Geoffroy Clavel
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Nicolas Sarkozy, la fin d'un quinquennat d'impopularité

Publication: 14/05/2012 04:21 Mis à jour: 14/05/2012 14:11

Entamé en pleine période de croissance, mais bouleversé par la triple crise financière, économique et de la dette, le mandat présidentiel qui s'achève aura connu au moins une constance: l'inexorable impopularité du président sortant. Elu avec plus de 53% des suffrages, Nicolas Sarkozy avait pourtant su séduire les Français au cours de sa campagne éclair, menée en rupture avec sa propre famille chiraquienne et axée sur la nécessité de réformer le pays.

Débutant son mandat avec un beau capital de 65 à 70% d'opinions positives, le chef de l'Etat a pourtant vu sa cote de popularité fondre comme neige au soleil, atteignant des records de discrédit politique. Et contrairement à ce que veulent bien en dire ses partisans de l'UMP, la crise historique qui a changé la face du quinquennat n'explique pas tout.

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L'ÉTAT DE GRÂCE: MAI-AOÛT 2007

Le premier trimestre de la présidence Sarkozy a pourtant tout d'une lune de miel. Faisant fi des polémiques du début du quinquennat, du Fouquet's aux vacances du mois de mai sur le yacht de Vincent Bolloré, l'opinion approuve à une très large majorité les (nombreuses) initiatives de celui pour lequel s'imposera le néologisme "d'omniprésident". Si les élections législatives sont moins favorables que prévu, l'ouverture aux personnalités venues de la gauche, la place accordée à la diversité dans le gouvernement et le "paquet fiscal" voté dès l'été, vaste projet de loi instaurant le bouclier fiscal et la baisse des droits de donation, rencontrent un écho positif auprès des Français.

Symbole de cet état de grâce, la libération des infirmières bulgares au mois de juillet marque le premier succès retentissant de la diplomatie française sous l'ère-Sarkozy.

Pendant ce temps, l'économie française se porte bien. Si les banques pressentent déjà les secousses financières à venir, dont la crise des subprimes qui achèvera de précipiter le monde dans la récession, le chômage baisse ou se stabilise. La promese du "choc de croissance" tient encore. Quand vient l'heure des congés du mois d'août, Nicolas Sarkozy culmine à 69% d'opinions positives dans le baromètre Ifop pour Le JDD que nous avons pris pour base d'analyse*.

L'année 2007
 Popularité de Sarkozy
 Popularité de Fillon
 Chômage (BIT)


LE PRÉSIDENT BLING BLING: SEPTEMBRE 2007-AVRIL 2008

Mais la belle mécanique s'enraye. Dès le mois de septembre, la cote du chef de l'Etat s'effondre de 8 points. Début de l'usure du pouvoir? Pas seulement. Car la déflation de popularité de Nicolas Sarkozy s'étend, voire s'accélère. Après les fêtes de Noël, nouvelle chute de 9 points. Tant et si bien qu'au mois de mai 2008, alors que l'hôte de l'Elysée fête le premier anniversaire de son élection, le bilan est accablant: Nicolas Sarkozy a perdu 30 points de popularité en 12 mois. La part des Français insatisfaits a elle grimpé de 33 points.

Que s'est-il passé? Si la donne économique n'a pas encore véritablement changé, la situation personnelle du président de la République a pris une tournure de Vaudeville. Les luxueuses vacances aux Etats-Unis du couple présidentiel au mois d'août ont révélé le drame intime qui se noue au sommet de l'Etat.

A la rentrée, l'orage vire à la tempête: Cécilia divorce, mais elle est vite remplacée par Carla Bruni. La séquence people tranche avec la tradition "jupiterienne" du style présidentiel de De Gaulle et François Mitterrand. Photos à Disneyland, Noël en Egypte, week-end à Petra, Rolex et Ray-Ban perturbent jusque dans l'électorat le plus conservateur du président de la République, devenu "le président Bling Bling".

L'épisode du salon de l'Agriculture de février 2008, au cours duquel Nicolas Sarkozy gratifie un badaud d'un très peu présidentiel "Casse-toi pov' con", n'améliore pas l'image de l'hôte de l'Elysée.

