Cinéma: les films à l'affiche, semaine du 27 avril 2012 (PHOTOS)

Publication: 26/04/2012 13:47 Mis à jour: 26/04/2012 13:48

Paul Arcand Derapages
Cinéma: les films à l'affiche, semaine du 27 avril 2012.

Place au cinéma! Dérapages, La délicatesse, 5 ans de réflexion, Le corbeau... Voici les résumés et critiques des nouveaux films dans les salles du Québec cette semaine.

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  • DÉRAPAGES (4)

    <strong>Canada. 2012. 94 min.</strong> Documentaire de Paul Arcand. Entre 2007 et 2011, 725 Québécois et Québécoises âgés de 16 à 24 ans ont perdu la vie dans des accidents de voiture. La vitesse excessive et l'alcool sont en cause dans la moitié de ces décès. Dans le but non pas de dénoncer les comportements des jeunes conducteurs, mais plutôt d'essayer de comprendre ce qui se passe dans leur tête lorsqu'ils se retrouvent derrière le volant, l'animateur et documentariste Paul Arcand est allé à leur rencontre. D'une part, il donne la parole à des jeunes adeptes de vitesse et interroge des conducteurs pris en flagrant délit. D'autre part, il offre une tribune à deux survivantes d'accidents qui ont gardé des séquelles physiques et psychologiques. Enfin, le réalisateur rencontre la mère de la petite Bianca Leduc, happée mortellement par un chauffard sur le terrain de sa gardienne, ainsi que les parents de Mikaël Borduas, 23 ans, lourdement handicapé par un double traumatisme du lobe frontal. Contrairement à son habitude, le journaliste Paul Arcand ne confronte pas les jeunes qu'il interroge, il les laisse parler. De leur discours émerge autant des contradictions que des pistes de solutions. À l'instar de VOLEURS D'ENFANCE et QUÉBEC SUR ORDONNANCE, DÉRAPAGES possède une facture de reportage télévisuel, dans lequel l'efficacité prévaut sur la finesse.

  • LA DELICATESSE (5)

    <strong>France. 2011. 109 min.</strong> Comédie sentimentale de David Foenkinos,Stéphane Foenkinos avec Audrey Tautou, François Damiens, Bruno Todeschini, Mélanie Bernier, Joséphine de Meaux, Pio Marmaï. Paris. Tous les hommes se retournent sur le passage de Nathalie, une ravissante jeune femme qui n'a d'yeux que pour François, son mari. Puis le malheur frappe: François est happé mortellement par une voiture. Inconsolable, Nathalie renonce à l'amour. Désormais, son travail sera son refuge. Cela fait plutôt l'affaire de Charles, son patron marié qui ne lui a jamais caché son amour. Les années passent et Nathalie monte en grade. À la tête d'un département, elle a sous ses ordres une dizaine d'employés, dont Markus, un Suédois vivant en France. Un jour qu'elle est en proie à la rêverie, Nathalie l'embrasse sans même s'en rendre compte. D'allure très ordinaire, Markus se croit d'abord en veine, puis déchante lorsqu'il réalise qu'il ne s'agissait que d'une méprise. Pour se faire pardonner, Nathalie accepte de sortir avec lui et, à sa grande surprise, passe une excellente soirée. Débute alors une idylle hésitante qui a l'heur de dérouter l'entourage de la belle veuve. Cette adaptation par David Foenkinos de son propre roman à succès souffre de ce qu'on tente de faire passer Audrey Tautou, ici charmante, pour une espèce de top modèle. La construction narrative s'avère en outre laborieuse, quoique l'ensemble possède un côté lumineux assez agréable. La réalisation vivante rend quant à elle compte d'une certaine recherche formelle.

