WestJet choisit le Q400 de Bombardier pour son nouveau service régional

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MONTRÉAL - Grand soulagement chez Bombardier (TSX:BBD.B), mardi: l'avionneur montréalais a eu le dessus sur son rival européen ATR pour l'importante commande d'appareils turbopropulsés que placera sous peu le transporteur canadien WestJet (TSX:WJA).

L'entreprise de Calgary a signé avec Bombardier une lettre d'intention visant l'achat de 20 avions Q400, avec des options d'achat pour 25 appareils de plus. Les avions permettront à WestJet de mettre sur pied sa nouvelle division de transport régional.

«Nous sommes très impressionnés par le Q400», a déclaré le président et chef de la direction de WestJet, Gregg Saretsky, dans un communiqué.

«ATR et Bombardier nous ont fait d'excellentes propositions, mais avec une combinaison d'éléments comme la distance qu'il peut franchir, sa vitesse et la disposition de ses sièges, nous croyons que le Q400 de Bombardier est le meilleur choix pour satisfaire les besoins du marché et qu'il va de pair avec la façon dont nous planifions exploiter la ligne aérienne», a-t-il ajouté.

Le président de la division des avions commerciaux de Bombardier, Mike Arcamone, cachait mal sa joie: il s'agit d'«une grande journée» pour la multinationale, a-t-il affirmé.

«Le Q400 NextGen a depuis longtemps été reconnu comme étant l'appareil turbopropulsé qui convient le mieux pour performer (...) au Canada et aux États-Unis», a-t-il ajouté.

En prenant le prix courant du Q400, la commande ferme se chiffre à 615 millions $ US et pourrait atteindre 1,38 milliard $ US avec les options. Il convient toutefois de noter que les acheteurs réussissent habituellement à négocier d'importants rabais avec les avionneurs.

«Inutile de dire qu'il y a eu une concurrence vigoureuse entre les deux constructeurs et nous sommes très satisfaits du prix pour lequel nous avons réussi à obtenir ces avions», a indiqué M. Saretsky, en refusant toutefois de dévoiler le montant de la transaction.

Dès la deuxième moitié de 2013, WestJet prévoit exploiter des Q400 pour desservir de nouvelles villes et offrir de nouvelles liaisons entre les destinations existantes du réseau de WestJet. Les avions, dont la capacité oscille entre 70 et 80 passagers, permettront aussi d'accroître la fréquence de certaines liaisons. Les Boeing 737 qui composent actuellement la flotte de WestJet peuvent accueillir entre 119 et 166 passagers.

«Après une année 2011 lamentable au cours de laquelle Bombardier a enregistré seulement une poignée de commandes de turbopropulsés alors que son principal concurrent, ATR, connaissait une très bonne année, la commande de WestJet donnera de l'impulsion au Q400», a commenté l'analyste Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, dans une note.

«En plus de la distance franchissable, de la vitesse et de la densité des sièges du Q400, nous croyons que Bombardier a remporté la mise en raison de la minceur de son carnet de commandes, qui lui permettra de livrer des appareils à WestJet à temps pour le lancement du nouveau service régional (en 2013)», a quant à lui écrit son collègue Benoit Poirier, de Valeurs mobilières Desjardins.

M. Doerksen a noté que les avantages dont jouit le Q400 pourraient également aider Bombardier à remporter une commande attendue de la part du transporteur américain SkyWest.

L'ATR 72 n'est toutefois pas dépourvu de qualités: sa distance franchissable est moindre, mais il consomme moins de carburant que le Q400 et il coûte moins cher.

À la fin de 2011, le carnet de commandes de Bombardier comptait 24 appareils Q400, soit l'équivalent de cinq mois de production à son usine de Toronto.

En incluant les huit Q400 commandés le mois dernier par le transporteur polonais Eurolot et la commande ferme de 20 appareils de WestJet, le carnet atteint désormais 45 avions, soit près de deux ans de production. Bombardier a pour objectif de conserver un carnet de commandes représentant entre 18 et 21 mois de production.

La lutte avait été vive entre ATR et Bombardier pour décrocher le contrat de WestJet. Les deux constructeurs avaient dépêché des avions de démonstration à Calgary dans l'espoir de séduire la direction et les employés du transporteur.

Pour Bombardier, l'enjeu était de taille: il ne fallait pas laisser filer cet important client dans sa propre cour. Pour ATR, il s'agissait d'une occasion de percer le marché nord-américain, où l'entreprise franco-italienne est pratiquement absente.

Bénéfice record pour WestJet

Par ailleurs, WestJet dévoilait mardi ses plus récents résultats financiers, lesquels faisaient état d'un profit record pour un premier trimestre.

Le bénéfice net du transporteur s'est chiffré à 68,3 millions $, soit 49 cents par action, par rapport à un bénéfice de 48,2 millions $, ou 34 cents par action, pour le premier trimestre de l'an dernier. Les revenus ont grimé à 891 millions $, contre un chiffre d'affaires de 772,4 millions $ un an plus tôt.

«Nous sommes très encouragés par ces résultats très solides au premier trimestre et par l'expansion que nous avons su faire connaître à nos marges. La croissance de nos revenus a pleinement récupéré la hausse des coûts du carburant et nous avons gardé les coûts sur lesquels nous avons un contrôle à un niveau relativement stable par rapport à l'année dernière», a affirmé M. Saretsky.

La marge d'exploitation de la société s'est appréciée à 11,9 pour cent, soit 1,6 point de pourcentage de plus qu'à la même période l'an dernier. «Ces solides marges sont, une fois de plus, parmi les meilleures de l'industrie nord-américaine du transport aérien», a ajouté M. Saretsky.

L'action de Bombardier a gagné mardi 2 cents à 4,20 $ à la Bourse de Toronto, alors que celle de WestJet s'est appréciée de 29 cents à 14,52 $.

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