L'image du chef de l'Etat ne s'en remettra pas, malgré la batterie de sondages commandée alors par l'Elysée.

Politiquement, les choses se gâtent. La visite d'Etat de Mouhamar Kadhafi en décembre, dont la tente se dresse fièrement dans les jardins de l'hôtel Marigny, est perçue comme une humiliation. La première sanction dans les urnes ne tarde pas: les élections municipales de mars 2008 sont un échec pour la droite qui ne conserve son bastion marseillais que d'extrême-justesse.

L'année 2008
 Popularité de Sarkozy
 Popularité de Fillon
 Chômage (BIT)


PRÉSIDENT DE LA CRISE : JANVIER-DÉCEMBRE 2008

Sur le plan intérieur comme international, le président de la République ne chôme pas. Fin 2007, les chantiers de réforme s'enchaînent, dont l'emblématique Grenelle de l'Environnement, qui pose les premiers jalons d'une réforme écologique très ambitieuse. Surtout, la France prend la présidence tournante de l'Union européenne. Critiqué sur le front domestique, l'activisme et l'omniprésence de Nicolas Sarkozy en Europe donne en revanche quelques résultats. Relance de la construction européenne avec le compromis (critiqué) du Traité de Lisbonne, lancement de l'Union pour la Méditerranée, intervention remarquée dans la crise russo-géorgienne... Le volontarisme du chef de l'Etat sur la scène européenne sera récompensé par un score honorable aux européennes de juin 2009, où l'UMP arrive en tête.

L'irruption de la crise financière à l'automne 2008, avec la faillite de la banque Lehman Brothers lui donne une nouvelle fois l'occasion de s'illustrer. Abandonnant la doxa libérale sur laquelle il s'est fait élire, Nicolas Sarkozy pourfend le capitalisme financier, prône une régulation mondiale au G20 en associant les puissances émergentes, garantie le sauvetage des banques et l'épargne des Français. Fin 2008, après la présentation d'un vaste plan de relance de 28 milliards d'euros, sa cote atteint 44% de satisfaits. Un rebond qui semble durable au moment où le PS s'enlise dans un congrès de Reims fratricide.

L'année 2009
 Popularité de Sarkozy
 Popularité de Fillon
 Chômage (BIT)


LA PRÉSIDENCE DES SCANDALES: AOÛT 2009- JUILLET 2010

S'adaptant à la crise, le style de Nicolas Sarkozy se représidentialise: fini les vacances à l'étranger, direction Brégançon. Mais une série de polémiques entache les efforts du chef de l'Etat pour regagner la confiance des Français. Eté 2009, une petite phrase à connotation raciste de Brice Hortefeux ciblant un militant UMP provoque un scandale. Une vague de controverses, alimentées parfois par une opposition socialiste en pleine reconstruction, secoue alors le quinquennat. Parmi elles, l'affaire de l'Epad, dans laquelle Nicolas Sarkozy tente d'imposer son fils, Jean Sarkozy, à la tête de La Défense, fait fuser les accusations de népotisme et choque jusqu'à Neuilly-sur-Seine. La cote du président rechute à 36% d'opinions positives au mois de novembre.


Le débat sur l'identité nationale qui s'ouvre dans la foulée, voulu par Nicolas Sarkozy et piloté par le ministre Eric Besson, vire à la foire d'empoigne, sur fond de dérapages racistes et islamophobes. L'affaire Woerth-Bettencourt qui se profile, sur fond de réforme des retraites, ajoute les soupçons de scandale politico-financier qui achèvent de déstabiliser l'exécutif.

Pour ne rien arranger, la situation économique se dégrade et le chômage repart en flèche. Conséquence, les Français infligent un camouflet à la majorité présidentielle lors des régionales de mars 2010. Déjà toute puissante, la gauche réalise un quasi-carton plein et retrouve des couleurs. En mars 2010, l'impopularité de Nicolas Sarkozy atteint un palier historique avec 65% d'insatisfaits.

