Plusieurs milliers de manifestants marchent contre la loi 78

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MANIF LOI 78
Les jeunes et moins jeunes manifestent contre la loi 78, adoptée le 18 mai 2012. (AFP) | AFP

MONTRÉAL - L'adoption et l'immédiate mise en vigueur de la loi spéciale 78, qui tente notamment de contrôler les manifestations, n'ont pas empêché des milliers de manifestants de marcher dans les rues du centre-ville de Montréal, vendredi.

A l'exception d'une forte tension provoquée par des affrontements entre policiers et certains manifestants, la marche s'est déroulé en bonne ordre. A minuit, les manifestants continuaient de déambuler dans un calme relatif dans les rues de Montréal.

Il était difficile d'évaluer la foule mais à un certain moment, alors que la tête arrivait au parc Emilie-Gamelin, la queue de la marche, clairsemée atteignait l'intersection de Sainte-Catherine/Université, à environ 1,5 km de distance.

Moins de 60 minutes après le début de la manifestation, la situation est devenu chaotique. Le Service de police de la Ville de Montréal a déclaré la manifestation illégale peu avant 22 h. Sur son compte Twitter, il a affirmé avoir tenté de «procéder à des arrestations ciblées» et affirmé avoir émis quatre avis de dispersion à la foule. Mais cela n'a pas empêché la manifestation de se poursuivre. Et les policiers l'ont tolérée.

Des affrontements semblaient s'être déroulés entre des protestataires isolés et des policiers. À un certain moment, plusieurs policiers se sont rapidement déplacés, semblant se lancer à la poursuite d'individus à l'écart de la manifestation. Les représentants ont déployé des fumigènes, mais un extrémiste a répliqué en lançant un ou deux cocktails Molotov à l'intersection du boulevard René-Lévesque et de la rue Saint-Urbain.

Sur les ondes de CUTV, une télévision universitaire qui diffusait des images sur Internet, on a même pu voir un camion de police foncer vers un groupe de manifestants. Les policiers ont demandé à la foule de se disperser. Plusieurs groupes se sont alors formés. Des grenades assourdissantes ont été lancées.

Les gens sont revenus à leur point de départ, s'interrogeant sur la suite des événements, avant de reprendre leur marche dans le calme. Et le SPVM a laissé la manifestation se poursuivre, affirmant sur Twitter que «Tant que les gens continuent de manifester de façon pacifique et calme, la #manifencours peut continuer».

Au moins une arrestation avait été effectuée. L'individu aurait commis un voie de fait contre un policier.

La situation a contraint le STM à interrompre le service d'autobus dans le quadrilatère René-Lévesque, Sherbrooke, Amherst et Université.

La soirée avait plutôt bien débuté. Déjà plus d'une heure avant le début la marche, la 25e en autant de soirs, quelques centaines de personnes s'étaient déjà pointées au lieu de rassemblement habituel, le parc Émilie-Gamelin. Puis des milliers de personnes sont venues les rejoindre.

Peu avant 21 h, elles ont entrepris la manifestation en empruntant la rue Berri vers le nord tandis qu'un petit groupe de manifestants, tentant peut-être de déjouer les forces policières, se dirigeait vers le sud.

Plusieurs retardataires se sont joints au cortège en cours de route. Des passants ont également applaudi et appuyé les manifestants.

La colère des manifestants était visible. Certains ont même brûlé ce qui semblait être une copie de la loi. Divers slogans hargneux ont été lancés tels «Charest, t'es mort. On va te trouver une tombe dans le nord.»

Plusieurs des participants déambulaient dans les rues pour la première fois. Milly Pominville, une jeune cégepienne de 20 ans, reconnaissait sa nervosité et disait espérer que rien de grave ne se déroulerait. Elle avouait sa «haine» envers Jean Charest, réclamant son départ. Elle a qualifié la nouvelle loi de «stupide» avant de promettre de revenir manifester tous les soirs.

A l'instar des autres soirs, les policiers étaient fortement présents. Toutefois, contrairement aux manifestations précédentes, le Service de police de la ville de Montréal a indiqué qu'elle avait reçu un itinéraire avant le début de l'événement.

A Québec, des milliers de personnes s'étaient donné rendez-vous devant l'Assemblée nationale avant d'entreprendre une longue marche dans les rues de la capitale. Là aussi, les organisateurs avaient remis un itinéraire aux policiers. Revenus devant le parlement, les gens sont demeurés en place et ne se sont pas dispersés.

Des manifestations se sont également déroulées dans plusieurs autres villes du Québec, dont Gatineau, Sherbrooke, Trois-Rivières et Rimouski. Dans cette dernière ville, plusieurs centaines de personnes ont manifesté pacifiquement, selon RDI.

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