Baisse des revenus et profits de la société Bombardier au premier trimestre

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MONTRÉAL - Bombardier (TSX:BBD.B) entend tirer profit des ennuis de l'un de ses concurrents dans le secteur des jets d'affaires.

Le constructeur américain Hawker Beechcraft, spécialisé dans les avions de petite taille, s'est placé sous la protection des tribunaux la semaine dernière. L'entreprise a toutefois conclu une entente avec ses créanciers et entend poursuivre ses activités comme à l'habitude.

«Le fait qu'ils sont présentement en difficultés financières nous donne un certain avantage, c'est évident», a commenté le chef de l'exploitation de Bombardier Aéronautique, Guy Hachey, à l'issue de l'assemblée annuelle des actionnaires, tenue jeudi à Montréal.

Ceci dit, l'avionneur montréalais n'a aucunement l'intention de se porter acquéreur d'actifs de Hawker qui pourraient éventuellement être mis en vente dans le cadre de la restructuration judiciaire.

«Pour l'instant, on est très satisfaits du portefeuille de produits qu'on a», a indiqué M. Hachey.

Dans le secteur des avions d'affaires, Bombardier a connu un premier trimestre mi-figue, mi-raisin. L'entreprise a enregistré des commandes pour 40 appareils, un chiffre que l'analyste Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, a qualifié de «solide».

Par contre, la multinationale québécoise a livré à peine 29 avions d'affaires, contre 37 l'an dernier, de sorte qu'elle a glissé au deuxième rang, derrière l'américain Gulfstream, au palmarès trimestriel des constructeurs.

Selon Bombardier, la baisse s'explique par l'entrée en service d'un nouveau poste de pilotage sur les avions de grande taille Global, qui a eu pour effet de retarder certaines livraisons.

Dans le secteur des avions commerciaux, Bombardier a aussi connu une baisse des livraisons, en raison principalement de la réduction des cadences de production décrétées l'an dernier dans un contexte de rareté des commandes.

De plus, un client n'a pas pu prendre possession de certains appareils qu'il avait commandés à cause d'un problème de financement. Bombardier n'a donc livré que sept avions commerciaux pendant le trimestre, contre 23 pendant la même période de l'an dernier. L'avionneur s'attend à ce que la situation se rétablisse au cours des prochaines semaines.

Résultats

Cette baisse importante des livraisons a fait chuter de 31,5 pour cent les revenus de Bombardier Aéronautique, qui se sont établis à 1,5 milliard $ US au premier trimestre. Le bénéfice avant intérêts et impôts (BAII) a quant à lui plongé de 35,5 pour cent pour se chiffrer à 91 millions $ US.

Du côté de Bombardier Transport, la division ferroviaire, les revenus ont aussi diminué, passant de 2,5 à 2 milliards $ US, une baisse de 18,9 pour cent. La situation s'explique principalement par l'achèvement de certains contrats en Asie-Pacifique et en Europe. Le BAII a reculé de 27,5 pour cent pour atteindre 124 millions $ US.

Au final, Bombardier a terminé le trimestre avec des profits nets de 190 millions $ US (10 cents US par action), en baisse de 13,6 pour cent par rapport aux 220 millions $ US (12 cents US par action) dégagés pendant la même période de 2011.

Les revenus consolidés se sont établis à 3,5 milliards $ US, en baisse de 24,8 pour cent par rapport aux 4,7 milliards $ US de l'an dernier. À la fin mars, le carnet de commandes était évalué à 55,2 milliards $ US, contre 53,9 milliards $ US trois mois plus tôt.

Rémunération et francisation

S'exprimant au nom du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MEDAC), l'ancien syndicaliste Fernand Daoust a profité de l'assemblée annuelle pour inviter le conseil d'administration de Bombardier à faire preuve de modération en matière de rémunération des dirigeants.

En 2011, la rémunération totale du président et chef de la direction de l'entreprise, Pierre Beaudoin, a crû de 19 pour cent pour atteindre 8,17 millions $. Celui-ci a répondu à M. Daoust que Bombardier se devait de bien rémunérer ses dirigeants pour s'assurer qu'ils ne quittent pas pour la concurrence.

Interrogée à ce sujet, Sheila Fraser, ancienne vérificatrice générale du Canada et nouvelle administratrice de Bombardier, s'est limitée à dire qu'il importait que les politiques de rémunération des grandes entreprises soient établies sur une «base rationnelle».

Par ailleurs, M. Beaudoin a indiqué jeudi que Bombardier Aéronautique avait désormais franchi huit des neuf étapes pour obtenir son certificat de francisation du gouvernement du Québec. L'objectif est de l'avoir «le plus tôt possible», a-t-il dit, en refusant toutefois de donner une date.

Le dirigeant a tenu à préciser que l'avionneur s'était récemment doté d'une politique en vertu de laquelle on favorise, à compétences égales, les employés bilingues pour des promotions. On offre aussi des cours de français aux employés qui ne maîtrisent pas la langue officielle du Québec.

Enfin, Pierre Beaudoin a cherché à rassurer les actionnaires découragés par le cours de l'action de Bombardier, qui a reculé considérablement en 2011.

«Je pense que nous faisons ce que nous devons faire pour accroître la valeur pour les actionnaires, c'est-à-dire d'investir dans de nouveaux produits qui contribueront à la croissance future», a-t-il déclaré, avant d'ajouter qu'il comprenait «la frustration à court terme».

Malgré les nombreuses embûches, aucun retard n'est encore prévu pour le plus connu de ces nouveaux produits, la gamme d'avions CSeries de 110 à 149 sièges. Le premier vol doit avoir lieu d'ici la fin de l'année pour un lancement commercial à la fin de 2013.

L'action de Bombardier a bondi de 7,3 pour cent jeudi pour clôturer à 3,96 $, à la Bourse de Toronto. Pas moins de 29 millions d'actions ont changé de mains.

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