L'année 2010
 Popularité de Sarkozy
 Popularité de Fillon
 Chômage (BIT)


LA PRÉSIDENCE À DROITE TOUTE: AOÛT 2010-AVRIL 2011

En quête d'un rebond, Nicolas Sarkozy opte pour un sévère virage à droite durant l'été 2010. A l'occasion de son discours de Grenoble, après deux incidents violents impliquant des gens du voyage et des délinquants, le chef de l'Etat prône une ligne ultra-sécuritaire, liant immigration et délinquance et ciblant ouvertement les Roms.

Parallèlement, alors que se profile la crise de la dette, le gouvernement tente d'imposer au forceps au réforme du régime général des retraites, repoussant la date de départ à 62 ans. Le bras de fer avec les syndicats s'impose comme le plus grand conflit social du quinquennat. Et s'il ne cessera de défendre cette réforme, Nicolas Sarkozy en paie le prix dans les sondages. Nouvel effondrement de la cote du chef de l'Etat: en octobre 2010, seuls 29% des Français se disent satisfaits de sa présidence, soit moins que son socle électoral au premier tour de l'élection de 2007. Le taux de mécontents franchit la barre des 70%.

Cette impopularité se prolonge et s'aggrave jusqu'au lendemain des cantonales de mars 2011. Si la majorité parvient à contenir la poussée de la gauche, l'irruption d'un Front national revigoré par la présidence de Marine Le Pen fait de l'ombre au chef de l'Etat, dont certains sondages prédisent une hypothétique élimination dès le premier tour de l'élection présidentielle de 2012.

L'année 2011
 Popularité de Sarkozy
 Popularité de Fillon
 Chômage (BIT)
LA PRÉSIDENCE AUSTÈRE: ÉTÉ 2011-FÉVRIER 2012

Dans la dernière ligne droite de son quinquennat, Nicolas Sarkozy avait prévu de freiner le rythme des réformes afin de faire la pédagogie de sa politique et soigner une image qui peine à s'améliorer. La crise de la dette va l'en empêcher. Se présentant comme "un capitaine courage" dans la tempête économique et financière qui continue de secouer l'Europe, Nicolas Sarkozy tire les leçons de son début de quinquennat raté, et confie la barre à François Fillon, dont la cote de popularité a mieux résisté à la crise.

Alors que le gouvernement durcit le ton à l'égard des immigrés, quitte à alimenter les soupçons de flirt avec l'extrême-droite, François Fillon annonce en l'espace de trois mois deux plans d'austérité visant à réduire drastiquement les déficits de l'Etat. Cherchant à moins s'exposer, Nicolas Sarkozy emprunte un style quasi-monacal. la grossesse de Carla Bruni est passée sous silence et le président de la République multiplie les initiatives et déplacements à l'international afin de mieux se démarquer d'une opposition socialiste en pleine organisation de ses primaires citoyennes.

Si la cote de popularité du chef de l'Etat se stabilise, elle se maintient néanmoins à un niveau très bas: 34% de satisfaits. En cause: la promesse de voir le chômage baisser d'ici à la campagne présidentielle est d'ores et déjà enterrée. Et la crise des déficits empêche toute perspective de relance.

Une situation à laquelle l'entrée en campagne du candidat-président, en février 2012, ne changera rien ou presque. Malgré un faible rebond de sa cote de popularité, Nicolas Sarkozy restera dans l'histoire comme l'un des présidents les plus impopulaires de la Ve République.

*Baromètre mensuel Ifop de popularité de l'exécutif pour Le Journal du Dimanche


» Revivez le quinquennat qui s'achève en images

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  • Mai 2007: une élection sans tache... ou presque

    Elu confortablement avec plus de 53% des suffrages face à Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy peut savourer son triomphe sur la scène de la Concorde où se pressent ses partisans. A posteriori, les ennuis ont déjà commencé pour le président. Sa femme, Cécilia, est prête à le quitter et la soirée de la victoire organisée au Fouquet's en présence de magnats du CAC40 restera comme un symbole du "président des riches".

