Des étudiants bloquent deux entrées du port de Montréal

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Les étudiants se sont d'abord réunis à la station de métro Préfontaine avant de se rendre à la station Langelier pour ensuite rejoindre le port de Montréal à pied. (Photo SRC)
Les étudiants se sont d'abord réunis à la station de métro Préfontaine avant de se rendre à la station Langelier pour ensuite rejoindre le port de Montréal à pied. (Photo SRC)

(Radio-Canada.ca) - Des étudiants en grève bloquent deux entrées du port de Montréal, dans une nouvelle action de perturbation économique pour dénoncer la hausse des droits de scolarité.

Des policiers sont sur place et viennent de donner verbalement un avis d'éviction aux manifestants qui n'ont pas bronché. La manifestation se déroule dans le calme.

Les étudiants se sont d'abord réunis à la station de métro Préfontaine, dans Hochelaga-Maisonneuve, avant de se rendre à la station Langelier pour ensuite rejoindre le port de Montréal à pied.

Il s'agit de la troisième perturbation au port de Montréal depuis le début du mouvement de grève.

D'autres rassemblements sont prévus aujourd'hui à Montréal : à l'Université de Montréal, au parc Raymond-Préfontaine, au Cégep du Vieux-Montréal, à la place Pasteur (près de l'UQAM) et au parc Émilie-Gamelin pour faire entendre leurs doléances.

Ce dernier rassemblement se déroulera sous le slogan « Line, ta yeule ». Les manifestants sont invités à apporter des pancartes prenant pour cible la ministre de l'Éducation Line Beauchamp, avec laquelle les leaders du mouvement disent vouloir discuter.

La grève, qui en est à sa 57e journée, se poursuit malgré la réduction de la marge de manoeuvre des universités et des cégeps pour sauver la session. Certaines institutions ont déjà dit qu'au-delà du 10 avril, elles ne pourraient garantir que le trimestre pourrait être complété.

Des leaders étudiants affirment qu'il s'agit là d'une tactique visant à faire pression sur les grévistes pour qu'ils retournent en classe. Depuis une semaine, les étudiants du Collège d'Alma, du Cégep de Matane et ceux des cycles supérieurs de l'Université Laval ont tous voté pour mettre un terme à la grève.

Plus de 178 000 étudiants québécois poursuivent leur mouvement de grève lancé à la mi-février pour contester la hausse des droits de scolarité de 1625 $ en cinq ans décrétée par le gouvernement libéral de Jean Charest.

Lundi, des centaines de personnes se sont réunies au parc Émilie-Gamelin dans le cadre d'un rassemblement intitulé « Vers un printemps québécois », et une douzaine d'autres à la place d'Youville, à Québec. Les leaders étudiants ont dit souhaiter que cet événement soit le point de départ d'une mobilisation plus large de la population québécoise.

La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a annoncé la tenue d'une grande manifestation samedi, date du 9e anniversaire de la prise de pouvoir du gouvernement Charest. La manifestation doit réunir des groupes syndicaux, communautaires et féministes.

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) affirmait lundi qu'elle souhaitait entrer en négociations le plus rapidement possible avec la ministre de l'Éducation. Son président, Léo Bureau-Blouin, disait espérer qu'une rencontre ait lieu mercredi ou jeudi.

Session compromise?

Selon le PDG de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), Daniel Zizian, « chaque jour qui s'ajoute rend la situation difficile pour sauver la session ou les cours pris par les étudiants ».

En entrevue dimanche à RDI, M. Zizian a expliqué que les deux tiers des étudiants suivaient leurs cours normalement, et qu'un certain nombre d'associations avaient voté pour une reprise des cours depuis la grande manifestation du 22 mars dernier.

Selon M. Zizian, les étudiants membres des associations ayant entrepris leur mouvement de grève à la mi-février sont dans la situation la plus difficile. Il a donné l'exemple de l'UQAM, qui a calculé qu'une reprise des cours mardi reporterait la fin de la session au 27 mai.

Considérant que des locaux et des ressources seront alors requis pour la session printemps-été, cela pourrait poser problème. Des cours pourraient être annulés ou suspendus, c'est-à-dire repris dans une session ultérieure.

« Il n'y aura aucun compromis de la part des établissements universitaires à l'égard de la qualité de la formation », a résumé le PDG de la CREPUQ. « Les universités souhaitent pouvoir compléter la session dans des délais raisonnables, mais si on n'est pas en mesure de le faire compte tenu des éléments pédagogiques qui doivent être mis dans le cours, le cours sera soit annulé soit suspendu, c'est-à-dire repris à une autre session ».

La présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, affirme que la grève a coûté 100 millions de dollars jusqu'à présent au gouvernement. M. Zizian estime cependant qu'il est trop tôt pour faire de telles estimations.

Des étudiants veulent intenter un recours collectif

Entre-temps, des étudiants regroupés au sein du Mouvement des étudiants socialement responsables du Québec comptent intenter un recours collectif contre toutes les institutions ou les organismes pouvant être tenus responsables de la grève.

Les universités, les cégeps, les associations étudiantes et les syndicats pourraient notamment être visés, indique leur porte-parole, Simon Talbot. « On va essayer de ratisser le plus large possible et vraiment trouver toutes les personnes qui sont responsables de cette grève-là », a-t-il expliqué mardi sur les ondes du Réseau de l'information.

Selon lui, les institutions ont leur part de responsabilité puisqu'ils demandent à leurs professeurs de ne pas franchir les piquets de grève des étudiants et ne pas enseigner s'il n'y a pas assez d'étudiants dans les classes.

M. Talbot affirme que le recours collectif arguerait que la grève va priver les étudiants d'un enseignement qu'ils ont pourtant payé et les privera aussi d'heures de travail durant l'été, en raison des sessions qui devront être prolongées.

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MANIFESTATION DU 22 MARS 2012
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