Université Concordia: une pénalité de 2 millions $ imposée par Québec

Universite Concordia Penalite

Première Publication: 9/03/2012 16:17 Mis à jour: 9/03/2012 22:24

QUÉBEC - La générosité de l'Université Concordia envers ses cadres supérieurs va lui coûter cher.

En plein coeur d'un conflit qui l'oppose aux étudiants sur les droits de scolarité, Québec a annoncé vendredi une pénalité financière de 2 millions $ à l'institution anglophone pour l'année 2012-2013.

La prodigalité de l'Université Concordia, qui a accordé des indemnités de départ totalisant 3,1 millions $ à six membres de son personnel au cours des dernières années, est venue à bout de la patience du gouvernement.

Dans une lettre datée du 8 mars et transmise au président du conseil d'administration, Peter Kruyt, la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, dénonce «le caractère inapproprié de certains choix de gestion» de l'université.

«J'ai mentionné à plusieurs reprises mon inquiétude relativement à la succession de départs à l'Université Concordia et à l'incidence budgétaire qui en découlait. L'Université Concordia a fait preuve d'un manque de rigueur et elle doit faire face aux conséquences», a déclaré la ministre Beauchamp.

Invoquant les principes de saine gestion des fonds publics, la ministre a aussi signifié à l'université qu'elle se réservera le droit, pour 2012-2013, de lui dicter «ses obligations en matière de croissance de la rémunération globale» de ses dirigeants.

Le message doit être compris par l'ensemble des universités, a statué Mme Beauchamp.

«Le signal, c'est de dire aux universités: vous gérez avant tout des sommes qui proviennent des impôts, on ne peut pas gérer ça comme une entreprise comme une autre. Les universités sont autonomes, j'en conviens, mais il y a une responsabilité dans la gestion des sommes publiques. C'est un signal sans équivoque», a-t-elle affirmé à La Presse Canadienne.

Le président et vice-chancelier de l'Université Concordia, Frederick Lowy, a réagi par voie de communiqué en affirmant qu'il «comprend et partage les inquiétudes» de la ministre Beauchamp.

Il a précisé qu'une firme indépendante de vérification comptable entreprendra un examen de la gestion des ressources humaines à la haute direction de l'université.

«Nous n'hésiterons pas à mettre en oeuvre toute mesure qui résultera de cet examen», a-t-il ajouté.

La décision du gouvernement de sévir contre Concordia a pris par surprise l'opposition péquiste qui soulève depuis des mois des questions sur la gestion des dirigeants universitaires.

La députée Marie Malavoy soupçonne la ministre Beauchamp d'avoir posé ce geste inattendu pour calmer la grogne des étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité.

Les associations étudiantes en grève reprochent au gouvernement Charest de vouloir endetter davantage les étudiants alors qu'il fait preuve de laxisme envers les gestionnaires du réseau universitaire.

«On est au niveau de la petite tactique politicienne pour enlever un argument aux étudiants. Mais la cause des étudiants est plus profonde et ce n'est pas parce que Concordia subit une pénalité que la mobilisation va s'essouffler», a dit Mme Malavoy, porte-parole du Parti québécois en matière d'enseignement supérieur.

Pour s'assurer de la saine gestion des universités, la ministre de l'Éducation ne doit pas se limiter à des actions «à la pièce», selon la députée de Taillon.

«Les questions concernant les universités doivent être vues dans leur ensemble. Il y a Condordia mais il y a aussi McGill qui a des comportements similaires à certains moments, il y a les débordements dans les investissements. (...) Qu'on regarde l'ensemble», a-t-elle relevé.

La Coalition avenir Québec (CAQ) voudrait pour sa part qu'un oeil soit jeté immédiatement du côté des gestionnaires de l'Université de Sherbrooke.

Dans un communiqué, le porte-parole de la CAQ en matière d'éducation, Éric Caire, pointe du doigt le candidat péquiste dans la circonscription de Saint-François, Réjean Hébert.

«Réjean Hébert a touché une indemnité de départ de 115 445 $ après avoir quitté son poste de doyen de la faculté de médecine en septembre 2010. Or, la nouvelle recrue de Pauline Marois n'a jamais quitté l'Université de Sherbrooke», s'est insurgé le député de La Peltrie.