  • Mai 2007: le yacht de Bolloré

    Parti se ressourcer en Méditerranée, le président de la République opte pour une croisière au large de Malte. Problème, le luxueux yacht qui l'accueille lui et sa famille a été gracieusement mis à disposition par l'industriel Vincent Bolloré. Nouveau tollé qui servira d'antienne à ses adversaires cinq ans plus tard.

  • Juin 2007: un gouvernement remanié

    Au lendemain d'élections législatives moins belles que prévues, Nicolas Sarkozy et François Fillon nomment un gouvernement de combat. Battu à Bordeaux, Alain Juppé quitte l'exécutif et cède son grand ministère de l'Environnement à Jean-Louis Borloo.

  • Juin 2007: l'heure de l'ouverture

    Nouveauté, Nicolas Sarkozy ouvre son gouvernement à des personnalités issues de la gauche et du centre-gauche. Martin Hirsch (Solidarités actives), Bernard Kouchner (Affaires étrangères), Jean-Marie Bockel (Coopération) et Fadela Amara (Ville) font leur entrée sous le regard envieux des sarkozystes historiques.

  • Juin 2007: le Traité de Lisbonne

    Destiné à dépasser l'échec de la Constitution européenne, le futur Traité de Lisbonne est soutenu activement par le président Nicolas Sarkozy, qui veut refermer la page des divisions européennes, tant à l'échelle du continent que sur la scène intérieure. Le traité sera ratifié par voie parlementaire plutôt que par référendum.

  • Eté 2007: le paquet fiscal entre en scène

    Voté au pas de charge pendant l'été 2007 sous la houlette de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, le paquet fiscal, surnom de la loi TEPA (travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat), devait provoquer "un choc de croissance" par une baisse brutale des prélèvements. Allègement des droits de succession, défiscalisation des heures supplémentaires, bouclier fiscal à 50%... Très critiquée par l'opposition, on oublie souvent que cette même loi donna naissance au RSA.

  • 23 juillet 2007: la libération des infirmières bulgares

    Dans un avion en provenance de Tripoli, la première dame, Cécilia Sarkozy secondée du secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, ramène avec elle les infirmières bulgares, emprisonnées pendant 8 ans par le régime de Kadhafi. Copieusement médiatisée, cette libération est un retentissant succès diplomatique, au prix d'une normalisation des relations avec la Libye.

  • 26 juillet 2007: le discours de Dakar

    "L'homme africain n'est pas encore entré dans l'Histoire." En prononçant ces mots lors de son premier déplacement au Sénégal, Nicolas Sarkozy froisse une partie du continent africain et s'attire les foudres de l'opposition, qui dénonce un discours néo-colonialiste. La responsabilité de sa plume, Henri Guaino, est alors pointée du doigt.

  • Août 2007: en vacances avec George W. Bush

    Eté 2007, "Sarko l'Américain" choisit les Etats-Unis pour ses vacances en famille. Une manière de retisser les liens abîmés par la crise irakienne. La rencontre avec un George W. Bush en bout de course se déroule sans accroc, hormis l'absence remarquée de Cécilia Sarkozy.

  • Septembre 2007: tests ADN pour les immigrés

    L'affaire provoque un scandale, un des tous premiers du quinquennat. Un amendement au projet de loi sur l'immigration de Brice Hortefeux propose aux candidats au regroupement familial d'avoir recours aux tests ADN pour prouver un lien de filiation. La gauche mais aussi une partie de la droite évoquent "un problème d'éthique". Conservée, la disposition sera revue et corrigée de manière à devenir inapplicable.

  • Octobre 2007: l'Environnement fait son Grenelle

    Lancé dans la foulée de l'élection de Nicolas Sarkozy, le Grenelle de l'Environnement constitue un tournant autant qu'une prise de conscience de la prise en compte des enjeux écologiques en France. Agriculture biologique, isolement des logements, développement des transports en commun... La vaste consultation associant collectivités, ONG et entreprises aboutit à des objectifs ambitieux. Davantage que les résultats, c'est la méthode qui fera école.

