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Crise étudiante: une entente est intervenue entre le gouvernement et les étudiants (PHOTOS/VIDÉOS)

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QUÉBEC - La plus longue grève étudiante de l'histoire du Québec a fini par payer: les étudiants obtiennent une forme de gel de leur facture totale.

Le conflit de plus de 80 jours semble se diriger vers une issue, après un blitz de négociations qui aura duré plus de 20 heures, vendredi et samedi. Le gouvernement Charest, qui ne voulait pas geler les droits de scolarité, qui ne voulait pas négocier avec la CLASSE, qui ne voulait pas bonifier son offre, aura finalement sans cesse cédé du terrain.

Les étudiants ont même évoqué le gain d'un moratoire pour cette année, ce qui a à la fois irrité et «médusé» la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp.

Dans les faits, les droits de scolarité augmenteront officiellement bel et bien de 1778 $ sur sept ans, mais la facture totale des étudiants restera la même.

Chaque hausse de droits de scolarité de 127 $ par session sera compensée par une baisse équivalente des frais institutionnels, qui s'élevent en moyenne à 800 $. Mais cette baisse ne sera possible que si les étudiants démontrent dans un conseil provisoire sur le financement comment réduire les dépenses des universités d'une somme équivalente en gains d'efficacité.

L'offre gouvernementale prévoit également les différents ajustements annoncés au programme de prêts et bourses. Ces ajustements permettront aux familles ayant un revenu inférieur à 60 000$ de bénéficier d'une bourse d'études gouvernementales et aux familles gagnant moins de 100 000$ de bénéficier d'un prêt.

Les associations ne recommanderont pas l'acceptation de l'offre et laisseront leurs membres trancher, mais elles conviennent que «la mobilisation a porté fruit», comme l'a dit le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, dans une conférence de presse, samedi soir à Québec, aux côtés de ses homologues de la FECQ et de la FEUQ, Léo Bureau-Blouin et Martine Desjardins.

«Jusqu'à présent, c'est la plus grande avancée qu'on a faite dans ce conflit-là», a affirmé M. Bureau-Blouin.

Le gouvernement admet ainsi qu'il avait tort de demander aux étudiants de payer pour la malgestion des universités, a fait savoir le porte-parole de la CLASSE. Les leaders avaient toutefois le triomphe modeste, malgré tout.

«On n'est pas dans une optique d'acculer le gouvernement au mur, d'anéantir l'adversaire», a déclaré M. Bureau-Blouin, qui se garde bien d'être fier d'avoir fait reculer le gouvernement.

«On peut parler d'un gel théorique», a-t-il fait valoir, parce qu'au bout du compte, c'est la facture totale qui compte pour l'étudiant, droits de scolarité et frais institutionnels compris.

«L'argent, c'est de l'argent», a-t-il résumé.

Il s'agit même d'un «moratoire» sur la hausse, a plaidé Martine Desjardins. Avant même que le conseil sur le financement ne rende son rapport prévu en décembre, la hausse des droits prévue dès septembre est dès lors compensée par un report des frais afférents. Et la hausse de janvier est aussi reportée si le conseil n'a pas encore rendu son rapport.

Les étudiants prennent le pari de démontrer dans ce conseil qu'on peut réduire les dépenses des établissements, notamment sur la délocalisation des campus, les dépenses de publicités, le parc immobilier, le personnel de gérance.

«C'est le risque qu'on prend. Nous, on juge que les universités sont capables de dégager de sommes importantes», a dit M. Bureau-Blouin, en rappelant que le mouvement étudiant avait suggéré récemment des réductions de dépenses de 189 millions $ sur cinq ans sans toucher à l'enseignement et à la recherche.

Toutefois il n'est pas question de moratoire selon la ministre Line Beauchamp, qui a commenté l'entente juste après les représentants étudiants samedi soir.

«Je suis vraiment désolée qu'on utilise un vocabulaire qui n'a jamais été utilisé pendant 24 heures de négociations autour d'une table.»

Le paiement de la somme de 127 $ par étudiant en frais institutionnels en septembre est simplement reporté et sa réduction est conditionnelle aux gains d'efficacité que pourront proposer les associations étudiantes au conseil provisoire. Les étudiants doivent ainsi maintenant soumettre leurs prétentions à un «test de réalité», a-t-elle laissé entendre.

Mme Beauchamp a rappelé que toutes les parties à la table ont convenu de ne pas débattre des droits de scolarité, sur lesquels les positions étaient campées, mais plutôt de trouver un «point de rencontre».

Elle a assuré que l'entente de principe est à coût nul pour le contribuable, même si dès septembre, les universités seront privées de 127 $ par étudiant en frais de gestion. Le gouvernement se trouvera à avancer des fonds, en quelque sorte un prêt d'un montant indéterminé, mais la ministre soutient que des gains d'efficacité sont à prévoir.

«Les contribuables québécois ne paieront pas», a déclaré la ministre.

Tout le monde reçoit cette entente avec «une forme de soulagement», a-t-elle dit, en s'en remettant maintenant aux assemblées étudiantes, qui devront l'accepter.

«Ils ont signé une entente de principe, c'est sûrement le témoignage qu'ils considèrent que c'était la meilleure solution dans le contexte que l'on connaît.»

Les associations étudiantes en grève soumettront l'entente au vote de leurs membres au cours des prochains jours. La FEUQ laisse entendre que le processus pourrait s'étendre jusqu'à vendredi.

En cas d'acceptation de l'entente, les étudiants se conformeront à un calendrier de rattrapage pour sauver leur session, a précisé Mme Beauchamp.

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