Cinéma: les films à l'affiche, semaine du 11 mai 2012 (PHOTOS)

Publication: 10/05/2012 13:06 Mis à jour: 10/05/2012 13:07

Place au cinéma! Mon père est une femme de ménage, Ombres et ténèbres, Pater, Ces crimes sans honneur... Voici les résumés et critiques des nouveaux films dans les salles du Québec cette semaine.

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  • PATER (4)

    <strong>France. 2011. 105 min.</strong> Comédie dramatique de Alain Cavalier avec Vincent Lindon, Alain Cavalier, Bernard Bureau, Jonathan Duong, Hubert-Ange Fumey, Jean-Pierre Lindon. Le cinéaste Alain Cavalier demande à Vincent Lindon de se prêter avec lui à un jeu de rôles. Lui campera devant la caméra le président de la République française, et l'acteur, son nouveau premier ministre. L'alliance entre les deux hommes politiques se forge autour d'un projet de loi d'envergure visant à améliorer la justice sociale par la normalisation des salaires et l'établissement d'un revenu-plafond. Mais très vite, le président clientéliste prend ses distances avec ce projet, poussant son futur premier ministre à songer à la démission. Les échanges entre les deux personnages sont ponctués par les discussions de Cavalier et Lindon avec les membres de l'équipe devant et derrière la caméra, qui révèlent les pensées et motivations de chacun. Au-delà de son audace formelle, cet exercice ludique sur le vrai et le faux par le réalisateur de THÉRÈSE atteint vite ses limites. Sur le thème du pouvoir et de la transmission, le scénario enchaîne habilement soliloques et culbutes, mais l'ensemble s'adresse aux "happy-fews", en dépit de la présence de l'excellent Vincent Lindon.

  • BIENVENUE AU MARIGOLD HOTEL (The Best Exotic Marigold Hotel) (4)

    <strong>Grande-Bretagne. 2012. 124 min.</strong> Comédie dramatique de John Madden avec Judi Dench, Tom Wilkinson, Maggie Smith, Bill Nighy, Penelope Wilton, Dev Patel, Celia Imrie, Ronald Pickup, Lillete Dubey. Sept retraités quittent la Grande-Bretagne à destination d'une petite ville d'Inde, tentés par l'appel du Marigold Hotel, un palace enchanteur. Mais à l'arrivée, celui-ci se révèle vétuste et dépourvu du luxe annoncé. Géré par Sonny, un beau parleur qui tente d'impressionner sa mère déçue de lui, l'endroit a connu des jours meilleurs. Mais le loyer des sept nouveaux pensionnaires pourrait, pense-t-il, lui donner l'élan nécessaire pour se refaire une santé. Préoccupés par des choses plus pressantes, Evelyn, une veuve qui n'a jamais voyagé, et Graham, un politicien célibataire à la retraite, font contre mauvaise fortune bon coeur. Pour leur part, ruinés par leur fille, Jean et Douglas se déchirent, la première faisant payer au second de l'avoir emmenée dans ce pays pour lequel elle n'éprouve aucune curiosité. Venus chercher un bon parti, Norman et Madge se mêlent rapidement à la faune locale tandis que Muriel, vieille femme aigrie et raciste en convalescence après une chirurgie de la hanche, épie les allées et venues de chacun et s'adoucit au fil des jours. Une distribution anglaise de première force (Judi Dench, Maggie Smith, quand même) apporte un certain charme suranné à cette production élégante mais plutôt décevante signée John Madden (SHAKESPEARE IN LOVE). En faute: un scénario aux personnages sous-développés dont l'intrigue en dents de scie culmine sur un dénouement expédié en trois coups de cuillère à pot.

  • CES CRIMES SANS HONNEUR

    <strong>Canada. 2012. 69 min.</strong> Documentaire de Raymonde Provencher. À travers des témoignages recueillis en Suède, en Allemagne et au Canada, enquête sur le phénomène des "crimes d'honneur" ayant pour cible des femmes issues de l'immigration mais restées prisonnières des traditions et dogmes de leurs communautés d'origine.