  • Octobre 2007: le divorce

    Mettant fin aux rumeurs de disputes, Nicolas et Cécilia Sarkozy annoncent leur divorce par communiqué le 18 octobre 2007. L'ex-Première dame quitte la France pour les Etats-Unis. Pour la première fois sous la Ve République, l'hôte de l'Elysée est célibataire.

  • Novembre 2007: la réforme des universités dérange

    Votée pendant l'été, la réforme instaurant l'autonomie des universités crée des remous dans les milieux étudiants. La ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, est prise pour cible mais elle tient bon. Aujourd'hui en application, la réforme fait désormais consensus dans la classe politique et une grande partie du monde universitaire.

  • Novembre 2007: réforme des régimes spéciaux

    Fidèle à sa promesse de campagne, Nicolas Sarkozy annonce une réforme des régimes spéciaux de retraite. Objectif: les "harmoniser avec le régime de la fonction publique". S'ensuit un long conflit social dans lequel le gouvernement affiche son inflexibilité. Votée, la réforme sera ensuite appliquée puis éclipsée par un second conflit social sur la fin de la retraite à 60 ans en fin de mandat.

  • Décembre 2007: Kadhafi plante sa tente à Paris

    Le dirigeant libyen savoure son retour en grâce international. Reçu en grandes pompes à Paris pour une visite d'Etat qui fera couler beaucoup d'encre, Kadhafi plante sa tente dans les jardins de l'hôtel Marigny. La publicité liée à cette visite embarrasse la diplomatie française, d'autant que les critiques de la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, Rama Yade, remuent le couteau dans la plaie.

  • Décembre 2007: le nouveau couple présidentiel s'exhibe

    Fraîchement divorcé, Nicolas Sarkozy s'affiche au bras de la mannequin et chanteuse Carla Bruni. Leur liaison éclate au grand jour à l'occasion d'un voyage privé en Egypte. Si la presse people se régale, le style Jeans et Ray-ban alimente le procès en "bling-bling" du président de la République.

  • Janvier 2008: la fin de la pub sur France Télévision

    L'idée, présentée alors comme "une révolution", est annoncée lors d'une grande conférence de presse élyséenne. A la stupeur générale (même la ministre de la Culture n'est pas au courant), Nicolas Sarkozy fait part de son intention de supprimer la publicité dans l'audiovisuel public. Jadis évoquée par la gauche, l'idée fait néanmoins bondir dans les coulisses des chaînes publiques, où l'on ignore encore comment ce manque à gagner sera compensé. Au final, la publicité ne sera retirée des ondes qu'après 20h.

  • Janvier 2008: l'affaire Kerviel

    Séisme à la Société Générale. Son PDG, Daniel Bouton, annonce une fraude de 4,82 milliards1, due à un "trader fou", Jérôme Kerviel, qui avait engagé la banque sur des positions proches de 50 milliards d'euros. La banque échappe de justesse à la faillite. Fou de rage de n'avoir pas été prévenu, Nicolas Sarkozy obtiendra la tête de Daniel Bouton et multipliera les critiques contre "la finance folle", ciblant banquiers et traders.

  • Février 2008: un remariage très discret

    Pression protocolaire ou coup de foudre? Moins de trois mois après l'officialisation de leur liaison, Nicolas Sarkozy et Carla Bruni se marient dans le VIIIe arrondissement de Paris. La leçon du week-end hypermédiatisé à Petra (Jordanie) au mois de janvier a été retenue: pas de photos ni de caméras. D'autant que le cote de popularité du président s'effrite dangereusement depuis trois mois.

  • Février 2008: le symbole des Gandrange

    Début 2008, une usine d'ArcelorMittal de Moselle est menacée de fermeture. Nicolas Sarkozy fait le déplacement et promet de sauver les emplois. 2009, malgré les efforts du gouvernement, l'usine de Gandrange ferme, devenant un symbole des promesses non tenues du chef de l'Etat.