Le PQ s'oppose à ce que le gouvernement demande aux étudiants de contribuer davantage au financement de leur parcours mais tolère «qu'un des leurs pige dans le plat à bonbons», a accusé M. Caire, exigeant des explications de la part de la chef Pauline Marois.

SUIVRE LE Québec

Publié par Myriam Lefebvre  | 
 
 
Les commentaires sont clôturés pour cette entrée.
Afficher tout
Favoris
Date de publication  | 
Popularité
photo
Joyce70
Verba volant, scripta manent
10:06 sur 10/03/2012
Madame la Ministre, EXIGEZ tout simplement le REMBOURSEMENT IMMEDIAT des sommes INDUES.
Et sanctionnez, voire... lancez une procédure judiciaire, histoire de lancer un signal fort!
09:24 sur 10/03/2012
Contrairement à John James Charest, la direction des universités n'encaisse pas de double salaire... au noir.

Je ne me souviens pas d'avoir entendu un seul membre de ce triste gouvernement s'offusquer en découvrant leur premier ministre encaissant sous la table des primes à la performance dont on ne connaîtra jamais l'ampleur et la source. La règle aux abus vient de haut.

Pourquoi, ce qui est jugé acceptable par les libéraux ne le serait plus hors du parti politique sont en droit de se demander ceux jugés fautifs par la sous première ministre?
09:02 sur 10/03/2012
Un peu drôle que la Ministre se réveil et dise que «c'est pas beau» les primes tout azimuts. Yo..c’est parce que vous le saviez ça fait longtemps que ça fait les manchettes mais comem habitude, les Liberals ferme les yeux sur toutes les dépenses extravagantes des primes injustifiées des cadres aux Qc.
08:13 sur 10/03/2012
Le « signal sans équivoque » que lance la ministre à l'université est le même que son gouvernement a servi aux dirigeants des sociétés d'État du Québec au sujet des primes à la performance qu'ils s'accordent toujours. La vice-première sinistre se réveille la dernière dinde de la farce.
06:23 sur 10/03/2012
On devrait aller les rechercher chez ceux qui les ont reçus. Y d'vaient être mort de rire en échangeant leurs chèques, astheure faisons les payer. Quand j'en reçoit trop du gouvernement y revienne le chercher assez vite merci!
23:52 sur 09/03/2012
yes madame, yes yes yes

coupez les bonbons
22:29 sur 09/03/2012
Et le plus ridicule dans cette histoire de pénalité, c'est que Concordia va la payer avec notre argent. Les 5 démissionnaires ont empoché leurs 600 000 $ à nos frais et l'amende va aussi être à nos frais. Finalement ça donne quoi ?

N'aurait-il pas mieux valu agir dès le début de cette escalade et leur imposer des balises strictes, si leurs dirigeants n'avaient pas assez de jugement et d'éthique pour le faire eux-mêmes ?
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Le Kwisatz Haderach
There is no power without brain power.
00:13 sur 10/03/2012
Donc 2 millions de reduction de leur budget, c'est a nos frais!

Eh ben...
00:50 sur 10/03/2012
Là vous avez entièrement raison, je me suis gourée comme une dinde ! En espérant toutefois qu'ils n'obtiennent pas derrière des portes closes, ce dont on les prive publiquement. J'ai trop vu ce gouvernement nous mettre d'aplomb tant qu'il le pouvait, je me garde une petite gêne. Mais sur le principe, vous avez parfaitement raison.
08:00 sur 10/03/2012
La lourdeur de la pénalité l'entraînera vers le bas au détriment des services aux étudiants. Ses semblables, la sinistre ministre sait comment les protéger.

