Italie: une lycéenne tuée par l'explosion d'une bombe à Brindisi

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ITALIE EXPLOSION ADOLESCENTE
(AFP) Sur les lieux de l'explosion... | AFP

ROME - Une adolescente de 16 ans a été tuée samedi matin et sept autres élèves ont été blessés par l'explosion d'une bombe devant un lycée professionnel de Brindisi (sud-est de l'Italie) portant le nom du juge anti-mafia Giovanni Falcone, décédé il y a près de 20 ans dans un attentat de Cosa Nostra près de Palerme. La ministre italienne de l'Intérieur Anna Maria Cancellieri reste cependant prudente, soulignant l'absence d'éléments permettant d'établir à ce stade un lien avec le crime organisé.

Selon un responsable local de la Protection civile, Fabiano Amati, l'attentat s'est produit peu avant 8h, alors que les élèves arrivaient pour les cours et discutaient devant l'établissement. Une lycéenne est décédée à l'hôpital des suites de ses blessures et sept autres élèves ont été blessés, a ajouté M. Amati. La victime décédée est une adolescente de 16 ans, Melissa Bassi, originaire de Mesagne, a précisé le maire de cette commune près de Brindisi, Franco Scoditti.

D'après le Dr Paola Ciannama, médecin de l'hôpital Perrino de Brindisi, une des jeunes filles blessées se trouvait dans un état grave mais stationnaire. Plusieurs des blessés souffrent de brûlures et ont subi une intervention chirurgicale, a-t-elle ajouté, des informations confirmées par un autre responsable de l'établissement.

L'attentat n'a pas été revendiqué dans l'immédiat. Le lycée professionnel visé porte le nom de Francesca Laura Morvillo Falcone, l'épouse du juge anti-mafia Giovanni Falcone, tuée avec lui il y a près de 20 ans, le 23 mai 1992, lors d'un attentat de la mafia sicilienne. Une charge de plusieurs centaines de kilogrammes d'explosifs, dissimulés sous la chaussée, avait sauté au passage de la voiture blindée du magistrat, sur l'autoroute entre Palerme et l'aéroport.

Mme Cancellieri s'est dite "frappée" par la coïncidence, dans un entretien téléphonique à Sky TG24. Elle a toutefois noté que les enquêteurs ne disposaient "pas d'éléments" permettant à ce stade d'imputer l'attentat de samedi matin au crime organisé.

De surcroît, a-t-elle ajouté, "ce n'est pas la méthode habituelle de la Mafia". L'engin explosif utilisé, composé selon l'agence de presse ANSA de trois bonbonnes de gaz reliées à un détonateur, ne ressemble pas aux dispositifs très sophistiqués utilisés par le passé par la mafia. Le crime organisé, par ailleurs, vise habituellement des cibles comme les magistrats, policiers, mafieux rivaux ou repentis.

Quant à la ville portuaire de Brindisi, sur les bords de l'Adriatique dans la province des Pouilles, elle n'est pas considérée comme une ville stratégique de la Mafia. D'après les autorités italiennes, le syndicat local du crime, connu sous le nom de Couronne sacrée unie, a largement été affaibli par la lutte anti-mafia.

L'attentat de Brindisi intervient également dans un contexte de situation économique et sociale très dégradée en Italie, source de tensions. Le gouvernement avait auparavant annoncé dans la semaine un renforcement des mesures de sécurité dans tout le pays, après une série d'attaques contre des personnalités et bâtiments officiels, dont des centres de recouvrement d'impôt, attribuées à des mouvements d'extrême gauche et anarchistes. Le chef de la police nationale, Antonio Manganelli, a déclaré n'exclure aucune hypothèse, mafia ou mouvements subversifs.

Le président français François Hollande, actuellement à Camp David aux Etats-Unis pour le sommet du G-8, a dénoncé un "odieux attentat" et exprimé sa "très grande émotion". "Au nom de tous les Français, je souhaite assurer le peuple italien de notre profonde solidarité devant cette épreuve", a-t-il déclaré dans un communiqué en précisant qu'il ferait part de "vive voix (de) cette émotion et cette solidarité" au Premier ministre italien Mario Monti, présent lui aussi au sommet du G-8. AP

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