Les étudiants reprennent la rue après la suspension des négociations

RCQC  |  Publication: 26/04/2012 08:29 Mis à jour: 26/04/2012 21:08

Grève étudiante : Charest imperturbable

Dans un bref point de presse donné dans les corridors de l'Assemblée nationale, le premier ministre du Québec s'est insurgé contre l'idée que la ministre a jeté de l'huile sur le feu en expulsant la CLASSE sous prétexte qu'elle a choisi le camp de la perturbation sociale.

Poser la question en ses termes, dit-il, revient à adopter « la prémisse que le gouvernement, en assumant ses responsabilités, qui sont des responsabilités démocratiques, légitimes, aurait légitimé des actions ».

« C'est faux ça. Je m'oppose beaucoup à la prémisse de ces questions-là, parce que c'est justement le genre de choses que nous devons beaucoup, surtout le lendemain de gestes de violence, dénoncer avec beaucoup de fermeté », a déclaré Jean Charest.

« Je veux vous dire que rien ne justifie la violence ou l'intimidation. Il faut le dire et le redire. Là-dessus, les leaders d'opinion ont la responsabilité de dénoncer les gestes de violence et de le faire sans réserve. [...] L'intimidation et la violence sont un affront à nos valeurs démocratiques », a-t-il affirmé.

M. Charest a révélé que le négociateur du gouvernement dans ce dossier a le mandat d'entrer en contact avec la Fédération étudiante collégiale (FECQ), la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Table de concertation étudiante du Québec (TACEQ) pour reprendre les négociations.

Le premier ministre Charest rappelle que le gouvernement a déjà tendu la main aux associations étudiantes en modifiant son régime de prêts et bourses afin d'améliorer l'accessibilité aux études.

La FECQ et la FEUQ souhaitent aussi reprendre les négociations avec Québec, dès vendredi 14 h, mais veulent inclure des membres de la CLASSE au sein de leurs équipes de négociations.

Quelque 175 000 étudiants des cégeps et universités de la province demeurent en grève pour dénoncer la hausse des droits de scolarité à l'université de 1625 $ sur cinq ans. Certains d'entre eux débraient pour une 11e semaine.

Beauchamp et Dutil attaquent aussi la CLASSE

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, et son collègue à la Sécurité publique, Robert Dutil, ont aussi montré du doigt la CLASSE dans des points de presse donnés quelques minutes après Jean Charest.

La ministre Beauchamp s'est aussi dite prête à continuer à négocier avec trois des quatre associations étudiantes, mais non avec la CLASSE. « Nous on a encore des éléments à proposer aux trois fédérations, la FEUQ, la FECQ et la TACEQ autour de la table », a-t-elle dit.

Elle exclut cependant l'imposition d'un moratoire sur la hausse des droits de scolarité en attendant de régler la question de fond, comme le réclament notamment le Parti québécois et les professeurs de cégeps et d'université. Agir de la sorte, dit-elle, serait « faire gagner ceux qui utilisent la violence » comme moyen de « chantage ».

Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, juge de son côté que la CLASSE « encourage la violence » et que son porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois, agit de façon « extrêmement grave » dans ce dossier.

Le ministre Dutil admet que des casseurs professionnels peuvent détrôner des manifestations étudiantes, mais affirme que cela ne se produirait pas « s'il était clair que les gens qui organisent les manifestations étudiantes disaient qu'on exclut, qu'on ne veut pas, qu'on ne s'entendra pas avec des gens qui veulent faire de la casse. »

Le ministre Dutil continue de défendre les agissements de la police depuis le début du conflit. Il soutient que les policiers de Montréal ont laissé les gens manifester librement pendant plus d'une heure hier, avant d'intervenir devant la multiplication des méfaits.

Une manifestation dégénère à Montréal

Quelques heures après que la CLASSE eut été expulsée de la table des négociations mercredi, une manifestation rassemblant au moins 10 000 personnes a eu lieu au centre-ville de Montréal. D'abord pacifique, le rassemblement a dégénéré en affrontements avec les policiers, qui l'ont déclaré illégal vers 22 h 15.

La soirée s'est soldée par 85 arrestations, quelques blessés, dont trois policiers, des manifestants incommodés par les gaz irritants utilisés par la police, et de nombreux actes de vandalisme visant des banques, des institutions gouvernementales et des médias.

Des manifestations ont aussi eu lieu à Québec, à Gatineau et à Sherbrooke.


Les manifs du 26 avril
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Publié par Patrick White  |