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Omar Khadr pourrait rentrer au Canada en mai, si Ottawa et Washington coopèrent

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OMAR KHADR RETOUR CANADA
Crquis de Omar Khadr. (AP) | AFP/Getty Images

TORONTO - Omar Khadr pourrait être de retour au Canada d'ici la fin du mois de mai, Ottawa et Washington étant disposés à autoriser son départ de la prison de Guantanamo, où le criminel de guerre reconnu coupable est détenu depuis près d'une décennie, a appris La Presse Canadienne.

Une source au fait du dossier a indiqué que le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, devrait signer l'ordre de transfert d'ici une semaine.

Khadr est coincé dans un imbroglio bureaucratique depuis qu'il est devenu admissible à quitter la prison américaine à Cuba, en octobre dernier, en vertu des termes d'un accord de culpabilité conclu une année auparavant.

Originaire de Toronto et aujourd'hui âgé de 25 ans, Khadr a plaidé coupable, devant une commission militaire américaine, à cinq accusations de crimes de guerre qu'il a commis en Afghanistan, en juillet 2002, alors qu'il avait 15 ans.

En échange, le citoyen canadien a écopé une peine de huit ans de prison, avec un an à purger à Guantanamo et le reste au Canada.

Le gouvernement Harper ne s'est toutefois pas empressé d'approuver la demande de transfert, soumise par les avocats de Khadr aux deux gouvernements il y a un an.

Selon la source, Ottawa a en effet examiné de très près la demande de transfert, se penchant sur des questions comme l'admissibilité à une libération conditionnelle, qui serait quasiment immédiate.

«Je crois qu'ils ont ralenti les procédures; les États-Unis l'auraient renvoyé chez lui beaucoup plus tôt si les détails avaient été réglés du côté du Canada», a déclaré la source.

«Les États-Unis ne veulent pas agir sommairement et autoriser son transfert sans que le Canada ait tout préparé de son côté. C'est une question de courtoisie diplomatique.»

En vertu du processus qui doit aller de l'avant, le retour de Khadr en terre canadienne pourrait survenir d'ici la fin du mois de mai, a ajouté la source.

Le porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel Todd Breasseale, a confirmé que le secrétaire de la Défense attendait qu'Ottawa donne son accord pour le transfert de Khadr, et que les procédures allaient de l'avant.

Aux Communes, mercredi, le ministre de la Sécurité publique Vic Toews a simplement déclaré que les Américains n'avaient fait aucune demande officielle pour le transfert de Khadr, et qu'aucune décision n'avait été prise.

«Si une demande est reçue, elle sera traitée en vertu de la loi», a dit le ministre.

L'avocat de Khadr nommé par le Pentagone, le lieutenant-colonel Jon Jackson, qui a négocié l'accord de culpabilité, a laissé entendre que son client avait eu plus de difficulté à accepter le délai dans le transfert qu'il n'en avait eu lorsqu'il a admis sa culpabilité.

«Omar est très frustré; cela ne change rien, à ses yeux, de savoir qui discute de la question», a dit Me Jackson mercredi, à Washington.

La leçon à tirer de Guantanamo, affirme le lieutenant-colonel, est que «peu importe ce que vous avez comme documents», réussir à faire avancer les choses sera «problématique» une fois que les gouvernements s'en mêleront.

En privé, certains avocats de la défense révèlent que leurs clients de Guantanamo Bay sont devenus réticents à l'idée de conclure eux aussi des accords de culpabilité en raison des délais dans le cas de Khadr.