Printemps des étudiants québécois: les positions se durcissent (PHOTOS/VIDÉO)

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(Nicolas Laffont/Le HuffPost Québec)
(Nicolas Laffont/Le HuffPost Québec)

Le Huffington Post Québec a passé toute une semaine avec des étudiants qui sont contre la hausse des frais de scolarité et avec leurs opposés, ceux qui sont pour. Rencontre avec les mouvements étudiants qui se cachent derrière les carrés de tissu rouge et vert.

En discutant avec des étudiants contre ou pour la grève, on remarque qu’ils parlent tous des «verts» ou des «rouges» pour désigner leurs adversaires. On se souviendra que c’est lors de la grève étudiante de 2005 qu’est apparu pour la première fois le carré d’étoffe rouge. Devenu populaire, on l’a revu plusieurs fois et il est devenu le symbole de l’endettement des étudiants québécois et de la mobilisation contre la hausse des frais de scolarité.

Des 440 000 étudiants et élèves du Québec, plus de la moitié, provenant de 160 associations étudiantes, sont désormais en grève et tiennent une importante manifestation cet après-midi, jour de l’adoption du budget du gouvernement québécois. On parle même de 300 000 grévistes pour cette journée d’actions.

Chez les «rouges»
«La manifestation du 22 mars est importante, mais l’après-22 mars l’est tout autant», lance le coporte-parole de la Coalition large pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois.

Jeanne Reynolds, l’autre coporte-parole de la CLASSE, s’attend d’ailleurs à ce que la lutte continue encore un bon moment. « Il ne faut pas croire qu’après le 22 mars, c’est fini. Au contraire, ce n’est que le début ! », indique-t-elle en entrevue.

D’autres actions sont à prévoir dans les prochaines semaines, à commencer par des «perturbations économiques» à compter de lundi.

Faut-il s’attendre à une radicalisation du mouvement au fil des semaines qui passent et avec l’approche de la fin de session d’hiver? La réponse est oui pour Gabriel Nadeau-Dubois. Même si la CLASSE ne peut cautionner de plus dures actions, elle ne les dénoncera pas. «Il y a une partie des étudiants qui commence sérieusement à s’impatienter et qui va prendre des moyens de plus en plus corsés, à commettre des actes de plus en plus radicaux, a-t-il lancé en conférence de presse. Ce serait mentir que de dire que c’est pas vrai.»

D’ailleurs, à l’occasion de la grande manifestation du 22 mars, les dizaines de milliers d’étudiants qui vont défiler dans les rues de Montréal devraient se diviser d’eux-mêmes en plusieurs sous-groupes pour mieux occuper le centre-ville et le paralyser sans que le mot d’ordre vienne d’en haut, des dirigeants de la CLASSE.

Au niveau des associations étudiantes, certaines d’entre elles appellent déjà à l’interne leurs membres à faire plus d’actions locales coup de poing, perturber des réunions, des cours, etc.

Chez les «verts»
Pendant ce temps, du côté des étudiants en faveur de la hausse des frais de scolarité, Marc-Antoine Morin, président du Mouvement des étudiants socialement responsables (MESRQ) défend avec vigueur la hausse. «C’est une nécessité. Les étudiants ne payent que 12 % des frais réels et ça passera à 17 % en 2017. Taxer encore plus des entreprises qui payent déjà beaucoup? Taxer les consommateurs? Chacun doit faire sa part.»

Actuellement en pleine restructuration, le mouvement des verts est en train de refaire surface. Marc-Antoine a indiqué au Huffington Post Québec être prêt très bientôt à transformer le mouvement en organisme sans but lucratif pour durer dans le temps. Les 3300 membres Facebook devraient apprécier.

«On n’est pas là pour défendre le gouvernement, poursuit Marc-Antoine. On est là pour défendre une idée qui nous semble justifiée. C’est juste dommage que la ministre ne s’implique pas davantage, mais c’est à nous de faire des choix et nous le faisons.»

De son côté, la ministre de l’Éducation Line Beauchamp persiste et signe : « Non je ne plierai pas. La décision est prise. Elle est juste, raisonnable et équilibrée. On demande aux étudiants de payer non plus 12 %, mais 17 % de la valeur de leur diplôme. Comme c'était le cas en 1968.» Cette année-là ne vous rappelle-t-elle pas quelque chose?

Si dans les prochains jours, aucun des camps ne décident de bouger, il est clair qu’il sera temps pour la ministre et pour les universités de commencer à penser à reporter la fin de session… ira-t-on jusqu’à l’annulation? «Ça ne s’est jamais vu au Québec », indiquent les leaders des mouvements rouge et vert… tout comme l’ampleur de la grève étudiante 2012!

Un beau printemps animé au Québec donc et qui semble vouloir perdurer tant et aussi longtemps qu’aucun des camps ne s’avoue vaincu.

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Grève étudiante: les rouges contre les verts
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