Les sangsues disposeront toujours de budgets et de mains libres pour continuer a se gaver tout en effaçant leurs futures traces d'abus...
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
photo
22:28 sur 09/03/2012
Mais c'est quoi ces histoires d'indemnités de départ Un travailleur ordinaire ,quand il reçois son bleu comme on dit a droit a son 4% . Il subit une période de carence de deux semaines avant que l'assurance Chômage Mieux connu sous le vocable d'emploi Canada , daigne considérer son cas et il percevras a peine 50% du salaire qu'il gagnait avant son départ de l'entreprise. Ensuite,si tout va bien, il attend encore deux autre semaines avant de recevoir un premier chèque .Peu importe qu'il ait contribué a cette assurance pendant 20 ans . Ses prestations se limiterons a quelque 26 semaines Et pour en rajouter Si celui-ci quitte son emploi de misère de son propre chef parce que complètement écœuré de l’altitude de ses nouveaux patrons dont le siège social se trouve en pays étranger Notre brave travailleur n'aura droit a RIEN Et en plus la société va le ranger dans la catégorie des parias ,et le traiter de BS
22:21 sur 09/03/2012
Pourquoi le gouvernement a-t-il attendu la grève étudiante pour agir relativement à cette dilapidation des fonds publics ? Pourquoi uniquement Concordia ? Pourquoi ne pas avoir mis toutes les universités fautives à l'amende avant de parler d'augmenter les frais de scolarité et pourquoi n'a-t-il pas imposé des règles de gestion strictes à toutes les universités en matière de rémunération et de primes au départ ou autres, afin de démontrer très clairement que toutes les parties devaient contribuer au financement de l'éducation supérieure et pas uniquement les étudiants ?

Que les universités soient autonomes je veux bien, mais qu'on les autorise à dilapider l'argent des contribuables, là je ne marche plus.
22:20 sur 09/03/2012
Quelle est la position de la CAQ concernant les primes de départ ? D'après ce qu'en dit Éric Caire, elle serait contre. Est-ce que l'abolition des primes de départ figure à son programme, est-ce qu'elle en fera une promesse électorale ou bien ne s'intéresse-t-elle qu'à l'université de Sherbrooke ?

J'ai consulté le plan d'action de la CAQ en éducation, pas un mot sur le gaspillage d'argent et sur les primes de départ. Il faudrait peut-être qu'elle clarifie sa position. Est-elle contre et sinon qu'est-ce qui lui semble acceptable ?

Pour ce qui concerne Réjean Hébert, est-ce la règle dans les universités de payer une prime de départ à un doyen, alors qu'on sait que généralement, quand il quitte son poste, il continue à enseigner.

Si c'est le cas, que ce soit à Sherbrooke ou ailleurs c'est effectivement abusif, mais j'ai l'impression qu'au sein des CÉGEP et des universités nous n'en sommes pas à un abus près.

Réjean Hébert a-t-il bénéficié d'un traitement de faveur où est-ce ainsi qu'on traite le départ d'un doyen ? S'il a agi conformément aux règles, pourquoi le PQ aurait-il dû refuser sa candidature ? Accepter cette candidature ne signifie pas que le PQ ne puisse pas vouloir au moins limiter les primes de départ. Il y a quand même une différence considérable entre 115 000 $ et 220 000 $ ou 600 000 $.
23:53 sur 09/03/2012
oubliez la CAQ c'est de la frime
21:46 sur 09/03/2012
3 100 000 $ divisés par 5, cela fait 620 000 $ par personne. Si le gouvernement impose une pénalité de 2 millions $ à Concordia, c'est qu'il accepte que les 5 démissionnaires avaient droit à 220 000 $ chacun. Près de 105 000 $ de plus que ce qu'a reçu Réjean Hébert. Et plutôt que de protester parce que finalement 220 000 $ c'est beaucoup trop, la CAQ préfère tirer sur Hébert et ses 115 000 $.
21:36 sur 09/03/2012
Ce cher Éric Caire et son parti qui peinent à trouver de bons candidats auraient-il refusé la candidature de Réjean Hébert ? La CAQ est-elle opposée aux primes de départ pour tous les cadres supérieurs de toutes les universités ? Alors pourquoi ne s'intéresse-t-elle qu'à l'Université de Sherbrooke ?
21:30 sur 09/03/2012
Comme ultimement, les universités sont subventionnées à même les deniers publics et les frais payés par leurs étudiants, il me semble que les primes de départ ne devraient tout simplement pas exister. Ni d'ailleurs aucune forme de bonification. Le salaire et le fonds de pension et c'est suffisant.