  • 5 ANS DE REFLEXION (The Five-Year Engagement) (5)

    <strong>États-Unis. 2012. 124 min.</strong> Comédie sentimentale de Nicholas Stoller avec Jason Segel, Emily Blunt, Alison Brie, Rhys Ifans, Chris Pratt. Un an après leur rencontre, Tom, un cuisinier de San Francisco, offre une bague de fiançailles à Violet, étudiante au doctorat en psychologie. Le couple rêve déjà au mariage jusqu'au moment où le jeune femme reçoit une offre pour faire son postdoctorat dans une université du Michigan. Tom consent à reporter la noce et surtout à mettre en veilleuse sa carrière prometteuse pour suivre sa fiancée. Alors que Violet s'adapte parfaitement à leur nouvelle vie et compte parmi les meilleures de sa classe, Tom éprouve de la difficulté à trouver un emploi à la mesure de ses capacités. Deux ans plus tard, Violet apprend que son postdoctorat est prolongé, au grand désespoir de Tom qui n'arrive toujours pas à s'intégrer à son nouveau milieu. Nicholas Stoller (FORGETTING SARAH MARSHALL, GET HIM TO THE GREEK) se fait plus sentimental que corrosif avec ce film à l'intrigue un peu mince, plombée par des longueurs. On reconnaît toutefois avec bonheur sa griffe amusante, jumelée à celle de Jason Segel. Lequel livre des dialogues savoureux, en plus de former un couple attachant avec Emily Blunt.

  • CASE DEPART (6)

    <strong>France. 2011. 94 min.</strong> Comédie fantaisiste de Fabrice Éboué,Thomas Ngijol,Lionel Steketee avec Fabrice Éboué, Thomas Ngijol, Stefi Celma, Eriq Ebouaney, Etienne Chicot. Joël et Régis ont beau être demi-frères, ils ne se fréquentent pas du tout. Le premier sort de prison, après avoir volé le sac à main d'une vieille dame dans sa cité défavorisée. Le second, conseiller municipal marié et père de famille, a fait de la servilité et de l'obéissance aux institutions ses mots d'ordre. Mais les deux frères vont être obligés de se côtoyer pour se rendre au chevet de leur père mourant aux Antilles. Pire, ils vont devoir faire ensemble une étrange expérience: celle d'un voyage dans le temps. Car avant de mourir, leur père leur transmet l'acte d'affranchissement de leurs ancêtres esclaves, lettre que les deux fils déchirent. Ce qui les envoie, par un acte magique de leur vieille tante, en 1780 où ils sont capturés et vendus comme esclave à Monsieur Jourdain, le propriétaire d'une plantation de canne à sucre. S'il tente d'aborder les sujets délicats du racisme et de l'intégration par un humour grinçant, CASE DÉPART souffre d'un scénario vain et d'une réalisation sans imagination. Manquant singulièrement d'énergie et de spontanéité, le film finit par tourner à vide. Malgré leur abattage, les deux comiques Fabrice Éboué et Thomas Ngijol manquent de complicité.

  • LE CORBEAU (The Raven) (5)

    <strong>États-Unis. 2012. 110 min.</strong> Thriller de James McTeigue avec John Cusack, Luke Evans, Alice Eve, Brendan Gleeson, Kevin McNally, Oliver Jackson-Cohen. La découverte du corps de deux jeunes femmes égorgées rappelle au détective Emmett Fields un événement similaire survenu dans "Double Assassinat dans la rue Morgue", une nouvelle d'Edgar Allan Poe. Nous sommes à Baltimore, à l'automne 1949. Bien connu des habitants de la ville, l'écrivain déchu, qui écume les bars et cultive sa rancoeur envers le monde de l'édition et de la presse, fait un suspect idéal. Trop idéal. Aussitôt est-il appréhendé par Fields. Mais celui-ci, au vu de nouveaux crimes sordides dont le modus operandi reproduit ceux contenus dans d'autres nouvelles de Poe, soupçonne qu'un tueur en série ayant une fixation sur l'écrivain est à l'oeuvre. Afin d'aider à prévoir les coups du criminel, celui-ci est réquisitionné pour participer à l'enquête. Mais une difficulté nouvelle se présente lorsqu'Emily Hamilton, fille de notable dont il est secrètement amoureux, disparaît au cours d'un bal visité par le Masque de la Mort Rouge. L'idée de départ (imaginer les derniers jours d'Edgar Allan Poe) est riche et séduisante. Mais sa matérialisation n'est pas à la hauteur. James McTeigue (V FOR VENDETTA) a succombé à l'appel du "torture porn" procédural, exploitant uniquement le potentiel visuel des mises à mort contenues dans les nouvelles de Poe, incarné par un John Cusack un peu dépassé.

