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Manifestations étudiantes: un présumé policier témoigne

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Un policier a tenu à s'exprimer au sujet des manifestations étudiantes qui ont lieu presque tous les jours depuis près de trois mois au Québec. (PC)
Un policier a tenu à s'exprimer au sujet des manifestations étudiantes qui ont lieu presque tous les jours depuis près de trois mois au Québec. (PC)

A la suite des manifestations du vendredi 4 mai dernier à Victoriaville, un présumé policier a tenu à s'exprimer au sujet des manifestations étudiantes qui ont lieu presque tous les jours depuis près de trois mois au Québec.

Un ami policier d'une femme se présentant sous le nom de Kimmy lui aurait laissé un message, par la suite diffusé via les réseaux sociaux. Dans ce témoignage touchant de ce présumé policier, ce dernier laisse présager qu'il a quelque peu honte de certains collègues policiers qui semblent s'en prendre aux étudiants sans raison. L'auteur du texte termine en affirmant que «certains y passent leurs frustrations personnelles avant d'agir pour leur communauté.»

Cette version des faits ainsi que le témoignage lui-même ont été remis en cause par des internautes mercredi soir. Ceux-ci ont indiqué que le témoignage était un faux et que Kimmy et le présumé policier étaient en fait favorables au Black Block qui comptait aller faire de la casse à Victoriaville la semaine dernière. Kimmy, qui a publié le témoignage du présumé policier, a nié jeudi que le témoignage était faux.

«Comment mes collègues pouvaient-ils rentrer dans le tas de cette façon? Comment pouvaient-ils blesser des jeunes innocents alors qu'ils savaient pertinemment que ce n'étaient pas ceux-ci qui foutent la marde lors des manifestations? Ce que j'ai vu m'a franchement dégoûté. Je n'ai pas été à l'école pour ça, j'y ai été pour défendre et protéger les droits des citoyens de ma province», aurait écrit le présumé policier.

Lisez le témoignage complet publié sur la page Facebook ici:

Voici le témoignage qu'un ami policier m'a envoyé pour diffusion:
«Cela fait maintenant quelques semaines que je suis un policier à part entière. Après des semaines d'attentes, j'ai finalement été engagé dans un service de police, le SPVM de son nom. Moi qui m'attendais à simplement patrouiller et à répondre à des appels d'urgences, j'ai eu ma dose de manifestations étudiantes. Dans ce débat, je n'ai jamais pris position fermement bien que tous mes amis soient en faveur de cette hausse. Je peux comprendre que cela représente une masse financière énorme et que si jamais je décidais d'aller à l'université, je n'aurais pas les moyens financiers. Bref, je respecte énormément toutes les personnes prenant part à ces manifs-là.
Quelques semaines après avoir été engagé, je me suis retrouvé au cœur d'une manifestation étudiante un peu comme celles qui se tiennent maintenant à tous les soirs. Étant dans une auto patrouille, je ne réalisais pas l'ampleur de ce rassemblement. Quelques pétards étaient lancés, mais pas de casse ni d'actes violents. Quelques minutes plus tard, on m'annonce qu'on s'apprête à déclarer la manifestation illégale parce que les esprits semblent s'échauffer. L'anti-émeute qui est présente comme à chaque soir se prépare au pire. On me dit même de demeurer dans l'auto puisque je n'ai pas assez d'expérience pour ce type d'interventions.
Les policiers lancent donc un avis d'éviction que les manifestants semblent se crisser en grande majorité. Des autobus de la STM étaient prêts à recevoir plusieurs militants suite à leurs arrestations. D'un seul coup, l'anti-émeute s'est mise en branle sous mes yeux et ont foncé dans le tas en sacrant littéralement des volées à des gens quittant la manif qui vire un peu trop violente. Puis, je vis carrément un carnage. Comment mes collègues pouvaient-ils rentrer dans le tas de cette façon? Comment pouvaient-ils blesser des jeunes innocents alors qu'ils savaient pertinemment que ce n'étaient pas ceux-ci qui foutent la marde lors des manifestations? Ce que j'ai vu m'a franchement dégoûté. Je n'ai pas été à l'école pour ça, j'y ai été pour défendre et protéger les droits des citoyens de ma province.
Par la suite, arrestations de masse, encore du gaz et des cris perçants provenant de manifestants blessés à qui je ne peux même pas porter assistance parce que c'est l'ordre que j'ai reçu. Puis, la manif se termine et en quittant je constate qu'on laisse derrière nous un véritable champ de bataille. Ce soir-là, je n'ai pas fermé l'œil. Ça m'a fait réfléchir, ça m'a fait vomir. Quelques jours plus tard, on m'a renvoyé sur une de ces manifs. C'était simplement la reprise de ce qui s'était passé quelques jours auparavant. Comme si ça avait été dans un film...
Pour avoir discuté avec des policiers et certains faisant partie de l'anti-émeute, une grande partie sont derrières les étudiants. Ça leur fend le cœur de devoir agir comme des sauvages avec ces derniers, ils exécutent les ordres. Bien sûr, d'autres s'en donnent à cœur joie dans ça. C'est probablement ce qui me dégoûte le plus dans mon métier, certains y passent leurs frustrations personnelles avant d'agir pour leur communauté. »

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La manif du 4 mai à Victoriaville
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