  • CHINA HEAVYWEIGHT

    <strong>Canada. 2012. 93 min.</strong> Documentaire de Yung Chang. Portraits de garçons et filles issus de familles pauvres, recrutés dans les campagnes chinoises pour leurs talents de boxeur et entraînés à l'occidentale en prévision des Jeux Olympiques de Londres.

  • EDWIN BOYD: CITIZEN GANGSTER (5)

    <strong> Canada. 2011. 105 min.</strong> Drame biographique de Nathan Morlando avec Scott Speedman, Kelly Reilly, Kevin Durand, Brian Cox, Joseph Cross, William Mapother, Brendan Fletcher. Toronto, 1949. Depuis son retour du front quatre ans plus tôt, Edwin Alonzo Boyd conduit des autobus. Mais son salaire et celui de son épouse Doreen, qui travaille comme blanchisseuse, ne suffisent pas à subvenir aux besoins de leur petite famille. Ayant toujours rêvé d'une carrière d'acteur, Edwin plaque un jour son emploi et, le visage grimé, braque une banque. Il répétera l'expérience cinq fois avant d'être arrêté. En prison, ce fils d'un policier à la retraite se lie d'amitié avec Lennie, un voleur estropié, vétéran de guerre comme lui, qui prépare son évasion avec deux acolytes. Celle-ci est couronnée de succès, de sorte qu'à l'extérieur, le braqueur reprend ses activités avec les trois hommes. Le nouveau quatuor, surnommé "la bande de Boyd", devient la coqueluche des médias grâce à Edwin, criminel dandy dont le charme fait merveille auprès des dames. Tandis qu'il se planque avec ses complices, celui-ci est rejoint par Doreen, dont le soutien n'a jamais faibli. Mais lorsque Lennie abat le détective chargé de les traquer, l'étau se resserre autour du groupe. Partant d'un sujet au riche potentiel, le scénario de Nathan Morlando, qui signe également la réalisation soignée, reste en surface. Mal construit, le récit traîne en longueur et accumule les fausses fins. Charismatique, Scott Speedman (BARNEY'S VERSION) est éclipsé par Kelly Reilly (L'AUBERGE ESPAGNOLE), très crédible en épouse éprouvée.

  • <strong>Norvège. 2011. 100 min.</strong> Thriller de Morten Tyldum avec Aksel Hennie, Nikolaj Coster-Waldau, Synnove Macody Lund, Julie Olgaard, Kyrre Haugen Sydness, Reidar Sorensen. À Oslo, le chasseur de têtes Roger Brown est un modèle de réussite. Craint et respecté, cet homme marié à la très belle Diana, propriétaire d'une galerie, mène une double vie de voleur d'oeuvres d'art. Lors d'un vernissage organisé par son épouse, il fait la connaissance de Clas Greve, un chef d'entreprise qui serait le candidat idéal pour un poste à combler. Du même souffle, Diana lui apprend que Clas vient d'hériter d'une des toiles les plus recherchées du monde de l'art: "La chasse au sanglier de Calydon" de Pierre-Paul Rubens. Beau coup double en perspective. Mais Roger n'est pas au bout de ses peines. Car derrière les allures de gravure de mode de Clas se cache un ancien mercenaire à qui rien ne fait peur. Cette adaptation assez fidèle du roman de la star du polar norvégien Jo Nesbo s'appuie pour l'essentiel sur une intrigue solide, aux rebondissements aussi nombreux que surprenants. Privilégiant l'efficacité devant la subtilité, Morten Tyldum ne maîtrise pas l'humour noir mais réussit par contre à distiller un suspense prenant. L'interprétation est irréprochable.

