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Coups de tête: les éditions célèbrent leur cinquième anniversaire au Lion d'Or (PHOTOS)

10/05/2012 08:41 EDT | Actualisé 10/07/2012 05:12 EDT
Rachel Nadon

Les Éditions Coups de tête ont célébré, mercredi, leur cinquième anniversaire au Lion d'Or, lors d'un événement qui soulignait à la fois le travail de l'éditeur Michel Vézina et le lancement du dernier tome de la série Élise, intitulé «Les derniers vivants».

À l'entrée de la salle aux murs lambrissés, une large table présente quelques-uns des 54 livres que Coups de tête a publiés depuis sa fondation en 2007. Le cycle de romans d'anticipation Élise, un projet intimement lié aux débuts de la maison d'édition, occupe l'essentiel de l'espace avec ses huit tomes aux couvertures colorées. «Paradis clef en main» de Nelly Arcan côtoie également «Contre Dieu» de Patrick Senécal; «J'haïs les bébés» de François Barcelo trône non loin de «Sexe chronique» de Genevieve Drolet.

Une littérature sans prétention, qui interroge le monde dans ce qu'il possède parfois de plus comique, de plus absurde, de plus sombre aussi. Des textes loin d'une littérature du divertissement et du confort. C'est là une certaine vision de la littérature... que Michel Vézina défend et qui a guidé la fondation de Coups de tête. «J'avais envie de voir des livres québécois et étrangers qui me parlent du monde dans lequel on vit. Des histoires qui nous ramènent à certains aspects de notre société qui sont peut-être à requestionner. Je suis un grand défenseur du roman!»

Éditeur, et auteur, il affirme que la poésie est un territoire qu'il laisse à d'autres. Coups de tête a d'abord un penchant pour les romans, surtout s'ils ont du style et du panache. Et c'est surtout une «bande», comme la nomme l'éditeur, une famille élargie d'auteurs qui font l'identité de la maison d'édition. Celle-ci était bien présente mercredi soir pour écouter des lectures et les performances musicales de Sunny Duval, Jacques Bertrand Junior et Urbain Desbois.

Le premier livre à avoir été publié chez Coups de tête est «Élise», un roman de Michel Vézina ancré dans un Québec dévasté où toutes structures sociales ont disparu. Cinq ans et sept livres plus tard, «Les derniers vivants» rassemblent les cinq auteurs qui ont participé au projet romanesque, pour une finale à dix mains qui est aussi un concert de voix narratives.

Maxime Catellier a eu la tâche de diriger la rédaction du roman et le défi de trouver une unité à cette multiplicité de plumes. Il a réfléchi à un récit-cadre, un fil narratif qui allait permettre de lier toutes les destinées des personnages. «Élise et Ender sont dans les Cantons-de-l'Est et ils tapent à la machine les confessions [des différents personnages] pour ne pas que ça se perde. Le monde n'est plus dans le langage et la littérature, il est parti à la dérive, les êtres humains sont des animaux qui s'entretuent au fond des bois.» Leur histoire alterne ainsi avec celles de Kassad, Cousture, Jappy, entre autres.

Ancré dans l’imaginaire post apocalyptique, «Les derniers vivants» entremêle le politique à la fiction, évoquant par exemple, au sein même de son histoire, la marchandisation de l'éducation et le renouveau politique en Islande. Si Maxime Catellier souligne que le mouvement étudiant et l'actualité politique ont teinté sa rédaction, l'auteur Laurent Chabin indique qu'il revisite plutôt avec ce livre ses mêmes obsessions. Avec 80 livres à son actif, dont trois dans la série Élise, il affirme que plusieurs des «prédictions» que contient la série ont trouvé un écho dans la réalité. «Quand j'ai écrit Luna Park il y a six ou sept ans, je ne pensais pas que le Plan Nord allait arriver aussi vite. Pourtant, c'est de ça que ça parle. On est pas si mauvais que ça!»

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