«Libération» accusé de travestir les propos de Nicolas Sarkozy sur le Marine Le Pen

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Jean-François Copé, le secrétaire général de l'UMP, accuse le journal Libération de travestir de façon "malhonnête" les propos de Nicolas Sarkozy sur le FN, soulignant que parler aux électeurs FN ne signifie pas faire alliance avec lui.

Libération publie en couverture de son édition du mercredi 25 avril une photo en noir et blanc de Nicolas Sarkozy en Une avec la citation suivante: "Le Pen est compatible avec la République". Signé: "Nicolas Sarkozy, 24 avril 2012".

Dans un communiqué, Jean-François Copé "dénonce avec la plus grande force la tentative grossière, malhonnête et inacceptable de désinformation du journal Libération". Il estime qu'"en travestissant les propos de Nicolas Sarkozy sur le FN et sur Marine Le Pen" le quotidien "montre son vrai visage, celui de l'organe de propagande officiel du PS".

"Ce n'est pas ce que j'ai dit", a de son côté assuré Nicolas Sarkozy sur France Info mercredi matin. "Si la République autorise Mme Le Pen à être candidate, c'est que c'est un parti démocratique sinon, on ne l'autoriserait pas. Il faut être cohérent. Donc, les Français, les citoyens qui votent pour elle, on ne va pas le leur reprocher. Et si c'était très mal de voter pour elle, pourquoi est-elle proposée au vote des Français ? La République a organisé ce vote. Il n'y a pas un mauvais vote et un bon vote", a-t-il poursuivi.

"Le Pen est compatible avec la République", c'est pourtant en substance ce qu'a effectivement déclaré Nicolas Sarkozy mardi à Longjumeau:




Le ministre Xavier Bertrand a aussi vivement critiqué Libération sur Canal+. "Rue de Solférino, ils n'ont plus besoin d'imprimer les tracts, Libération, ça suffit !", s'est exclamé le ministre du travail. "Scandaleux", a jugé de son côté son collègue du gouvernement François Baroin sur Europe 1, qui a accusé Libération et L'Humanité de "terrorisme" intellectuel. Sébastien Huyghe, député et Secrétaire National de l'UMP, parlait d'un "torchon de désinformation"...

Hollande "en Une de Libération et en toute impunité médiatique"

En campagne, mardi, à Longjumeau (Essonne), "Nicolas Sarkozy s'interrogeait sur l'interdiction qui lui était faite de parler aux électeurs du Front National", selon Jean-François Copé, "alors que dans le même temps François Hollande affichait son intention de convaincre les électeurs du FN en une de Libération et en toute impunité médiatique".

Une référence à la couverture de Libération le mardi 24 avril. François Hollande apparaissait en Une du quotidien.

Dès mardi en fin d'après-midi, Libération publiait un article sur la visite de Nicolas Sarkozy à Longjumeau.

¨Si un parti, un mouvement ou un groupe ne respecte pas les principes et les valeurs de la République, il est sanctionné par la loi de la République et peut être interdit et dissous. Cela a déjà été fait par le passé", rappelle Jean-François Copé qui pose la question: "M. Hollande veut-il interdire le Front National et placer hors de la République les millions de Français qui ont voté pour le FN?"

"Pour nous", conclut-il, "les choses ont toujours été claires: nous ne faisons pas d'alliance avec le FN, mais nous parlons à ses électeurs, comme à tous les Français, sans distinction et nous entendons leur vote qui participe au débat républicain et démocratique".

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