  • Février 2008: les enfants de la Shoah

    Lors du dîner annuel du CRIF, Nicolas Sarkozy souhaite que chaque enfant de CM2 porte la mémoire "d'un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah". Si l'initiative part d'un bon sentiment, une polémique s'ensuit sur les conséquences psychiques de cet exercice mémoriel sur les enfants. "Inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste", <a href="http://www.lexpress.fr/actualite/societe/shoah-en-cm2-simone-veil-fustige-l-idee-de-sarkozy_470240.html" target="_hplink">critique Simone Veil</a>. Débattue, l'idée sera finalement abandonnée.

  • 23 février 2008: l'insulte du Salon de l'Agriculture

    Visite du Salon de l'Agriculture. Nicolas Sarkozy, dont la cote ne cesse de décliner, essuie quelques huées. Un visiteur agacé refuse de lui serrer la main et l'éconduit grossièrement. Le chef de l'Etat lui répond sur le même ton: "bin alors casse-toi pov' con". La vidéo tournée par Le Parisien marquera le quinquennat.

  • Mars 2008: échec cuisant aux municipales

    Symbole de la déroute de l'UMP, la greffe de David Martinon, ancien porte-parole de l'Elysée parachuté à Neuilly-sur-Seine, ne prend pas. Le rôle du fils du président, Jean Sarkozy, est déjà pointé du doigt. C'est un candidat de centre-droit, Jean-Christophe Fromantin, qui l'emportera. Ce dernier n'a toujours pas pris sa carte à l'UMP.

  • Avril 2008: le fiasco de la flamme olympique

    Le passage de la flamme olympique à Paris, partie de Grèce pour la Chine, vire à l'incident diplomatique. Des manifestants pro-tibétains, dont certains élus, tentent de perturber l'événement. La championne paralympique Jin Jing s'est dite agressée dans sa course. L'incident entamera durablement les relations franco-chinoises.

  • Juillet 2008: Ingrid Betancourt libre

    Libérée par l'armée colombienne après des années de captivité dans la jungle, Ingrid Betancourt est accueillie en héroïne par le chef de l'Etat. C'est la fin d'une mobilisation du pays tout entier. L'ex-otage, qui a traversé une crise mystique, soutiendra Nicolas Sarkozy pour sa réélection.

  • Juillet 2008: Jack Lang fait basculer la réforme constitutionnelle

    Révision d'ampleur qui accorde davantage de droits au Parlement, crée les questions prioritaires de constitutionnalité et amorce le référendum d'initiative populaire, la réforme constitutionnelle fait l'objet d'une véritable guerre de tranchées politiques. Elle ne sera adoptée au congrès que grâce au concours de la voix du socialiste Jack Lang.

  • Juillet 2008: l'Union pour la Méditerranée

    Après avoir pris la présidence tournante de l'UE au début du mois, Nicolas Sarkozy concrétise son grand projet d'Union pour la Méditerranée. "Bâtir un avenir de paix et de démocratie", voilà le slogan qui réunit alors 40 pays, dont la Syrie de Bachar al-Assad. L'initiative, très remarquée alors, passera au second plan avec les révolutions arabes qui recomposeront la carte du pourtour méditerranéen à partir de 2011.

  • Août 2008: la crise géorgienne

    Un conflit éclate entre la Russie et la Géorgie autour de la province sécessionniste d'Ossétie du Sud. En tant que président de l'UE, Nicolas Sarkozy intervient et tente d'imposer un cessez-le-feu. Si l'accord prévoit le retrait des troupes russes, il ne ferme pas la porte à un démembrement d'une partie de la Géorgie. Le rôle joué par Nicolas Sarkozy est toutefois salué.

  • Septembre 2008: Toulon et la crise

    Alors que la crise financière fait rage, Nicolas Sarkozy livre un discours de combat destiné à rassurer les Français depuis Toulon. Détaillant la gravité de la tempête provoquée par l'effondrement de la banque américaine Lehmann Brothers, dénonçant les « dérives » de la finance, le chef de l'Etat assure que l'épargne sera garantie pour éviter la panique aux guichets.

  • 29 janvier 2009: la grogne sociale

    En pleine hémorragie de chômage et de stagnation des salaires depuis un an, un vaste mouvement syndical se met en branle, réunissant plus d'un million de personnes en France. En cause: la crise financière dont les premiers effets se font sentir sur l'économie. Le chômage repart à la hausse.

