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Mulcair: le gouvernement va offrir aux entreprises de la main d'oeuvre bon marché

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THOMAS MULCAIR TRAVAIL
Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair. (PC) | CP

OTTAWA - Le gouvernement conservateur met un système en place pour fournir aux entreprises de la main d'oeuvre bon marché, a dénoncé le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair.

Il a lancé cette accusation mardi, affirmant qu'il s'agissait là du résultat des changements proposés par les conservateurs à l'assurance-emploi et à la sécurité de la vieillesse.

Dans le dernier budget fédéral, le gouvernement Harper a annoncé que l'âge pour toucher les prestations de la sécurité de la vieillesse passerait de 65 à 67 ans et que la définition d'«emploi convenable» serait modifiée. Le changement pourrait faire en sorte qu'un chômeur voit ses prestations coupées s'il refuse un emploi hors de son domaine de qualification.

La veille, le ministre des Finances Jim Flaherty avait aussi souligné qu'il souhaitait voir plus de personnes avec des handicaps, des personnes âgées et des autochtones sur le marché du travail, dans le but de faire face aux pénuries de travailleurs dans certains domaines.

Mais selon M. Mulcair, moins de Canadiens auront droit à des prestations après des modifications aux deux régimes. Cela va donc les forcer à accepter n'importe quel boulot pour vivre, dont des emplois peu rémunérés, ou à l'autre bout du pays.

«Pourquoi s'attaquer aux aînés? Les aînés ne devraient pas devenir une source de 'cheap labour' parce que le gouvernement les force à retarder leur retraite», s'est exclamé le chef du NPD en Chambre.

À sa sortie des Communes, il a élargi ses propos.

«Alors, on est en train d’admettre qu’on veut créer du 'cheap labour' pour les entreprises en gardant les gens sur le marché de travail un autre deux ans et en forçant les personnes handicapées à travailler. C’est assez préoccupant», a commenté M. Mulcair.

Le débat fait rage à Ottawa sur ce qu'il adviendra de ces deux régimes.

Lundi, questionné à savoir si l'on verra des ingénieurs cueillir des fruits dans les champs parce qu'ils n'auront plus droit à leurs prestations d'assurance-emploi, le ministre Flaherty a répliqué qu'«il n'y pas de mauvais emploi, sauf de ne pas avoir d'emploi».

Ce commentaire semblait confirmer les craintes de l'opposition qui s'inquiète que les travailleurs ne perdent le droit d'attendre qu'un «emploi convenable» dans leur domaine se présente avant de dire au revoir aux prestations de chômage.

La remarque de M. Flaherty a fait des vagues mais mardi, la ministre des Ressources humaines Diane Finley a nuancé ces propos.

«On va s'attendre à ce que les Canadiens acceptent des emplois appropriés à leur niveau de qualifications et dans leur région», a-t-elle indiqué aux Communes.

Cette précision n'a pas rassuré le NPD et le Parti libéral qui souhaitent voir la définition d'«emploi convenable» écrite noir sur blanc dans la loi qui effectue ce changement, avant de voter.

Mais les partis d'opposition risquent fort de ne pas voir telle précision avant le vote.

En entrevue mardi après-midi à la chaîne anglaise de Radio-Canada, la ministre a indiqué que la définition — qui sera dans un règlement — ne viendra pas tout de suite.

«On veut s'assurer que la loi soit adoptée avant», a-t-elle clarifié.