Grève étudiante: Un juge ordonne la reprise des cours au cégep d'Alma

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Les étudiants ont manifesté, vendredi, dans les rues de Saguenay. (Radio-Canada.ca)
Les étudiants ont manifesté, vendredi, dans les rues de Saguenay. (Radio-Canada.ca)

(Radio-Canada.ca)

Les étudiants du Cégep d'Alma devront se présenter en classe dès lundi, après que le juge Jean Lemelin ait accepté la requête en injonction d'une étudiante opposée à la grève.

La grève a été amorcée le 19 mars au Cégep d'Alma. Les étudiants ont tenu deux votes avant d'entreprendre leur débrayage. Lors du premier scrutin, ils avaient rejeté le recours à la grève, puis l'ont accepté lors d'un second vote.

Sophie Déry réclamait la reprise des cours, estimant que le deuxième vote du 7 mars n'était pas légal parce que les règlements de l'assemblée générale n'auraient pas été respectés.

La requérante soutenait qu'il y avait eu des irrégularités dans la constatation du quorum, dans la présentation des bulletins de vote ainsi que dans l'aménagement de certains isoloirs pour le vote.

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Pour sa part, l'association étudiante soutenait qu'elle avait agi de bonne foi et que, de toute façon, le vote de grève avait été reconfirmé lors d'une autre assemblée vendredi dernier.

Le directeur général du collège d'Alma, Bernard Côté, précise que la décision du juge Lemelin sera respectée. « Techniquement, l'association ne pourra plus tenir de ligne de piquetage et nous, nous offrirons nos cours de façon normale pour toute la durée de la semaine », dit-il.

L'injonction interlocutoire est en vigueur jusqu'au 10 avril, alors qu'elle sera débattue devant le tribunal.

Nouvelle manifestation à Saguenay

Pendant ce temps, la manifestation d'une trentaine d'étudiants de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), dans les rues de l'arrondissement de Chicoutimi, a perturbé la circulation en avant-midi. Les étudiants n'avaient pas communiqué leur itinéraire aux policiers.

La manifestation a donné lieu à plusieurs gestes de frustration de la part d'automobilistes en colère. La file d'attente derrière les manifestants atteignait près d'un kilomètre, à certains moments.

De leur côté, des manifestants disent que l'un d'entre eux a été heurté par le véhicule du porte-parole de la Sûreté municipale de Saguenay, Bruno Cormier. Ils soutiennent que le policier leur a fait des menaces et auraient l'intention de porter plainte.

Questionné à ce sujet, M. Cormier affirme que les étudiants vérifient leur patience. « Il y en a qui nous testent tout au long du parcours. Ils tentent de bloquer les véhicules patrouilles, se jettent carrément devant les patrouilles pour voir comment on va réagir. C'est ce qui s'est passé aujourd'hui », soutient-il.

Par ailleurs, une pétition circule à l'UQAC pour réclamer un nouveau vote de grève. La présidente du Mouvement des associations générales étudiantes MAGE-UQAC, Johannie Tremblay, mentionne qu'une nouvelle assemblée sera convoquée dès qu'une demande avec 400 noms lui sera acheminée, comme le prévoient les statuts et règlements.

Jeudi, une vingtaine de professeurs de l'UQAC ont signé un communiqué pour condamner le recours aux forces policières pour déloger les manifestants du campus de l'université.

En début de journée vendredi, une dizaine d'étudiants de l'UQAC ont tenu des piquets de grève devant des salles de cours dès 7 h.

Les gardiens de sécurité de l'université se sont rendus sur place et ont demandé aux étudiants de quitter les lieux, mais ils ont refusé d'obtempérer. Les manifestants affirment qu'ils exercent légalement leur droit de grève.