  • Février 2009: crise de la vie chère en Guadeloupe

    Une crise sociale éclate en Guadeloupe avant de se répandre dans les collectivités d'outre-mer. Motif de la grogne: la vie chère qui pèse sur le pouvoir d'achat de ces régions minées par le chômage. En tête des cortèges en Guadeloupe, le LKP, mouvement indépendantiste qui défie le gouvernement.

  • Février 2009: l'affaire Pérol

    Nicolas Sarkozy impose la nomination d'un proche, François Pérol, à la tête du groupe né de la fusion entre Banque Populaire et la Caisse d'Epargne. Mais ce choix pose des problèmes de déontologie que le chef de l'Etat a volontairement ou pas négligé. Nouvelle polémique.

  • Avril 2009: le feuilleton Hadopi

    Déterminé à faire reculer le téléchargement illégal, le gouvernement tente d'instaurer une Haute autorité qui disposerait du pouvoir de surveiller et sanctionner le partage illégal de fichiers sur Internet. Quelle sanction? Celle de suspendre l'abonnement Internet du pirate après trois avertissements. Rejeté, renégocié, jugé inconstitutionnel, le projet de loi Hadopi, que ses détracteurs estiment liberticide, vire au mauvais feuilleton.

  • Mai 2009: la grippe A enfièvre la France

    L'épidémie de grippe A qui se déclare déclenche un début de panique. La France lance alors une vaste campagne de vaccination qui se heurte à la résistance d'une partie de la population, sceptique quant au caractère inoffensif du vaccin. La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, se fait alors inoculer le vaccin devant les caméras pour montrer l'exemple.

  • Juin 2009: Europe-Ecologie enflamme les européennes

    Répit pour le gouvernement dont la liste se classe en tête des élections européennes, conséquence de la présidence de l'UE couronnée de succès de Nicolas Sarkozy. Le PS s'effondre et c'est un nouveau mouvement, Europe-Ecologie, piloté par Daniel Cohn-Bendit et associé aux Verts, qui crée la surprise.

  • Juin 2009: un Congrès et un grand emprunt

    Devant le Congrès réuni comme la révision constitutionnelle le lui permet, Nicolas Sarkozy annonce sa stratégie de relance et préconise un grand emprunt national pour investir dans la croissance de demain. La commission Juppé-Rocard sera chargée d'en fixer les modalités. Recherche, PME innovantes... Cinq secteurs stratégiques seront retenus pour se partager le pactole de 35 milliards d'euros.

  • Juillet 2009: la baisse de la TVA dans la restauration

    Promesse de Jacques Chirac, la baisse de la TVA dans la restauration est actée par Nicolas Sarkozy. Son secrétaire d'Etat en charge de la consommation, Hervé Novelli, négocie des contreparties en matière de salaires et d'emploi et promet une baisse des prix. Son bilan est mitigé et son coût important pour le budget de l'Etat, même si la baisse de la TVA permet à la profession de faire face à la crise.

  • Septembre 2009: début du procès Clearstream

    "Je suis ici par la volonté d'un homme: Nicolas Sarkozy". Alors que s'ouvre le procès des listings falsifiés de Clearstream, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy s'affrontent à distance. Blanchi en première instance puis en appel, l'ancien premier ministre n'a jamais renoué avec son rival.

  • Octobre 2009: le scandale de l'Epad

    Elu conseiller général des Hauts-de-Seine, Jean Sarkozy, fils du chef de l'Etat, provoque une vaste polémique en briguant la présidence de l'Epad, établissement en charge de la gestion de La Défense. Les accusations en népotisme volent contre le président et son fils, qui n'a pas encore son diplôme de droit et choque jusqu'à Neuilly, fief du clan Sarkozy. Jean Sarkozy finira par renoncer sur le plateau de TF1, mais l'affaire marquera durablement les esprits.