  • MON PERE EST FEMME DE MENAGE (5)

    <strong>France. 2010. 77 min.</strong> Comédie dramatique de Saphia Azzeddine avec Jérémie Duvall, François Cluzet, Nanou Garcia, Alison Wheeler, Aïmen Derriachi, Franck Keïta, Jules Sitruk, Barbara Probst. Pendant que sa mère à la santé fragile conseille sa grande soeur esthéticienne inscrite à un concours de miss personnalité, Polo, 16 ans, se prépare à repasser son examen d'entrée au lycée. À temps perdu, l'adolescent donne un coup de main à son père Michel, un employé d'entretien ménager dévoué mais peu cultivé, qui l'encourage à persévérer dans ses études. Parce qu'il se fait continuellement rappeler l'infériorité de son statut social par ses amis beur, juif, noir et rom, Polo n'ose pas déclarer sa flamme à une fille de bourgeois qu'il connaît depuis des années. Pour ses débuts à la réalisation, l'écrivaine Saphia Azzeddine adapte son roman éponyme avec un bonheur inégal. Quelques répliques vaches font mouche et la relation père-fils est assez touchante. Mais le scénario pèche par simplisme, la mise en scène manque d'ambition et Frédéric Duvall joue trop sur la même note. En revanche, François Cluzet est impeccable.

  • OMBRES ET TENEBRES (Dark Shadows) (4)

    <strong>États-Unis. 2012. 113 min.</strong> Comédie fantaisiste de Tim Burton avec Johnny Depp, Eva Green, Michelle Pfeiffer, Jonny Lee Miller, Chloë Grace Moretz, Helena Bonham Carter. XVIIIe siècle. Fils du fondateur d'une poissonnerie ayant donné naissance à une petite ville du Maine, Barnabus Collins refuse les avances d'Angelique Bouchard, issue d'un rang inférieur. Férue de sorcellerie, celle-ci provoque la mort des parents de Barnabus, puis celle de la tendre Josette, à qui ce dernier venait de déclarer sa flamme. Pour compléter sa vengeance, la sorcière transforme l'élu de son coeur en vampire, que la populace enterre vivant dans un cercueil ceinturé de chaînes. En 1972, Barnabus est libéré par des ouvriers d'Angelique, devenue la propriétaire d'une poissonnerie très prospère sur le point d'acculer à la faillite celle des Collins. De retour au manoir familial, le vampire fait alliance avec sa descendante, à la tête d'un clan formé de son frère voleur, de sa fille adolescente indifférente, de son jeune neveu mal remis de la mort de sa mère, et d'une psychiatre venue soigner l'enfant, mais qui a oublié de repartir. Tout en remettant l'entreprise familiale sur les rails grâce à un trésor caché, le revenant s'amourache de la gouvernante du garçon, qui ressemble étrangement à Josette. Pour sa 8e collaboration avec Tim Burton, Johnny Depp épate par son jeu pince-sans-rire et sa posture délicieusement anachronique, face à une Eva Green percutante et sexy. Somptueuse et techniquement impeccable, cette adaptation d'une série télévisée des années 1960 est cependant desservie par un scénario à l'humour faiblard, qui réserve peu de surprises.

  • SOUND OF MY VOICE (4)

    <strong>États-Unis. 2011. 92 min.</strong> Drame de Zal Batmanglij avec Christopher Denham, Nicole Vicius, Brit Marling, Richard Wharton, Davenia McFadden, Kandice Stroh. Peter et Lorna infiltrent une secte installée en banlieue de Los Angeles dans le but secret de tourner un documentaire. Le couple s'intéresse plus particulièrement à la leader de la secte, Maggie, une belle femme à la santé fragile, allergique à tout ce qui vient de l'extérieur, depuis l'air ambiant jusqu'à la nourriture. Sa condition particulière s'expliquerait par le fait qu'elle débarque du futur, plus précisément de l'année 2054. Les deux cinéastes multiplient les visites dans ce lieu tenu secret, où ils sont conduits les yeux bandés. Flairant le scepticisme de Peter et exploitant sa vulnérabilité, l'énigmatique leader exige, telle une épreuve initiatique, qu'il kidnappe une fillette dont il a la charge à titre d'enseignant suppléant. Selon Maggie, cette enfant serait nulle autre que sa mère. Zal Batmanglij explore avec intelligence, sensibilité et un sens de l'économie incomparable les thèmes du voyage dans le temps et des sectes ésotériques. Le cadre, a priori réaliste, se teinte ici et là d'éléments fantastiques, qui au fil du récit forgent un fascinant climat d'étrangeté. La coscénariste Brit Marling est particulièrement solide en rescapée du futur.

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Publié par Isabelle Marceau  |