Aveos : les syndiqués déçus de leur rencontre avec le ministre des Transports

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Les 2600 employés d'Aveos restent sur leur faim après leur rencontre avec le ministre fédéral des Transports, Denis Lebel. (THE CANADIAN PRESS/Sean Kilpatrick/archives)
Les 2600 employés d'Aveos restent sur leur faim après leur rencontre avec le ministre fédéral des Transports, Denis Lebel. (THE CANADIAN PRESS/Sean Kilpatrick/archives)

RADIO-CANDA - Les 2600 employés d'Aveos restent sur leur faim à la suite de leur rencontre de 45 minutes avec le ministre fédéral des Transports, Denis Lebel. Ce dernier a refusé de s'engager à intervenir, se contentant de dire qu'il étudie le dossier.

M. Lebel précise qu'il étudie la loi qui traite des responsabilités d'Air Canada afin de déterminer quelles sont les obligations du transporteur. Il a de plus annoncé après la rencontre qu'il demandait au Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités d'entendre Air Canada, Aveos, le syndicat et les experts concernant la fin des activités d'Aveos. Le comité sera ainsi chargé de lui remettre un rapport de ses conclusions.

« Nous voulons des actions vives faites par notre gouvernement », soutient le porte-parole de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale (AIMTA), Jean Poirier. « Aujourd'hui, on a une loi fédérale qui est bafouée par Air Canada, qui n'est pas respectée par le gouvernement conservateur. On veut que ça bouge. »

Les anciens employés d'Aveos, mis à pied la semaine dernière, auraient voulu qu'Ottawa intervienne immédiatement dans le dossier pour forcer Air Canada à reprendre l'entretien de ses appareils. Le transporteur aérien aurait ainsi dû réembaucher les employés et assurer lui-même l'entretien de ses aéronefs en attendant que le dossier d'Aveos se règle devant les tribunaux.

Les syndiqués craignent que les procédures judiciaires s'étirent en longueur pendant que les employés demeurent sans emplois.

Les représentants de l'AIMTA estiment qu'Ottawa doit se commettre et s'imposer face au transporteur national. Ils plaident que si le gouvernement fédéral a investi 11 milliards de dollars dans le plan de sauvetage de General Motors, une entreprise américaine, pour sauver 3000 emplois en Ontario, il doit faire de même pour les ex-employés d'Aveos.

« Le moyen de bouger vite, c'est que ce gouvernement-là se réapproprie une partie d'Air Canada pour qu'il s'assoie au conseil d'administration. » — Jean Poirier

Réaction du nouveau chef du NPD

Le nouveau chef du NPD, Thomas Mulcair, a également rencontré les anciens employés d'Aveos, lundi à Ottawa. M. Mulcair estime que les derniers événements dans le dossier d'Aveos font parti d'un plan esquissé par Air Canada. « Ça fait trois ans que je travaille avec les syndiqués d'Aveos et ils sont extrêmement préoccupés, rappelle M. Mulcair. Ils voyaient ça venir, grand comme une maison. »

« C'est une trahison de la parole donnée et par le gouvernement canadien et par les conservateurs parce que c'était inscrit dans la loi que les bases d'entretien et de maintenance restaient à Montréal, Winnipeg et Vancouver », poursuit M. Mulcair.

« C'est écrit dans la loi, la loi n'a jamais changé. » — Thomas Mulcair

Le chef du NPD souligne que les procédures judiciaires peuvent être longues. Il croit que le gouvernement tente de créer « un fait accompli », qui rendrait tout retour en arrière difficile.

Les travailleurs doivent rencontrer le chef du Parti libéral, Bob Rae, et des députés du Bloc québécois.

Aveos

Aveos était une division d'Air Canada avant de devenir une compagnie indépendante en octobre 2007. Aveos s'occupait de faire l'entretien de toute la mécanique des Airbus et Embraer du transporteur.

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