NPD: Thomas Mulcair devra se montrer à la hauteur des attentes

Thomas Mulcair

Première Publication: 25/03/2012 14:14 Mis à jour: 25/03/2012 19:52

TORONTO - L’ancien député du NPD Phil Edmunston estimait qu’une défaite de Thomas Mulcair à la direction du NPD aurait été perçue comme une« insulte magistrale» au Québec. L’insulte ne s’est pas produite.

La victoire de Thomas Mulcair, même à l’arrachée, est la suite logique de la vague orange qui a déferlé sur le Québec le 2 mai. Le NPD a trouvé un second souffle au Québec, et cet écho se fait entendre ailleurs au pays, où les néo-démocrates et les conservateurs sont à égalité dans les intentions de vote.

Bien sûr, il a fallu quatre tours et une victoire peu éclatante dans un congrès interminable. Mais comme le confiait le député du NPD Matthew Dubé samedi soir, si on se rappelle du congrès pour son extraordinaire cafouillage informatique, après les divisions qui ont émaillé la course au leadership, «c’est bon signe».

Parce que comme l’indique Chantal Hébert, une odeur, voire un désir flottait chez les délégués réunis à Toronto: celle du pouvoir. Et l’ambition de Thomas Mulcair à diriger n’est pas un secret.

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Fondateur du NPD au fédéral, il a aussi été premier ministre de la Saskatchewan pendant 17 ans.

Malgré les mises en garde des vieux routiers comme Ed Broadbent, les membres du NPD ont choisi le candidat qui a le plus de chances de les mener au gouvernement. Ils veulent que leur parti dépasse le stade de conscience canadienne pour atteindre celui de gagnants - quitte à froisser l’establishment. Et la perspective d’un succès à la Tony Blair ne les dérangerait pas, loin de là.

En cela, le NPD n’est plus le parti monolithique qui hésitait il y a à peine deux ans à se départir de l'étiquette de socialisme dans ses statuts. Le nombre de membres qui distribuaient des feuillets marxistes-léninistes à l’entrée du congrès était d’ailleurs plus bas qu’au précédent, m’a-t-on dit.

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Le véritable perdant de cette course ne se trouve probablement pas parmi les candidats du NPD. Les efforts de Bob Rae pour redorer le blason des libéraux fédéraux au Québec seront peut-être vains.

Les libéraux avaient davantage la stature d’une opposition officielle que le NPD l’automne dernier, en Chambre, devant une Nycole Turmel et de jeunes députés fort inexpérimentés. Mais le retour des Nash, Cullen et Ashton devraient redonner du tonus à une opposition qui en a besoin.

Surtout, le NPD s’est donné avec Mulcair un chef plus centriste, certes, mais pugnace, qui saura aussi frapper les conservateurs en Chambre là où ça fait mal. Ce que les chefs de l’opposition précédents, Stéphane Dion et Michael Ignatieff, n’ont jamais réussi à faire.

Entre Mulcair, un libéral provincial converti en néo-démocrate fédéral, et Bob Rae, un néo-démocrate provincial converti en libéral fédéral, les libéraux perdent la force d’attraction qui était la leur. La possibilité que Bob Rae demeure à la tête du PLC de façon permanente est maintenant plus hypothétique.

Quant à Stephen Harper, il trouve enfin un adversaire coriace – dont les conservateurs ont déjà commencé l’entreprise de démolition à trois ans d’un éventuel scrutin, ce qui montre la menace que Mulcair peut représenter.

Et comme l'écrit Jean-François Lisée, Pauline Marois risque elle aussi de faire les frais du choix de Thomas Mulcair. La forte remontée du Parti québécois dans les sondages et, dans une moindre mesure, celle de la souveraineté, sont directement liées aux politiques du gouvernement Harper. Et à l’incapacité chronique du NPD à s’y opposer de manière convaincante.

La pression, malgré tout, est maintenant sur les épaules de Mulcair, qui devra être à la hauteur des attentes. Non seulement avec le retour en Chambre lundi, mais à moyen terme. Les coups de gueule sont une chose, la cohésion d’une équipe et d’un discours en est une autre.

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  • Thomas Mulcair

    NDP Leader Thomas Mulcair comments on the federal budget in the Foyer of the House of Commons on Parliament Hill in Ottawa Thursday March 29, 2012. If there was any doubt that Thomas Mulcair's political universe revolves around Quebec, it was dispelled by his response to Thursday's federal budget. (THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld)

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    NDP Leader Thomas Mulcair addresses the Economic Club of Canada in Ottawa, Thursday April 5, 2012. (THE CANADIAN PRESS/Fred Chartrand)

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