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Canailles lance «Manger du bois», son premier album, à la Sala Rosa (PHOTOS)

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Canailles lance «Manger du bois», son premier album, à la Sala Rosa.
Canailles lance «Manger du bois», son premier album, à la Sala Rosa.

MONTRÉAL - Ces sympathiques polissons se sont décriés frères de sang Canailles il y a plus ou moins deux ans. Au départ, le plaisir, la dégaine et la musique étaient leurs premiers carburants. Au fil du temps, il ont gratté beaucoup et trouvé un équilibre débalancé dans cette formation octogène, jusqu’à trimbaler leurs outils sur différentes scènes de la province pour y jouer, à leur manière, une musique swampy-blues-cajun-rock-franco-keb-country résolument party. Jeudi soir, ils ont lancé à Montréal leur premier album «Manger du bois».

«Cabochons? On ne deviendra jamais autre chose. C’est un désordre organisé qui plait à notre groupe. On adore la liberté, la spontanéité, l’esprit de gang, d’envoyer Erik Evans (voix, mandoline) devant une petite table du bar montréalais (d’affection) le Quai des Brumes, deux jours avant le lancement.»

«Un ours brun ne peut pas se transformer en ours blanc. On veut être le plus sincère et le plus authentique possible», renchérit Daphné Brissette, l’envoutante voix du groupe. «Et notre façon de faire prend sa source dans la musique et le bonheur d’être ensemble. Trouver l’harmonie à huit demande beaucoup de compréhension, d’ouverture, c’est sûr. Une fois atteinte, cette folie de meute devient notre force.»

Lumineux bricolage de sons inspirés de l’autre territoire, celui de la forêt, de la plaine et des marais, l’opus «Manger du bois» (il y a aussi eu un EP, plus râpeux, plus gras) respire quelque chose de joyeusement imparfait; on sent les sourires, la botte qui frappe le plancher, une corde de guitare accrochée nonchalamment au passage de la main. On entend aussi au loin des échos qui ressemblent au travail de Lisa Leblanc et Bernard Adamus (qui est monté sur scène durant le spectacle).

En disque ou en concert, il y a un rien de miraculeux dans cette musique brinquebalante. On apprécie ce charme déjanté, cette fougue amicale, ce délire encadré... même si, dans les chansons, la peau plie comme le plomb (La route), la pauvreté taraude la vie (Bien-être), la jalousie pétrit la raison (pièce no 12 – celle cachée) et que parfois les jours sont gris (Parle-moi).

Pessimiste? Non, pas vraiment. Juste contrasté. Des histoires urbaines du quotidien livrées avec bonhommie aux rythmes des accordéon, banjo, mandoline, planche à laver, guitare, batterie, trompette, clochette, contrebasse, harmonica… Et, bien sûr, des voix portées par quatre artistes. Peut-être plus, sait-on jamais. Il y a bien un triangle caché sur l’album, qui à son tour cache une toune!

La folie de Socalled

Véritables gredins, on en doute. Petits malins, c’est certain. Pour donner corps à cette inspiration partagée mais mal maîtrisée, les membres de Canailles ont demandé au musicien montréalais flyé Socalled - populaire génie du bidouillage et de l’orchestration, créateur éclectique, savant fou des sons patentés et de la mise en scène (pensons à ses fameuses marionnettes) - de les guider.

«C’est un vrai magicien. Comme réalisateur, Socalled nous a beaucoup aidé. Il a tiré le meilleur de nous-mêmes. Il a donné de la structure dans cette volonté de créer une ambiance de spectacle sur le disque. Il s’est aussi grandement investi dans les voix. Il faut dire qu’on adorait tous la folle énergie de Socalled», racontent Erik et Daphné.

Ça ricane, ça grince, ça dérape

Disons-le, ces joyeux lurons savent rassembler. La Sala Rosa, pleine à craquer pour le lancement de l’album, a été le théâtre d’un véritable pow wow. Des animaux empaillés disposés ici et là dans la place donnaient le ton. Tout comme la cabane Tab à snack, où l’on vendait disques, t-shirts et cossins. Mais malgré une entrée en scène de feu (Le cirque, Blues des pattes), des danses traditionnelles dans la foule et de l’euphorie contagieuse, leur travail sur les planches aura besoin d’une touche de rigueur et visiblement plus de direction. Trop de dérive, c’est comme pas assez… Ou trop de vin dans le civet.

«Manger du bois» est plus réussi sur cd que sur scène, mais ces Canailles sont remplis de promesses. Il faudrait que Socalled, qui est apparu en fin de soirée, ait aussi envie d’orchestrer la tournée de ces shows lapins.

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