Jean-Louis Roy: «Ma rencontre avec un continent» ou comment le Canada abandonne l'Afrique - livre (VIDÉO)

Le Huffington Post Québec  |  Par Publication: 10/05/2012 14:01 Mis à jour: 10/05/2012 14:01

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Jean-Louis Roy: «Le Canada abandonne l’Afrique».

Le Canada va payer cher et longtemps son désengagement politique et diplomatique en Afrique. Pire encore: l’abandon du gouvernement fédéral aura des impacts majeurs sur les liens et intérêts du Québec envers ce continent, qui représente désormais le plus gros bassin de francophone. Une critique sévère qu’on retrouve dans le dernier ouvrage de Jean-Louis Roy intitulé «Ma rencontre avec un continent».

«Les Africains qui étaient autrefois des alliés indéfectibles du Canada, ne le sont plus, comme a pu le constater lors de la défaite de la candidature du Canada pour un siège au Conseil de sécurité à l’Organisation des Nations Unies», rappelle-t-il.

Jean-Louis Roy connaît bien le continent africain. Ancien secrétaire général de l’Agence de la Francophonie - devenue l’Organisation internationale de la Francophonie -, il a eu la chance de sillonner le continent et de fraterniser avec différents acteurs politiques.

Une expérience qui lui fait dire que l’Afrique est sans doute le continent à surveiller dans les prochaines années en terme économique, notamment.

«Plusieurs puissances émergentes sont en train de multiplier les initiatives en Afrique. On n’a qu’à penser à l’Inde, la Chine, le Brésil, mais aussi la Turquie qui, par exemple, vient d’ouvrir 53 ambassades ces dernières années», dit-il.

L’abandon de l’Afrique

Une observation qui est loin d’être comparable aux actions du gouvernement du Canada qui, lui, ferme ses ambassades et réduit le financement octroyé pour l’aide envoyée en Afrique, remarque Jean-Louis Roy. «On coupe dans l’aide et on ferme les ambassades pour transférer le budget dans le secteur minier», dénonce-t-il.

Pour Jean-Louis Roy, la décision du Canada vient compromettre des liens qui existent depuis plus de cinquante ans. Une rupture historique et politique. Et, aussi, une réalité qui fait dire à l’auteur que le gouvernement canadien est en train de volontairement manquer de bateau.

«Depuis 1965 que le Canada s’implique pour établir une très bonne relation. Des liens qui existent depuis plus de 50 ans et qui sont en train d’être massacrés», pense-t-il, laissant entendre qu’il sera difficile de revenir en arrière par la suite.

L’Afrique: bassin de la francophonie

Selon les pronostics, il devrait y avoir, en 2025, plus de 150 millions de personnes de langue française en Afrique. Ce qui fera du continent le bassin de la francophonie. Une réalité importante pour la survie du français, mais aussi pour les intérêts du Québec, dit l’auteur.

«Il y a trois raisons pour le Québec. La première est que l’avenir du Français comme langue internationale passe par l’Afrique. La deuxième est que, pour le Québec, l’Afrique est un bassin d’immigrants francophones. Et, l’autre aspect est pour les entreprises qui vont trouver de formidables débouchés», estime-t-il.

Après avoir présenté son livre à Montréal, Jean-Louis Roy a présenté son dernier ouvrage «Ma rencontre avec un continent», publié aux Éditions feu de brousse à Montréal, à Dakar au Sénégal, le 25 avril dernier. Jusqu’à maintenant, il a écrit plus d’une vingtaine de livres.

M. Roy préside actuellement Partenariat International, en plus de diriger l'Observateur mondial des droits de l'homme du Centre de recherche en droit public de l'Université de Montréal, et d’animer le Réseau international de recherche et d'intervention sur la diversité culturelle du monde.


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