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La manifestation vire à la casse à Montréal: 85 arrestations (PHOTOS)

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Vitrines fracassées, commerces et voitures vandalisées, arrestations musclées. La manifestation étudiante a tourné à l'affrontement mardi soir dans les rues de Montréal, après qu'elle eut été déclarée illégale par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

« Ce n'est plus une manifestation qui est pacifique, on doit vraiment rétablir l'ordre. On a affaire à des émeutiers et à des gens qui veulent faire la casse. » — Ian Lafrenière, porte-parole du SPVM

Jeudi matin, le SPVM faisait état d'au moins 85 arrestations.

La manifestation qui se voulait au départ pacifique a rapidement dégénéré. Dès les premiers débordements, vers 22 h 15, le SPVM a commencé à émettre des avis de dispersion, à l'intersection des rues Peel et Sainte-Catherine.

L'escouade antiémeute a tenté de bloquer le secteur entre René-Lévesque et Sherbrooke, de Guy à Mansfield, pour disperser la foule en deux groupes, mais des manifestants ont résisté.

Des vitrines d'institutions financières ont été fracassées, rue Sherbrooke, puis des commerces ont été vandalisés, rue Sainte-Catherine. De la peinture rouge a également été lancée sur des voitures appartenant à des citoyens et des véhicules de Radio-Canada ont été vandalisés.

Les fenêtres des bureaux des Forces canadiennes et de Loto-Québec, ainsi que les vitrines du bâtiment abritant les locaux du réseau TVA ont aussi été la cible de casseurs. Des bagarres ont par ailleurs éclaté entre ces derniers et des étudiants qui dénonçaient le vandalisme.

Des irritants chimiques, des bombes assourdissantes et des gaz lacrymogènes ont été utilisés pour disperser la foule. Les policiers ont rapporté un véhicule en feu à l'angle des rues Stanley et Sainte-Catherine, tandis que des manifestants continuaient de lancer des projectiles en direction des policiers.

L'escouade antiémeute de la Sûreté du Québec a dû être appelée en renfort. Elle a notamment été déployée autour du quartier général du SPVM, dont les vitrines ont été complètement fracassées, pendant que l'hélicoptère de la SQ survolait le ciel.

Plus de deux heures après que la manifestation eut été déclarée illégale et que l'ordre de quitter le centre-ville eut été donné, des milliers de personnes se sont dirigés en direction du parc Émilie-Gamelin, point de départ de la manifestation.

Un petit groupe d'irréductibles et des noyaux de résistance ont tenté de tenir tête aux policiers, mais la majorité de la foule a finalement été dispersée peu après minuit.

Plusieurs rassemblements étaient toutefois rapportés à différents endroits du centre-ville, notamment au square Saint-Louis, où les policiers s'apprêtaient à procéder à des arrestations.

Plusieurs personnes ont été arrêtées à l'angle du boulevard Saint-Laurent et des Pins lors d'une intervention policière musclée. Au moins une autre personne avait été arrêtée un peu plus tôt au centre-ville.

« Nous avions averti qu'aucun acte criminel ne serait toléré », a déclaré le porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière, sur les ondes de RDI.

Trois policiers auraient légèrement été blessés au cours des affrontements. La métropole a finalement retrouvé son calme peu après 1 h, selon un porte-parole du SPVM, Simon Delorme.

Réunis à l'initiative de l'Association facultaire étudiante de science politique et droit de l'UQAM (AFESPED), les étudiants n'avaient pas fourni l'itinéraire de leur marche.

« Ce qui me désole, c'est que les gens qui organisent ces manifestations-là refusent de donner leur itinéraire. Et ce qui me désole, c'est que ce qu'on va retenir ce soir, ce n'est pas le message, mais c'est la casse. » — Ian Lafrenière, porte-parole du SPVM

Les milliers de manifestants, qui s'étaient réunis dans le calme à 20 h 30 au parc Émilie-Gamelin, ont d'abord emprunté la rue Berri vers le nord, puis la rue Saint-Denis, avant de tourner sur Sherbrooke en direction ouest. Ils se sont arrêtés devant le siège social de Loto-Québec et ont emprunté la rue Guy en direction sud, pour finalement se retrouver sur la rue Sainte-Catherine.

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) avaient lancé un appel au calme pour la manifestation nocturne.

À Sherbrooke, environ 200 personnes se sont donné rendez-vous pour manifester devant le palais de justice. Ils ont ensuite marché jusqu'aux bureaux du ministère de l'Éducation où quelques discours ont été tenus. Les manifestants se sont ensuite rendus jusqu'au coin des rues King et Belvédère. Le tout s'est déroulé dans le calme.

Des manifestations ont également eu lieu à Gatineau, où quelques centaines de personnes ont marché pour contester la hausse des droits de scolarité, particulièrement dans le secteur de Hull.

Manifestation pacifique en après-midi

Plus tôt dans la journée, au moment où la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a décidé d'exclure la CLASSE des négociations avec le gouvernement, des étudiants ont manifesté au centre-ville de Montréal.

La manifestation, qui était déjà prévue, s'est mise en branle au parc Émilie-Gamelin vers 14 h. Après avoir appris la décision de la ministre, les manifestants ont emprunté un parcours qui n'avait pas été dévoilé aux autorités pour se rendre devant les bureaux montréalais du premier ministre Jean Charest.

Les manifestants se sont par la suite dispersés dans l'ordre. La manifestation s'est déroulée dans le calme. L'événement se voulait aussi un clin d'oeil pour souligner la dernière journée du calendrier officiel de la session d'hiver 2012.

L'un des porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, a précisé que son organisation appelait seulement à la manifestation de 14 h. Il a toutefois refusé de lancer un appel au calme en prévision de la manifestation de 20 h 30, malgré les tensions qui risquaient de s'exacerber à la suite de l'annonce de la ministre. « Je n'ai pas le pouvoir d'appeler au calme et ce n'est pas mon rôle », avait déclaré le porte-parole, évoquant la structure démocratique de la CLASSE.

À Québec, une centaine d'étudiants ont aussi manifesté pour dénoncer la décision de la ministre Beauchamp.

Autres manifestations et bombes fumigènes

Mercredi matin, des étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité de 1625 $ sur cinq ans se sont rassemblés au square Phillips, au centre-ville de Montréal. Ils ont marché à contresens sur la rue Sainte-Catherine pour aller rejoindre des employés d'Aveos qui manifestaient près du Musée des Beaux-Arts. Après une pause, ils ont repris leur marche dans les rues du centre-ville.

La Société de transport de Montréal (STM) a confirmé peu après que des bombes fumigènes avaient été lancées au métro Henri-Bourassa et au métro Lionel-Groulx, entraînant du coup des interruptions de service. Le SPVM a ensuite confirmé qu'une autre bombe avait été lancée au Complexe Desjardins.

Crédit vidéo: Antoine Quirion Couture - vjhoming.com

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