Guy Lafleur verrait mal Patrick Roy comme entraîneur du Canadien

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Guy Lafleur verrait mal Patrick Roy comme entraîneur-chef du Canadien de Montréal. (CP) | CP

MONTRÉAL - Guy Lafleur verrait mal Patrick Roy comme entraîneur-chef du Canadien de Montréal, estimant que son côté impulsif risquerait de lui nuire considérablement.

«Patrick, c'est un impulsif et c'est un gars qui dit ce qu'il pense, a expliqué l'ancien numéro 10 du Canadien en entrevue avec La Presse Canadienne. Lorsque tu gagnes, ça passe dans les médias mais lorsque tu perds, tu deviens une cible et Patrick, comme entraîneur, serait plus une cible au niveau médiatique par rapport à son tempérament. Je ne dis pas qu'il ne serait pas capable de le prendre, mais je le verrais davantage comme directeur général.»

Lafleur n'a pas caché que la désastreuse saison du Tricolore avait été difficile à accepter, surtout qu'il a beaucoup voyagé à travers le Canada, où les fans du Tricolore sont nombreux, au cours de la dernière année.

«Ça fait mal et c'est un peu gênant de parler du Canadien de Montréal lorsque tu vis des situations comme ça», a-t-il reconnu.

Il n'est toutefois pas surpris outre mesure de ce résultat à la lumière des performances de l'équipe depuis le lock-out.

«Le Canadien de Montréal, dans les dernières années, est entré en séries éliminatoires par la porte d'en arrière. Ce n'était qu'une question de temps avant que ça saute et, cette année, ç'a été le cas. Les blessures n'ont pas aidé mais quand même, l'équipe en général n'a pas bien joué.»

Il ne craint d'ailleurs pas d'utiliser le terme de reconstruction pour décrire la tâche qui attend le prochain directeur général. S'il est d'accord pour dire que celui-ci devra être bilingue par respect pour le public, Lafleur croit toutefois que le Canadien doit regarder ailleurs que dans le «Old boys club».

«Ce que ça prend à Montréal, c'est du sang nouveau, affirme-t-il. Je trouve malheureux que les instructeurs, les directeurs généraux semblent assurés d'une carrière de 30 ans parce qu'ils font le tour de la Ligue et ils se protègent tous entre eux. Ça prend du sang nouveau à Montréal, des gens compétents et des gens avec une nouvelle vision.»

Il ne croit pas pour autant que Geoff Molson ait fait fausse route en recrutant Serge Savard comme conseiller spécial, se disant convaincu que ce dernier a conservé de nombreux contacts dans le milieu.

Quant aux joueurs, Lafleur reconnaît que l'embauche de francophones représente une valeur ajoutée pour l'équipe mais précise que ce critère ne doit pas avoir préséance.

«Il ne faut pas aller chercher des francophones pour le fun d'aller chercher des francophones parce qu'on on a besoin de francophones au sein de l'organisation. Si le joueur n'est pas talentueux ou s'il n'est pas adéquat, un joueur de 4e trio, ça reste un joueur de 4e trio.»

En contrepartie, il affirme que l'équipe montréalaise ne peut plus se permettre de laisser passer des talents francophones de premier plan comme il l'avait fait à son époque en repêchant Doug Wickenheiser plutôt que Denis Savard ou, plus récemment, en laissant passer Claude Giroux, des Flyers, qui a terminé au troisième rang des marqueurs de la LNH cette saison et à qui le Canadien avait préféré le défenseur David Fischer, qui évolue pour les Everblades de la Floride de la East Coast Hockey League et n'a disputé que deux matchs en carrière dans la Ligue américaine

«Denis Savard a eu une carrière extraordinaire avec les Blackhawks de Chicago, a rappelé Lafleur. Ce sont des erreurs comme celles-là qu'il ne faut plus se permettre de faire dans un avenir rapproché.»

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