Soirée des Jutra: Monsieur Lazhar de Falardeau pourrait tout balayer

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MONSIEUR LAZHAR JUTRA
Extrait du film «Monsieur Lazhar» (AP) | AP

MONTRÉAL - «Monsieur Lazhar» a presque tout raflé à la 14e cérémonie des Jutra, dimanche soir, au Théâtre Saint-Denis, avec sept trophées, dont ceux du meilleur film, de la meilleure réalisation, du meilleur scénario et les deux prix pour acteurs de soutien aux jeunes Sophie Nélisse et Émilien Néron.

Favori de cette soirée, Philippe Falardeau a notamment dédié sur la tribune des Jutra ces honneurs à «tous les réfugiés algériens qui ont refait leur vie au Québec».

«Ça me fait vraiment, vraiment plaisir. J'ai mis mon costume des Oscar de première communion», a d'abord dit Philippe Falardeau sur la scène des Jutra.

«Il y a 20 ans, j'étais dans la Course destination monde, alors qu'on donnait aux jeunes une caméra pour aller à la rencontre de l'autre, plutôt que de les mettre à l'écran dans un jacuzzi», a lancé le cinéaste, dans une flèche à l'omniprésence des téléréalités qui a suscité des applaudissements nourris du public.

En entrevue en coulisses, M. Falardeau a dit surtout vouloir partager ces honneurs avec toute l'équipe de «Monsieur Lazhar».

«Je suis surtout content pour les enfants qui ont gagné et pour Martin Léon (musique originale). Depuis six mois, et encore plus, j'ai eu ma dose de tapes dans le dos, alors j'espérais surtout pour mes collaborateurs. C'est un peu gênant de gagner autant. Je n'ai pas encore appris à recevoir toute cette reconnaissance, surtout qu'on m'appelle encore Denis Villeneuve dans la rue!», a exprimé M. Falardeau.

Émilien Néron et Sophie Nélisse, les deux jeunes acteurs au coeur du film «Monsieur Lazhar», avaient lancé le bal de cette soirée des Jutra en remportant les prix d'interprétation pour un rôle de soutien.

Émilien Néron a déclenché les rires dans l'assistance en déclarant à Philippe Falardeau vouloir à tout prix faire un autre film avec lui.

«Ce n'est pas tous les jours qu'on gagne un Jutra, c'est vraiment un honneur», a-t-il dit, lâchant un «Ayoye!» bien senti.

«Philippe Falardeau, tu vas tellement me manquer. Je veux tellement faire un autre film avec toi», a dit le jeune acteur.

Plus tard, Philippe Falardeau a blagué en disant: «Je veux bien retravailler avec toi... si tu réussis l'audition!»

Le film de Philippe Falardeau, inspiré du récit de la dramaturge Évelyne de la Chenelière d'un Algérien qui doit composer avec le deuil des élèves après le suicide de leur enseignante, a aussi valu à ses artisans le Jutra du meilleur son ainsi que la musique originale signée par Martin Léon.

Dans la catégorie du meilleur acteur, Gilbert Sicotte, dans la peau d’un vendeur d’automobiles complètement investi dans son travail dans une municipalité en déroute a été préféré au Monsieur Lazhar du comédien Mohammed Fellag. Il s’agit du seul prix remporté par «Le Vendeur», premier long métrage de Sébastien Pilote.

«C'est mon premier, j'ai toujours eu envie d'avoir un Jutra, a d'abord dit le comédien. C'est encore plus formidable car le personnage de Marcel Lévesque m'a troublé. Je ne dirai pas que c'est le meilleur rôle de ma vie parce que je vais en faire d'autres.»

«Monsieur Lazhar» a sinon échappé le prix du film s’étant le plus illustré à l’extérieur du Québec, qui a été remis à «Incendies» de Denis Villeneuve, qui avait presque tout raflé aux Jutra en 2011 et, comme le long métrage de Philippe Falardeau, avait été en lice pour le meilleur film en langue étrangère aux prestigieux Oscar.

«Café de Flore», de Jean-Marc Vallée, a obtenu trois prix, soit le Jutra de la meilleure actrice à Vanessa Paradis, et les récompenses sur les plans de la direction artistique et de la direction de la photographie. L'épique histoire d'amour entre le Paris des années 1960 et le Montréal d'aujourd'hui avait obtenu sept mises en nomination, mais n’était pas en lice pour le meilleur film ou le meilleur scénario.

«Coteau Rouge», du cinéaste André Forcier, avec notamment à l’affiche Céline Bonnier, Roy Dupuis et Mario Saint-Amand, repart les mains vides alors qu’il était le deuxième film le plus cité dans les mises en nomination.

«Starbuck», de Ken Scott, mettant en vedette Patrick Huard, a reçu le billet d’or pour le plus grand nombre d’entrées dans les salles.

Le prix du meilleur film d'animation est allé à «Dimanche», de Patrick Doyon, également en lice aux Oscar, il y a deux semaines.

Le Jutra du meilleur documentaire est allé à «Ce coeur qui bat», de Philippe Lesage.

Le film «Gerry» d'Alain Desrochers, consacré au regretté rockeur Gerry Boulet, a remporté les prix du meilleur maquillage et de la meilleure coiffure, décernés hors d'ondes.

Le Jutra des meilleurs costumes est allé aux artisans de «Pour l'amour de Dieu», de la cinéaste Micheline Lanctôt.

Un vibrant hommage a par ailleurs été rendu à Paule Baillargeon, qui s’illustre depuis plus de 40 ans devant et derrière la caméra.

Comme l'an dernier, la soirée était animée par Sylvie Moreau et Yves Pelletier.