Chloé Sainte-Marie inaugure les œuvres picturales et de la Maison Gilles-Carle (PHOTOS)

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CHLOE SAINTE MARIE
Julie Caron

« Ça c’était après notre première nuit d’amour : je suis rentrée chez-lui, et j’y suis restée 27 ans », s’exclame Chloé Sainte-Marie devant une photo d’elle couchée à plat ventre sur un lit apposée aux murs des bâtiments de la ferme artisanale Pigeon Hill, en Estrie.

La ferme et la porcherie attenante, propriété de Christian Marcotte (autrefois le monteur des films de Gilles Carle) sont l’un des huit endroits qui accueillent le parcours exposant les œuvres picturales de Gilles Carle dans la région de Brôme-Missisquois. Exposition qui partira ensuite sur les routes du Québec.

Comme certaines peintures du cinéaste que l’on peut admirer en plein cœur des vignes du Domaine les Bromes, les photos de la ferme témoignent du « vagabondage amoureux » du couple, littéralement fusionnel jusqu’à la mort du cinéaste.

À l’époque, ils menaient une vie de nomades entre leur maison du Carré Saint-Louis, qu’ils ont habité pendant vingt ans, et leur demeure de l’Île Verte, théâtre de fêtes mémorables. « Ce n’était pas l’aboutissement qui l’intéressait, mais plutôt toutes les étapes de la création. Comme lorsque l’on développait des photos dans la chambre noire du Carré Saint-Louis en même temps qu’on baisait, qu’on prenait de la coke et qu’on buvait du vin. Tout était prétexte au jeu! » raconte Chloé Sainte-Marie. Au moment des toutes premières photos du couple, elle était âgée de 18 ans, et lui de 52 ans. Ils étaient évidemment follement amoureux.

Que ce soit en Abitibi, dans les Cantons de l’Est, ou à l’Île Verte, le couple partait en expédition photos à tous les week-ends ainsi que chaque fois qu’il y avait une journée libre.

«On était toujours en mouvement, parce que Gilles était loin d’être contemplatif. Je ne l’ai jamais vu s’asseoir devant les couchers de soleil de l’Île verte, qui sont pourtant les plus beaux du monde. C’est comme s’il avait tout vu et tout compris! » raconte-t-elle.

Si le cinéaste était plutôt directif lorsqu’il dirigeait sa muse pour un film, la liberté était totale lorsqu’ils s’adonnaient à la photo. Comme il n’y avait pas de témoin, je me laissais aller et je faisais toute sorte de folies que je ne me serais pas permises au cinéma ».

Par ailleurs, lorsque l’on s’attarde sur les clichés très érotiques de Chloé Sainte-Marie, l’on ne peut que constater l’audace d’une artiste qui, à l’époque, était à peine sortie de l’adolescence. « Je n’avais aucune pudeur et je me sentais à l’aise. Être nue c’était comme affirmer mon état de femme et de dire : je n’ai pas peur! » dit-elle avant de concéder que le tout était peut-être par esprit de provocation et dirigé vers un père très religieux pour qui tout était péché, même la beauté. « Chaque âge a ses avantages », fait-elle cependant remarquer, en laissant filtrer que cette époque est maintenant bel et bien derrière elle.

La journée d’hier donnait aussi le coup d’envoi à la Maison Gilles-Carle, destinée à donner un moment de répit aux aidants naturels en accueillant les personnes souffrant de maladies chroniques ou d’handicaps lourds.

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