Bell Média fait l'acquisition d'Astral Média

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COPE GREENBERG
Ian Greenberg et George Cope participent à la conférence de presse annonçant l'achat d'Astral par Bell. | PC

Bell Média a confirmé vendredi matin ce que le Huffington Post Québec rapportait jeudi soir: elle fait l'acquisition d’Astral Media.

La transaction est évaluée à 3,38 milliards de dollars, soit une prime de 39 % sur la valeur d'Astral en Bourse à la clôture de jeudi. À l'ouverture des marchés ce matin, l'action d'Astral gagnait 33 %.

Cette transaction majeure permettra à Bell Média d’avoir des assises encore plus solides partout au pays, mais particulièrement au Québec.

Astral possède 84 stations de radio à travers le Canada, dont 29 au Québec. L'entreprise opère également 22 chaînes de télévision payantes et spécialisées, dont Musique Plus, Musimax, Super Écran et Ciné Pop, de même qu'une division d'affichage extérieur. Sa capitalisation boursière est évaluée à 2 milliards de dollars, à 37,35 $ l'action à la fermeture jeudi.

De son côté, Bell Média possède le réseau CTV et ses 27 stations affiliées partout au pays. L'entreprise compte également une participation financière dans 30 chaînes de télévision spécialisées, dont RDS et TSN. Elle contrôle également 15 % des intérêts du quotidien The Globe and Mail et 33 stations de radio acquises de CHUM, de même que bon nombre de propriétés sur le web. Sa capitalisation boursière s'élève à 31,06 milliards de dollars, avec une action à 40,06 $ à la clôture jeudi.

Bell est à la recherche depuis des années de contenu et d’émissions afin d’alimenter ses multiples plateformes et augmenter sa pénétration des marchés canadiens. L’acquisition d’Astral s'inscrira dans la stratégie de convergence amorcée par Bell avec l’achat du réseau CTV en 2000.

Le président et chef de la direction d'Astral, Ian Greenberg, joindra le conseil d'administration de BCE à la clôture de la transaction.

«C'est un moment emballant dans l'histoire d'Astral, a affirmé M. Greenberg par communiqueé. Nous croyons que l'entente conclue avec Bell constitue une excellente opportunité pour Astral, ses actionnaires et ses employés. Après avoir été des partenaires commerciaux pendant 15 ans, nous nous connaissons bien et partageons de nombreuses valeurs importantes. Nos deux sociétés font naturellement la paire et je m'attends à voir nos marques se renforcer avec l'entrée dans la famille Bell.»

«Combinant deux marques montréalaises respectées de longue date, l'acquisition d'Astral par Bell fait de notre entreprise le chef de file des médias au Québec, a pour sa part indiqué le PDG de Bell, George Cope. Bell ajoute à son équipe la direction chevronnée d'Astral à l'échelle nationale et accroît considérablement son contenu francophone, et peut ainsi, plus que jamais, se mesurer à forces égales à son principal concurrent québécois dans les médias.»

Dans l'air depuis longtemps
Des rumeurs d'acquisition circulaient depuis une dizaine d'années concernant Astral. Même si ses différentes filiales connaissent une bonne croissance, plusieurs analystes du secteur des télécommunications estimaient qu'une acquisition par un gros conglomérat n’était qu’une question de temps.

L’empire Astral, détenu à 63,6 % par la famille Greenberg, faisait face à une concurrence serrée dans une industrie où les possibilités d'acquisitions se font de plus en plus rares.

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La transaction devra être approuvée par le CRTC, qui se penchera certainement sur la question de la concentration médiatique. Si elle ne devait pas de concrétiser, une indemnité de rupture pouvant atteindre 150 millions $ serait payable par Bell à Astral.

Les actionnaires d'Astral voteront sur la transaction d'ici le 25 mai.

La chaîne V aussi dans la mire
Par ailleurs, le HuffPost Québec a appris que Bell Média tente aussi depuis un certain temps de faire l'acquisition de la chaîne V, actuellement détenue par Remstar, l'entreprise des frères Julien et Maxime Rémillard.

Une telle acquisition ne serait pas tout à fait surprenante, puisque Bell cherche à se faire une place à la télévision au Québec. Or, V demeure la seule chaîne conventionnelle susceptible d’être acquise.

Depuis son acquisition par Remstar en 2008, V a lentement retrouvé le chemin de la rentabilité, après les déboires de TQS.

Une éventuelle prise de contrôle placerait Bell Média en concurrence directe avec Quebecor dans le marché québécois. Plusieurs risquent de se demander si l'entreprise n'aurait pas des visées dans le dossier de l'amphithéâtre de Québec et du retour possible d'une équipe de la LNH.

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