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Grève étudiante: Manifestation houleuse qui tourne à l'affrontement

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Les manifestants ont marché sur René-Lévesque. (Radio-Canada.ca)
Les manifestants ont marché sur René-Lévesque. (Radio-Canada.ca)

(Radio-Canada.ca)

Une manifestation étudiante contre la hausse des droits de scolarité a tourné à l'affrontement entre policiers et étudiants, mercredi après-midi, au centre-ville de Montréal.

Quelques centaines d'étudiants ont investi en début d'après-midi les bureaux de Loto-Québec, à l'angle des rues Sherbrooke Ouest et Aylmer, où se trouvent également les bureaux de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ). Ils ont refusé de quitter les lieux malgré l'injonction des policiers. Ceux-ci sont ensuite intervenus afin de les expulser de force.

Selon l'Association pour une solidarité syndicale étudiante, la CREPUQ fait la promotion de la hausse des droits de scolarité.

Les étudiants avaient érigé des barrières métalliques d'environ 2 mètres, semblables à celles que l'on retrouve parfois autour des chantiers de construction. C'est d'ailleurs l'érection de ces clôtures en pleine rue Sherbrooke qui a mené les policiers à intervenir.

Les policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes et de nombreuses bombes sonores pour soutenir leur opération.

Les services médicaux sont intervenus dans quatre cas au cours de la manifestation. Deux personnes ont été incommodées par les gaz lacrymogènes, et deux autres, un étudiant et un policier, ont subi des blessures mineures et ont été transportés à l'hôpital.

Au moins cinq personnes ont été arrêtées, selon le Service de police de la Ville de Montréal.

Après les événements devant l'édifice Loto-Québec, des manifestants se sont déplacés en direction du pont Jacques-Cartier, avant de revenir pour marcher sur le boulevard René-Lévesque vers l'ouest, bloquant la voie.

Gabriel Nadeau-Dubois, de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante, estime que les policiers ont utilisé « une force disproportionnée » au cours de l'intervention. Leur nombre était par ailleurs imposant, selon la journaliste de Radio-Canada sur place.

M. Nadeau-Dubois juge que la manifestation était légitime, parce qu'il s'agit, selon lui, du seul moyen pour les étudiants de faire entendre leur voix.

Les étudiants ont scandé plus tôt qu'ils voulaient que la manifestation demeure pacifique.

Les manifestants étaient dispersés sur plusieurs pâtés de maison, ce qui a semblé compliquer la tâche des policiers.

Le SPVM indique que l'intervention musclée a été effectuée parce que le tracé de la manifestation n'avait pas été rendu public à l'avance.

Les différentes associations étudiantes ont promis des actions d'éclat dans les jours à venir. Celle de mercredi était pilotée par les associations étudiantes en sciences politiques et en droit de l'UQAM.

Charest intransigeant

Plus tôt mercredi, le premier ministre Jean Charest avait réitéré l'intention de son gouvernement d'aller de l'avant avec l'augmentation des droits de scolarité de 325 $ par année pendant cinq ans.

Le premier ministre québécois affirme que les contribuables continueront d'assumer la majorité des coûts de l'éducation post-secondaire, mais que les étudiants doivent aussi y contribuer.

M. Charest a fait aussi valoir que les bourses des étudiants seront majorées d'un montant équivalent à la hausse des droits de scolarité.

Jusqu'à maintenant, 126 000 étudiants se sont prononcés pour la grève.