Un an après les élections: la majorité lui permet de voir à long terme, se félicite Stephen Harper

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En célébrant le premier anniversaire de son mandat majoritaire, mercredi, Stephen Harper s'est dit satisfait qu'il lui permette désormais de planifier au-delà de la prochaine élection, pendant que l'opposition officielle garde au contraire les yeux sur 2015 afin de déloger les conservateurs.

Un anniversaire, mais deux raisons différentes de célébrer. À pareille date l'an dernier, le chef conservateur remportait sa majorité tant convoitée et le Nouveau Parti démocratique (NPD) faisait une percée historique en se hissant au rang d'opposition officielle.

La journée de mercredi n'en était toutefois pas une de fête pour les libéraux et les bloquistes qui ont essuyé une cuisante défaite et perdu de nombreux députés le 2 mai 2011.

Dans un discours prudent livré à son caucus _ et devant les médias pour une rare occasion _ le premier ministre a soutenu que même avec sa majorité, le visage des conservateurs n'avait pas et n'allait pas changer.

"Un mandat majoritaire ne peut changer qui nous sommes ou comment nous gouvernons le pays. Nos valeurs sont nos valeurs", a tenu à préciser Stephen Harper.

"Cependant, notre majorité nous permet d'avoir une vue d'ensemble et de prévoir à long terme", a-t-il précisé, laissant entendre qu'il plaçait ses pions pour de nombreuses autres années au pouvoir.

"Nous devons ainsi utiliser cette opportunité pour penser bien au-delà de la période de questions d'aujourd'hui, et au-delà du cycle d'élection de quatre ans", a-t-il ajouté.

Parmi ce qui fait désormais partie de la planification à long terme du gouvernement, M. Harper a cité les réformes en cours de la sécurité de la vieillesse et les transferts en santé, "pour soutenir le bien-être et la sécurité des générations futures".

Le gouvernement a pris en main les deux plus gros postes de dépenses, a-t-il fait valoir au sujet de ces changements controversés, dans le but de les rendre viables pour des décennies.

Mais les préoccupations principales du gouvernement conservateur demeurent la croissance économique et l'emploi, a martelé le premier ministre, reprenant les thèmes centraux de sa campagne électorale qui l'a mené à la tête d'un gouvernement majoritaire.

Malgré cette solide confiance affichée en l'avenir, un nouveau sondage Harris/Décima révèle que le NPD devance le Parti conservateur.

Avec 30 pour cent des intentions de vote, les conservateurs talonnent les néo-démocrates, qui en revendiquent 33 pour cent. Il s'agit d'une baisse depuis les élections pour le parti de Stephen Harper alors que le NPD maintient sa popularité, selon le coup de sonde réalisé lors de la dernière semaine d'avril.

C'était jour de fête aussi pour le NPD qui soulignait son accession au statut d'opposition officielle, il y a un an.

Le chef Thomas Mulcair a félicité ses troupes, beaucoup plus enthousiastes que celles de Stephen Harper, peut-être un peu habituées déjà au goût du pouvoir.

"Aujourd'hui est la fin du début de notre nouvelle équipe, mais, encore plus important, il s'agit du début de la fin d'un gouvernement qui pense qu'il peut ignorer les voix des millions de Canadiens", a lancé le chef sous une ovation des députés et militants présents à la clôture du caucus hebdomadaire.

M. Mulcair a promis d'unir les progressistes de tous horizons sous la bannière du NPD.

Il n'a pas manqué de mentionner celui qui a mené le NPD vers ce succès électoral sans précédent pour le parti: Jack Layton, décédé d'un cancer en août dernier.

"C'est comme si le moteur de la nation avait cessé de tourner cette semaine-là, et avec raison. Mais s'il y avait une chose que Jack savait, c'est celle-là: quand on tombe par terre, il faut se relever. Immédiatement", a lancé son successeur.

"Nous avons du travail à faire, et les Canadiens comptent sur nous", a-t-il ajouté.

À l'instar des conservateurs, M. Mulcair a dit que le NPD va tout faire pour rendre l'économie plus prospère, à condition qu'elle soit "plus prospère pour tout le monde" et que le commerce soit "équitable".

Quant au chef libéral par intérim Bob Rae, il croit que les conservateurs et les néo-démocrates ne devraient pas montrer autant d'arrogance en se félicitant de leurs succès électoraux. Le vent tourne vite, fait-il valoir.

"Ne surestimez pas votre mandat M. Harper, n'assumez pas que tous les Canadiens sont d'accord avec vous", a-t-il lancé.

Pour le NPD, l'élection du 2 mai 2011 a été historique car le parti est alors passé de 37 députés à 103, dont la majorité au Québec.

Quant aux conservateurs, le dernier scrutin fédéral a été accompagné d'une débâcle au Québec, avec seulement cinq députés élus sur une possibilité de 75 sièges.

Le député de Beauce, Maxime Bernier, a convenu mercredi que les temps sont difficiles pour les conservateurs au Québec, mais il s'est dit satisfait de l'absence de "chicane constitutionnelle" entre Québec et Ottawa.

Le ministre Christian Paradis refuse pour sa part d'admettre que son parti ne rejoint pas les Québécois.

"On est l'économie la mieux positionnée au monde. On a une bonne gestion des finances publiques. On a sévi contre la criminalité. Les Québécois sont avec nous sur ça", a-t-il affirmé.

Pour le Bloc québécois, le mot d'ordre de cet anniversaire était plutôt "reconstruction". Le parti a été décimé le 2 mai 2011, ne conservant que quatre députés à Ottawa alors qu'il en comptait 49 avant l'élection.

Selon le chef Daniel Paillé, le gouvernement conservateur ne se soucie pas des intérêts du Québec, pas plus que la nouvelle opposition officielle néo-démocrate.

"On a aussi depuis un an une opposition qui est toute canadienne. (...) Il y a parfois des soubresauts mais de manière intégrante, là, pour eux autres, la langue française ce n'est pas un réflexe", a-t-il notamment remarqué.

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