Rencontre avec Courchesne: Les canaux de communication sont ouverts, disent les leaders étudiants

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Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds de la CLASSE. (Radio-Canada.ca)
Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds de la CLASSE. (Radio-Canada.ca)

Au sortir de leur rencontre avec la nouvelle ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, mardi, les leaders étudiants des quatre principales associations étudiantes ont tous indiqué que les « canaux de communication » avec le gouvernement restaient ouverts.

Amorcée peu après 20 h, la réunion a duré environ 1 h 45. L'attachée de presse de la ministre a indiqué que Mme Courchesne ne ferait aucun commentaire à l'issue de la réunion.

À leur sortie de l'édifice, les présidents de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), les coporte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) et le secrétaire général de la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ) ont pour leur part adressé quelques commentaires aux médias.

« La CLASSE sort de cette rencontre relativement satisfaite », a affirmé le coporte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, évoquant des « discussions somme toutes assez cordiales ».

« On a également débouché certains canaux de communication qui avaient peut-être été bouchés par certaines mésententes avec Mme Beauchamp », a-t-il ajouté.

« Cette rencontre nous a rassurés sur plusieurs points », a ajouté l'autre coporte-parole de la CLASSE, Jeanne Reynolds. « La ministre nous a réitéré que l'annulation de session n'était pas un scénario envisageable » [...]. La ministre était d'accord avec nous pour dire que les injonctions n'étaient pas une solution envisageable pour régler le conflit », a-t-elle expliqué.

Mme Courchesne n'a pas fait de nouvelle proposition, ont-ils précisé. Sort-on de l'impasse? ont demandé des journalistes. « Il est trop tôt pour le dire », a répondu M. Nadeau-Dubois.

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Peut-on s'attendre à plus de compromis des étudiants et du gouvernement avec ce changement de ministre?

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Premiers à s'adresser aux médias, les présidents de la FEUQ et de la FECQ, Martine Desjardins, et Léo Bureau-Blouin, ont de leur côté précisé que les associations étudiantes avaient transmis leurs « positions consensuelles », dont la demande pour un moratoire sur la hausse des frais de scolarité.

La successeure de Line Beauchamp, qui a convoqué la rencontre peu après avoir été nommée, lundi, avait précisé que les discussions avaient pour but de faire l'état des lieux pour ensuite faire rapport au gouvernement. Le Conseil des ministres doit d'ailleurs se réunir mercredi.

Les leaders étudiants ont indiqué que la ministre Courchesne les contacterait après avoir discuté avec ses collègues.

« On restera à Québec pour suivre le tout », a précisé Mme Desjardins.

Entre compromis et fermeté

Avant le début de la rencontre, les leaders avaient dit espérer une ouverture chez leur nouvelle interlocutrice. Perçue par les représentants étudiants comme plus conciliante que son ex-collègue, Michelle Courchesne avait présidé la rencontre-marathon, les 4 et 5 mai, qui avait réuni les représentants étudiants, les représentants des dirigeants d'établissements ainsi que des leaders de centrales syndicales qui représentent des professeurs (CSN, FTQ, CSQ).Avant d'aller rencontrer la ministre, la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, et celui de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, ont dit qu'ils avaient déjà prouvé leur ouverture au compromis.

« On vient encore une fois présenter les solutions, présenter les compromis qu'on est prêt à faire », a déclaré Mme Desjardins. « On espère que du côté gouvernemental, on est prêt aussi à faire des compromis ».« On espère que ce ne sera pas le jour de la marmotte, a-t-elle ajouté, affirmant que le gouvernement « n'avait pas « bougé d'un iota » sur la question des frais de scolarité.

Léo Bureau-Blouin a tenu des propos similaires, espérant de cette réunion qu'elle serait « productive » et que la ministre serait en « mode compromis » et en « mode écoute ». « J'ose espérer que c'est un appel au dialogue », a-t-il dit.

« Je pense que l'objectif d'aujourd'hui est de démontrer à Mme Courchesne que les étudiants sont ouverts, sont prêts à des compromis et sont là pour régler le conflit », poursuivait Léo.

La CLASSE a de son côté indiqué qu'elle tenait à discuter des frais de scolarité, l'enjeu au coeur du litige. « En 14 semaines, on a parlé de beaucoup de choses avec le gouvernement Charest : on a parlé des frais de scolarité, on a parlé des prêts et bourses, on a parlé de la gestion universitaire, on a parlé des frais afférents, on a parlé à peu près de tout dans le système universitaire sauf de la hausse des frais de scolarité », a déploré Gabriel Nadeau-Dubois, coporte-parole de la CLASSE.

« Il est plus que temps qu'on arrête de niaiser, comme on dit en québécois, et qu'on parle des vraies affaires! », mentionnait Gabriel Nadeau-Dubois, coporte-parole de la CLASSE.

Interrogée sur la possibilité d'un ultimatum qui serait lancé par la ministre Courchesne, l'autre coporte-parole de la CLASSE, Jeanne Reynolds, a appelé le gouvernement à prendre ses responsabilités dans un contexte où la grève étudiante dure depuis trois mois. « S'il y a un ultimatum à lancer, c'est plus de la part des étudiants, étudiantes envers le gouvernement », a-t-elle soutenu.

Les leaders étudiants ont en outre dénoncé le recours à une éventuelle loi spéciale. Le climat de tension entourant les injonctions prouve que ce n'est pas une façon de régler le conflit, ont-ils plaidé.

En après-midi, Mme Courchesne s'est par ailleurs entretenue avec les dirigeants de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) et de la Fédération des cégeps.

Les solutions de l'opposition

Plus tôt, les partis d'opposition ont tous formulé leurs demandes au gouvernement Charest par rapport à cette rencontre, mettant de l'avant des lignes de conduite fort différentes.

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a appelé le gouvernement à mener une « véritable négociation où chacun va être gagnant-gagnant », Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a pour sa part estimé que la ministre de l'Éducation devait obtenir des leaders étudiants un engagement ferme à assurer le libre accès des établissements aux étudiants souhaitant un retour en classe, une condition préalable aux discussions selon lui.

Le coporte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir, a de son côté réclamé une suspension de la hausse, suggérant que les entreprises fassent leur « juste part » pour le financement universitaire.

Des scénarios de sortie de crise

Au cours des derniers jours, quelques scénarios pour mettre fin à la crise étudiante ont été évoqués:
Conclusion d'une entente
Adoption d'une loi spéciale pour mettre fin au conflit
Moratoire sur la hausse des frais de scolarité le temps de la tenue d'États généraux sur le financement des universités
Déclenchement des élections