Recours collectif de 27 milliards de dollars contre les cigarettiers: début du procès

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Un important procès contre les grands fabricants de tabac s'est ouvert lundi à Montréal, dans le cadre de deux recours collectifs déposés il y a 14 ans. (Archives)
Un important procès contre les grands fabricants de tabac s'est ouvert lundi à Montréal, dans le cadre de deux recours collectifs déposés il y a 14 ans. (Archives)

(Radio-Canada.ca)

Un important procès contre les grands fabricants de tabac s'est ouvert lundi à Montréal, dans le cadre de deux recours collectifs déposés il y a 14 ans par les malades et les dépendants à la cigarette au Québec.

Les compagnies de tabac Imperial Tobacco, JTI Mac Donald et Rothmans Benson & Hedges sont accusées d'avoir tout fait pour accroître la dépendance des fumeurs à la nicotine. On leur reproche aussi d'avoir sciemment dissimulé les risques de la consommation de tabac pour la santé.

Les deux recours collectifs distincts seront entendus en même temps. Le premier, touchant 90 000 fumeurs et ex-fumeurs québécois, concerne des gens qui ont développé des maladies à la suite de leur consommation de tabac, comme des cancers du poumon, du larynx et de la gorge, ou qui ont souffert d'emphysème.

Le deuxième recours collectif touche 1,8 million de personnes dépendantes au tabac au Québec.

Les deux recours collectifs ont été autorisés en 2005. Le juge de la Cour supérieure disait à l'époque que les trois compagnies n'ont jamais communiqué de façon directe toute l'information sur les risques et les dangers de la consommation du tabac et que l'attitude des fabricants était surprenante et contradictoire.

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La preuve doit prendre environ un an, et la défense, tout autant. L'issue du procès ne sera donc pas connue avant la fin de 2013, à moins que les compagnies de tabac décident de régler le conflit à l'amiable.

Les fumeurs doivent « assumer les conséquences »

Selon Rob Cunningham, analyste principal des politiques de la Société canadienne du cancer, les compagnies de tabac doivent rendre publics tous les documents encore secrets pour révéler ce que ces compagnies savaient déjà des effets de la nicotine sur la santé des fumeurs et ce qu'elles ont exactement fait.
À l'origine d'un des recours, Cécilia Létourneau, qui fume toujours, dit être dépendante en raison des produits qui se trouvent dans les cigarettes.

« Mon plus grand espoir, c'est que les journalistes informent la population [...] pour qu'elle soit au courant [des effets de la nicotine], et arrête de véhiculer elle-même ce que l'industrie dit, à savoir que c'est une question de choix ou de volonté ».

De son côté, l'industrie se défend en arguant que les fumeurs connaissaient les risques qu'ils encouraient, et qu'elle a agi en toute légalité.

« Essentiellement, ce que nous disons, c'est que ça fait de nombreuses années, 40 ou 50 ans, que les dangers liés au tabagisme sont connus, et les gens qui décident de fumer doivent assumer les conséquences des choix qu'ils font », a déclaré Suzanne Côté, porte-parole d'Imperial Tobacco.

Des additifs chimiques

Le voile a été levé lorsque Jeffrey Wigand, qui travaillait pour la compagnie Brown &Williamson, fabricant des marques Pall Mall et Lucky strike, a révélé au début des années 90 que les compagnies ajoutaient des additifs chimiques dans le tabac pour accroître la dépendance à la nicotine.

Les patrons de ces compagnies ont tout nié en bloc devant le Congrès américain.

En janvier dernier, le Conseil québécois sur le tabac et la santé soulignait que le taux de tabagisme s'élève à 23 % au Québec. Le tiers des fumeurs sont des jeunes de 20 à 24 ans.

Selon le Conseil, un fumeur sur deux mourra des suites de son tabagisme. Il rappelle que les problèmes liés au tabagisme tuent 28 personnes par jour et que tabagisme fait 21e fois plus de morts que les accidents de la route.