Budget Flaherty: les services correctionnels devront réaliser des économies, malgré C-10

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OTTAWA - Pendant qu'il augmente les peines d'emprisonnement pour certains crimes, le gouvernement fédéral réduit le budget des services correctionnels canadiens.

Dans son budget déposé jeudi à la Chambre des communes, le ministre des Finances Jim Flaherty n'épargne pas le ministère de la Sécurité publique.

Or, le gouvernement fédéral a récemment adopté le projet de loi C-10 qui allonge les peines d'emprisonnement pour certains crimes, au grand dam de Québec, qui craint d'être pris avec les coûts supplémentaires de ces mesures décidées unilatéralement par Ottawa et qu'il dénonce avec vigueur, surtout pour ce qui est des jeunes contrevenants.

Et malgré cet allongement des peines d'emprisonnement pour certains crimes, le ministère fédéral de la Sécurité publique subira une ponction de 179,4 millions $ en 2012-2013. De cette somme, près de la moitié, soit 85,5 millions $, devra être puisée dans le budget des services correctionnels du Canada.

En 2014-2015, les économies devront avoir atteint 295,4 millions $ aux services correctionnels du Canada et globalement 687,9 millions $ au portefeuille de la sécurité publique.

Le budget Flaherty rappelle que «le gouvernement n'a érigé aucune prison depuis 2006 et n'a nullement l'intention d'en construire de nouvelles».

Les services correctionnels devront donc réaliser d'autres «gains d'efficience opérationnelle» et mieux utiliser leurs «installations existantes», précise-t-on dans le budget de 564 pages.

La Commission des libérations conditionnelles du Canada sera aussi mise à contribution puisqu'elle aussi devra générer des économies, soit de 1,6 million $ en 2012-2013 et ultimement 4,8 millions $ en 2014-2015.

Les autres postes budgétaires du ministère de la Sécurité publique sont aussi touchés, comme la Gendarmerie royale du Canada, qui doit livrer 44,4 millions $ en 2012-2013. Le budget Flaherty précise que la GRC devra «continuer de cibler des gains d'efficience administrative et opérationnelle, tout en minimisant les retombées sur les opérations directes de ses services policiers».

L'Agence des services frontaliers du Canada devra aussi trouver 31,3 millions $ en 2012-2013, dans un contexte où le Canada veut se montrer plus sévère aux frontières. Le budget Flaherty indique que l'Agence «rationalisera ses services internes et rajustera les processus peu performants».

Le Service canadien du renseignement de sécurité devra pour sa part réaliser des économies de 13,7 millions $ en 2012-2013, encore une fois dans un contexte où le Canada veut se montrer plus assidu dans sa lutte contre le terrorisme.