DIVERTISSEMENT

Daniel Lavoie en spectacle avec J'écoute la radio (PHOTOS) (VIDÉO)

15/03/2012 02:25 EDT | Actualisé 15/03/2012 11:22 EDT

Timide, Daniel Lavoie? Si c'est le cas, la gêne était restée au vestiaire mercredi soir, lors de sa première montréalaise à la Place des Arts.

De son propre aveu, Daniel Lavoie était bien trop timoré et solitaire pour devenir un chanteur. Ça n'aurait pas dû arriver, a-t-il assuré. Et pourtant, plus d'une vingtaine d'albums plus tard et des milliers de copies vendues (2 000 000 en Europe pour le seul titre «Ils s'aiment») , il revient en force sur scène. La voie de garage est devenue son destin. «Même si j'ai raté ma vie, a-t-il lancé en boutade, tout sourire, il y a des compensations, comme d'être ici avec vous ce soir.»

Il a commencé le spectacle debout avec sa guitare, accompagné de ses quatre musiciens, avec «Jours de plaine», «Où la route mène» et une mouture au tempo jazz plus marqué que sur disque de «La danse du smatte». Des versions qui déménagent. Trop sage, la Cinquième Salle de la PDA pour l'énergie contagieuse qui se dégageait des premiers morceaux. Vivement Daniel Lavoie dans une salle comme L'Astral ou le Club Soda. Le public était pourtant chaleureux, mais ailleurs, il aurait pu taper du pied ou se lever plus aisément.

En entrevue au Huffingtonpost Québec plus tôt cette semaine, Daniel Lavoie nous avouait d'ailleurs qu'il s'amusait comme un fou à refaire ses vieux tubes. «On m'a demandé souvent si j'en avais assez de chanter "Ils s'aiment". En répétition, c'est insupportable, mais quand les gens sont dans la salle, les chansons reprennent vie.»

Même s'il a de nouvelles chansons dans ses tiroirs, l'urgence d'en faire un album ne se fait pas sentir. La dernière année a été consacrée à réarranger les titres de son répertoire qu'il ne trouvait plus à son goût. Le résultat s'est retrouvé sur J'écoute la radio. Il explique ce choix en partie par une envie de revisiter ces chansons, sans les dénaturer, avec son regard d'aujourd'hui, et en partie par un besoin, pense-t-il, de se réapproprier ces enregistrements, dont il avait perdu les droits dans une mésaventure, il y a quelques années.

Heureux de cette réalisation (qu'il a bidouillé avec Marc Pérusse), le feu de la scène le brûle de nouveau. «J'ai besoin de faire du bruit! Dans mes dernières tournées, j'étais seul. Ça faisait longtemps que je n'avais pas fait de spectacle avec une bande de musiciens.» Ils sont cinq en tout. Hormis Daniel, on retrouve Mario Légaré à la contrebasse, José Major à la batterie, Andréanne Alain aux claviers et voix, et Marc Vallée à la guitare et au banjo.

Dans ce spectacle, tous ses succès sont de la partie, incluant deux titres de Notre-Dame-de-Paris. Cette comédie musicale dans laquelle il jouait le personnage de Frollo l'avait fait connaître à travers l'Europe, et il en vit les retombées encore aujourd'hui. Ses chansons ont beaucoup joué en Europe de l'Est particulièrement et le concert qu'il a donné à Moscou l'an dernier a été très bien reçu.

«La salle de 800 places était pleine et ça criait! Et ce qui est curieux, c'est que ce sont des jeunes, de 20 à 35 ans, je dirais, nous a-t-il confié lors de notre entretien. Beaucoup de gens de là-bas m'écrivent et me disent qu'ils ont appris le français juste pour comprendre mes chansons.»

De quoi donner envie d'y retourner. Cinq concerts sont prévus jusqu'à maintenant en Ukraine, Russie et Pologne pour juin. Daniel Lavoie tournera au Québec dans une quarantaine de salles et la première à Paris aura lieu en novembre à La Cigale, après la sortie de l'album J'écoute la radio en France en avril.

Après ses quatre rappels mercredi soir, Daniel Lavoie avait l'air encore frais et dispos, prêt à rejouer jeudi, pour son second spectacle à la Cinquième Salle.

Sophie Beaudet

En première partie, cette jeune auteure-compositrice-interprète est venue jouer quelques-unes de ses chansons à la guitare, tirées de son album Garçonne, paru le 21 février dernier. Accompagnée par son frère, le guitariste Jean-François Beaudet, la jeune chanteuse a plu au public de Daniel Lavoie avec sa voix plus qu'intéressante et ses compos folk-pop bien ficelées. Sa voix un peu faible dans les basses et son interprétation encore un peu retenue sont à développer, mais c'est une artiste à suivre. On reconnaît chez elle un petit quelque chose d'une Pascale Picard en français.

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Daniel Lavoie, 14 mars 2012, Cinquième Salle de la Place des Arts