  • DAMSELS IN DISTRESS (4)

    <strong>États-Unis. 2011. 99 min.</strong> Comédie de moeurs de Whit Stillman avec Analeigh Tipton, Greta Gerwig, Adam Brody, Megalyn Echikunwoke, Carrie MacLemore, Ryan Metcalf. Fraîchement débarquée sur le campus de sa nouvelle université de la côte Est américaine, Lily est abordée par un trio d'étudiantes modèles qui l'aident à se familiariser avec l'endroit et lui offrent une chambre dans leur résidence. Indépendante de nature et amoureuse d'un garçon en couple avec une autre, Lily est bientôt surprise par la force de caractère de Violet, la leader verbomotrice et positiviste du groupe qui, entre les classes, dirige le centre de prévention du suicide où elle a institué comme méthode thérapeutique l'hygiène corporelle et la danse. Tandis qu'elle participe à ces activités, la nouvelle venue voit Violet, intarissable dispensatrice de paroles sages, intervenir inopinément dans sa vie sentimentale. Charlie, un étudiant qui se fait passer pour un homme d'affaires, devient bientôt l'enjeu d'une rivalité muette entre les deux jeunes femmes. Entre-temps, l'humeur de Violet s'assombrit. Un matin, elle disparaît. Whit Stillman (COSMOPOLITAN) a campé l'action de son quatrième opus dans une sorte d'utopie intemporelle sans ordinateur ni cellulaire, où le dialogue est roi. Résultat: une oeuvre complexe à l'humour décalée qui, au-delà des petites maladresses d'écriture, rappelle Éric Rohmer et Jane Austen. Au sein d'une distribution impeccable, Greta Gerwig crève l'écran.

  • HAT GOES WILD, THE (5)

    <strong>Canada. 2011. 93 min.</strong> Thriller de Guy Sprung avec Sarah Hansen, Matthew Raudsepp, Vanessa Matsui, Monroe Black, Mackenzie Rio Davis, Normand D'Amour, Ryan Robertson. Pour célébrer la fin de l'année scolaire, six adolescents montréalais, dont deux francophones, partent en expédition de canot-camping dans la nature sauvage. Mais en route, l'un d'eux est abandonné à une halte, après avoir tenté d'agresser sexuellement une des passagères. Or, arrivés à destination, les cinq jeunes découvrent que la tête brûlée a laissé dans la voiture un sac rempli de cocaïne. Du coup, le périple, filmé en continu par une des filles pour son cours de cinéma, prend une tournure beaucoup plus dramatique, qui mettra à rude épreuve la fibre morale de chacun. Reprenant à son compte la formule archi-usée du faux documentaire, le Montréalais Guy Sprung accouche d'un suspense à la prémisse forcée, dont les dialogues s'avèrent démonstratifs et artificiels. Les aspects cyniques du récit retiennent toutefois l'attention, la réalisation est assez assurée, et les interprètes font dans l'ensemble montre de conviction.

