la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) avait annoncé son refus de se soumettre à la loi 78. Les coporte-parole de l'association étudiante, Jeanne Reynolds et Gabriel Nadeau-Dubois, ont appelé les étudiants à poursuivre leur mobilisation tout au long de l'été.

À la veille du 100e jour de grève étudiante, les porte-parole de la CLASSE ont lancé l'invitation à prendre part à un rassemblement à la place des Festivals, dès 14 h.

Ils ont aussi dévoilé la mise en ligne d'un site Web («arretezmoiquelquun.com») invitant tous les citoyens à afficher publiquement leur intention de désobéir à la loi 78, qu'ils ont qualifié «d'injuste». Vers 23h, lundi soir, près de 2100 personnes avaient affiché leur photo en dévoilant publiquement leur identité sur le site Internet.

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