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Émeute à Victo: Amir Khadir réclame une enquête indépendante sur la SQ

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VICTORIAVILLE
PC

QUÉBEC - Deux partis d'opposition, Québec solidaire et le Parti québécois, ont réclamé mercredi la tenue d'une enquête indépendante sur l'émeute survenue vendredi dernier à Victoriaville, en marge du conseil général du Parti libéral du Québec (PLQ).

Le travail des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) est mis en cause.

En point de presse, le député de Mercier, Amir Khadir, a tenu pour acquis que les blessures infligées à trois manifestants lors de l'émeute avaient été causées par des projectiles lancés par des policiers de la SQ.

Sans en avoir fait la démonstration, il a dit avoir acquis la certitude que les blessures n'avaient pas été causées par les nombreux projectiles — balles de billard, morceaux de pavé, boulons, balles de golf, piquets de clôture, roches et autres — lancés en tous sens par des casseurs lors de la violente manifestation de vendredi.

Selon le député de Québec solidaire seule une enquête indépendante et civile pourra faire toute la lumière sur l'émeute, qui s'est conclue par plus d'une centaine d'arrestations et des blessures à neuf personnes, dont trois policiers.

Durant l'émeute, un jeune homme a perdu l'usage d'un oeil, après avoir reçu un projectile de provenance non identifiée.

M. Khadir a dénoncé les méthodes employées par la Sûreté du Québec durant l'événement, s'en prenant particulièrement au recours aux balles de plastique ou de caoutchouc (des bâtons cinétiques, dans le jargon policier) qui, selon lui, peuvent causer la mort.

La SQ nie toutefois cette allégation et mène une enquête interne sur les événements survenus à Victoriaville, au cours desquels une trentaine de ces bâtons ont été utilisés en vue de contrôler les manifestants.

M. Khadir estime que la Sûreté du Québec a agi de façon «inconsidérée et irréfléchie», s'autorisant à attaquer les manifestants de manière brutale.

Plus posé dans son analyse, le député péquiste de Chambly, Bertrand St-Arnaud, s'est tout de même dit préoccupé lui aussi par la violence de la manifestation et il a invité le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, à faire appel à des «sages» qui viendraient enquêter sur le travail des policiers à cette occasion.

En Chambre, il a suggéré «de tenir une enquête faite par une personne indépendante, un sage, qui regarderait l'ensemble des événements de vendredi dernier et qui ferait des recommandations pour l'avenir pour s'assurer que ce genre d'événements ne se reproduise plus».

Le ministre Dutil a rappelé qu'il existait un Commissaire à la déontologie policière pour effectuer ce genre d'enquêtes et analyser ce type de plaintes.

«Nous avons là des personnes sages qui reçoivent à chaque année, sur les cinq millions d'interventions policières par année, 2000 plaintes et qui les traitent», a dit M. Dutil, en décrivant l'émeute de Victoriaville comme «une des manifestations les plus violentes que nous ayons connues au Québec depuis longtemps».

Il a pris la défense de la SQ pour dire que les policiers avaient été formés pour prévoir «un continuum d'usage de la force». Il n'a pas réprouvé le recours aux bâtons cinétiques comme moyen utilisé pour contrôler une foule.

Le point de vue de manifestants

La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, qui organisait la manifestation en marge du conseil général du Parti libéral à Victoriaville, réclame elle aussi une enquête publique.

Sophie Desbiens, une infirmière qui se trouvait sur place au sein d'une équipe médicale, a rapporté mercredi, lors d'une conférence de presse à Montréal, que les policiers ont tardé à permettre aux véhicules d'urgence d'accéder au site.

Elle a dit souhaiter que le déclenchement d'une enquête permette des modifications aux procédures d'interventions policières et ambulancières lors de débordements du genre.

Une de ses collègues, Karoline Demers, aussi membre de l'équipe de secouristes, a dit avoir répertorié environ 400 blessures allant de légères à graves, dont plusieurs nécessitant des points de suture.

Ces infirmières ont soutenu que le matériel médical était insuffisant et que rapidement les gaz lacrymogènes ont incommodé des enfants, leurs parents, des citoyens et des personnes âgées qui se trouvaient sur les lieux.

Johanne Nasstrom, de la Coalition des tables régionales d'organismes communautaires, a dit que les gaz ont rendu l'évacuation des lieux difficile puisque les manifestants ont rapidement été incommodés avec des brûlures aux yeux.

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