  • LES PIRATES! BANDE DE NULS (The Pirates! Band of Misfits) (4)

    <strong>Grande-Bretagne. 2012. 89 min.</strong> Film d'animation de Peter Lord,Jeff Newitt. 1837. Ridiculisé par ses rivaux, le capitaine d'une bande de flibustiers cherche à prouver sa valeur en remportant le prestigieux prix du pirate de l'année. Après une succession d'attaques ratées de navires, il embarque sur le Beagle et fait la connaissance du naturaliste Charles Darwin. Ce dernier est fasciné par l'oiseau du capitaine, un dodo, spécimen rare qui ferait sensation auprès des scientifiques londoniens et de la reine Victoria. Convaincu d'avoir trouvé son coup d'éclat pour impressionner le grand responsable du concours, le capitaine force Darwin à l'accompagner à Londres, n'ignorant pas la haine féroce que la reine voue aux pirates. Cette adaptation animée de deux livres pour enfants de Gideon Defoe par les studios Aardman (WALLACE AND GROMIT, CHICKEN RUN) se révèle aussi énergique qu'amusante. Le caractère espiègle du récit, fertile en références culturelles ou scientifiques, et l'animation en trois dimensions très maîtrisée, font de ce film de pirates un divertissement de qualité.

  • SAINE ET SAUVE (Safe) (5)

    <strong>États-Unis. 2011. 94 min.</strong> Thriller de Boaz Yakin avec Jason Statham, Catherine Chan, Robert John Burke, James Hong, Reggie Lee, Chris Sarandon, Anson Mount, Sandor Tecsy, Joseph Sikora. Sur le point de se suicider dans le métro de New York, Luke Wright, un ex-policier qui en était réduit à participer à des combats extrêmes truqués, aperçoit une fillette chinoise visiblement en fuite. Réalisant que les poursuivants de l'enfant sont les mafieux russes qui ont tué sa femme un an plus tôt, Luke les élimine un après l'autre. D'abord surprise et méfiante, la petite fille, appelée Mei, confie à son bienfaiteur qu'elle a appris par coeur, pour le compte du chef des triades, une longue série de nombres qui, une fois décodée, pourrait fournir la combinaison d'un coffre-fort. Or, cette information intangible semble faire la convoitise non seulement du parrain de la mafia russe, mais également d'un groupe d'anciens collègues corrompus de Luke. Boaz Yakin (FRESH, UPTOWN GIRL) surprend avec ce thriller gavé à la testostérone qui, dans sa première partie, brasse avec verve et inventivité des ingrédients connus. Dommage que par la suite, les affrontements répétitifs et les développements vaseux prennent le dessus. Rompu au genre, Jason Statham est solide, aux côtés de l'attachante Catherine Chan.

  • YOUNG AND WILD (Joven y Alocada) (4)

    <strong>Chili. 2012. 94 min.</strong> Comédie de moeurs de Marialy Rivas avec Alicia Luz Rodriguez, Aline Küppenheim, Maria Gracia Omegna, Felipe Pinto, Ingrid Isensee, Alejandro Goic. En réaction à l'éducation rigide qu'elle a reçue de ses parents, évangélistes convaincus, Daniela, dix-sept ans, crée un blogue, sous le pseudonyme de "Young and Wild", où elle laisse libre cours à des propos coquins s'inscrivant dans une relecture bien personnelle des Évangiles. Tandis que son site remporte un vif succès, elle multiplie les expériences sexuelles. Expulsée de son école parce qu'on lui reproche d'avoir eu des relations charnelles avec un garçon, l'adolescente voit sa mère la pistonner auprès d'une chaîne de télévision chrétienne afin qu'elle se refasse une santé spirituelle. Daniela y fait la connaissance d'Antonia et de son copain Tomas, avec qui elle couchera successivement, mais sans vraiment trouver l'amour. À l'instar du Almodovar des débuts, la novice Marialy Rivas décrit de façon vivante et colorée les affres d'une jeunesse en mal d'amour et à la sexualité débridée. Parfois répétitif et caricatural, le film jouit néanmoins d'un rythme incisif et jeune, relevé par le jeu assuré et frondeur d'Alicia Luz Rodriguez.

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Publié par Isabelle Marceau  |