Quand un cadre supérieur quitte son emploi pour aller travailler ailleurs, c'est qu'il a trouvé mieux ailleurs, tant mieux pour lui. Quand il est mis à la porte, il peut réclamer ce que prévoit la Loi sur les conditions minimales de travail et si le renvoi lui apparaît arbitraire, il peut poursuivre l'employeur pour obtenir une indemnité de départ fixée par le tribunal.

Je n'ai jamais compris ces indemnités de départ, surtout dans des organisations qui dépendent des fonds publics.

Si on savait tout le gaspillage d'argent qu'il y a là-dedans, on rougirait de honte de vouloir faire payer la facture par les étudiants.

D'ailleurs, les universités n'ont pas besoin d'autant de cadres supérieurs et cela ressemble plus à des nids à patronage qu'à autre chose. Quand un organisme autonome est incapable de gérer sainement ses finances, on le place sous tutelle.
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
ethrop
micro-bio-tic
01:15 sur 11/03/2012
Madame Hart,

Vous semblez savoir beaucoup de choses sur ces histoires de primes de départ dans les universités québecoise. Peut-être savez vous aussi quelles sont les salaires payés aux adminstrateurs universitaires selon les moyennes acceptées en Occident et au Canada?

Les universités n'ont pas besoin d'autant de cadre supérieurs? Peut-être, mais je suis tout de même curieux de savoir d'où vient votre expertise dans tout ça. Vous êtes gérante d'une société comptant 5000 employés et 60,000 clients? Ou vous êtes gérante..... d'estrade?

Soyez prudente, chère madame, vous brossez un grand tableau avec un bien petit pinceau...
14:08 sur 11/03/2012
Nous avons trop de gestionnaires au Québec, je ne crois pas être la première à le faire valoir. Que le reste de la planète paie les siens ce qu'elle voudra, les gestionnaires comme n'importe qui d'autre sont remplaçables. Il serait temps qu'on abandonne cette mentalité de béate admiration et qu'on réalise que nous parlons ici d'organismes financés par les contribuables. Le chantage des gestionnaires qui consiste à dire que s'ils ne sont pas payés comme ceux d'autres pays ou provinces, ils quitteront pour s'installer ailleurs, n'est que ce qu'il est, un chantage. Tout simplement parce qu'ailleurs il y a aussi en masse de gestionnaires et que si quelques-uns des nôtres décident de partir, d'autres les remplaceront. Il n'y a pas de pénurie de gestionnaires au Québec, il y en aurait plutôt trop.

En établissant des normes raisonnables pour tous les gestionnaires d'organismes publics et para-publics, nous enverrions un message clair et chacun saurait à quoi s'en tenir et nous pourrions recruter des gens moins gourmands ce qui ne signifie nullement moins compétents.

Alors la compétition avec Toronto ou New York, ça va bien faire et c'est aussi ridicule comme prétention que peut l'être celle de syndiqués qui exigent ce genre de parité.

Les gestionnaires ont bien organisé leur propre marketing, c'est probablement le métier le plus overrated actuellement sur la planète. Il n'y a rien de mieux que de caller le bluff, cela sonne généralement la fin de la récréation.
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
20:39 sur 09/03/2012
Nous apercevons les montants de ces indemnités de départ et ça porte à réfléchir...Est-ce faramineux? ou est-ce normale? Y a-t-il un barème d'indemnité approprié dans ce milieu? Y a-t-il eu une commission qui s'ait penchée sur ces questions?...En tout cas, çà prenait deux communautés distincts en éducation, pour faire sortir cet article dans des temps-ci: les étudiants mécontents, rémunérés en savoir et les hautes diplomaties discrètes, rémunérés en toute discrétion, sous couvert.
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Godefroi
Honni soit qui mal y pense
19:44 sur 09/03/2012
« Law and order»

Pourquoi cela arrive-t-il maintenant ? On contrôle le message et les médias ne voient rien de répréhensible!

Pour démontrer «subtilement» aux électeurs, qui vont bientôt voter, qu'on peut être aussi dur que Legault envers quelques méchants administrateurs dépensiers d'une université et des milliers de méchants étudiants qui ne respectent pas la police.