  • Décembre 2009: débuts du débat sur l'identité nationale

    Thème de campagne de 2007, l'identité nationale fait l'objet d'un débat fin 2008 et début 2009 piloté par le ministre de l'Immigration Eric Besson. Destiné à raviver la "fierté d'être Français", le débat se prête néanmoins rapidement aux dérapages xénophobes et islamophobes alors qu'un autre débat sur les minarets secoue la Suisse. Les soupçons d'instrumentalisation politique, alors que le FN reprend du poil de la bête, achèveront de décrédibiliser l'entreprise.

  • Janvier 2010: affaire Proglio

    La double rémunération du nouveau patron d'EDF, l'ancien PDG de Veolia et proche de Nicolas Sarkozy, enflamme une nouvelle fois les débats. L'affaire tombe mal alors que l'action du gouvernement est empêtrée dans les polémiques et que la crise sévit de plus en plus durement.

  • Février 2010: le Quick halal ne passe pas

    L'expérimentation menée par l'enseigne de fast-food visant à ne proposer que des sandwichs halal et sans porc tourne à la polémique. Lancé par le FN et relayé par l'UMP, la bataille du Quick halal révèle les fractures communautaires du pays. Au bénéfice d'un Front national dont les critiques se focalisent de plus en plus sur la religion musulmane.

  • Février 2010: la tempête Xynthia

    Dans la nuit du 27 février, une tempête violente frappe les côtes atlantiques de la France. Les digues cèdent, des villages sont inondés, faisant une cinquantaine de morts et entraînant un désastre économique. Décision est prise de raser les maisons construites en dessous du niveau de la mer, ce qui provoque un tollé dans les départements les plus touchés, la Charente-Maritime et la Vendée.

  • Février 2010: le chantier explosif des retraites

    Alors que les déficits se creusent, Nicolas Sarkozy décide d'ouvrir des négociations en vue de réformer le régime général des retraites. Une consultation s'ouvre avec les syndicats. Mais la piste de revenir sur le départ à 60 ans va mettre le feu aux poudres sociales, précipitant ce qui deviendra le conflit le plus dur du quinquennat.

  • Mars 2010: la fin de la taxe carbone

    Impopulaire et contestée, la taxe carbone est reportée sine die, malgré les efforts de la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno. Promesse du Grenelle de l'Environnement, l'abandon de la contribution climat marque le début de la fin du positionnement écolo du gouvernement.

  • Mars 2010: la débâcle des régionales

    Malgré les espoirs de la majorité, les listes UMP-NC ne parviennent pas à reprendre la moindre région aux socialistes qui réalisent un carton plein. Seule l'Alsace reste aux mains de la droite. Symbole de la déroute, Valérie Pécresse est défaite en Ile-de-France face au socialiste Jean-Paul Huchon.

  • Mai 2010: Eyjafjoll affole l'Europe

    Un gigantesque nuage de cendre craché par un volcan islandais paralyse le trafic aérien européen. Situation inédite à laquelle le gouvernement ne peut pas grand chose. Mais les milliers de passagers bloqués loin de chez eux pendant plusieurs jours sont fous de rage.

  • Juin 2010: le rebond de l'Affaire Karachi

    Le site Mediapart, dirigé par Edwy Plenel, relance l'affaire Karachi et fait état de soupçons de financement illégal de la campagne de 1995 de Edouard Balladur. Nicolas Sarkozy, qui était alors ministre du Budget, est visé par l'enquête.

  • Juin 2010: l'humiliation de la Coupe du Monde

    La déroute des Bleus en Afrique du Sud, symbolisée par la grève inédite des joueurs enfermé dans leur bus, tourne à l'affaire d'Etat. Nicolas Sarkozy convoquera des "Etats généraux" du football. La France quitte la Coupe du Monde par la petite porte.

  • Eté 2010: l'affaire Woerth-Bettencourt

    Alors que la famille Bettencourt, actionnaire principal de L'Oréal, se déchire, des enregistrements révèlent l'existence de possibles remises d'argent liquide au trésorier de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy. Les révélations s'enchaînent contre Eric Woerth, ex-ministre du Budget et actuel ministre du Travail chargé de piloter la réforme des retraites. L'affaire, qui fait toujours l'objet d'enquêtes, restera comme le principal scandale politico-financier du quinquennat.

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