Frima: une compagnie québécoise de jeux vidéo qui a le vent dans les voiles

Frima

Le Hufffington Post Québec   Première Publication: 5/03/2012 14:17 Mis à jour: 5/03/2012 15:22

Frima est l'une des compagnies québécoises indépendantes de jeux vidéo qui a le vent dans les voiles. Le Huffington Post Québec a rencontré Steve Couture, son co-fondateur et pdg, pour en savoir plus.

Trois gars, trois mordus qui quittent leur confortable emploi dans l’industrie du jeu pour monter leur petite affaire. Sans argent, Phillipe Bégin et Steve Couture s’installent dans l’appartement miteux de Christian Daigle. Le froid est si intense qu’ils travaillent avec des mitaines. C’était en 2003. L’ambiance forgera le nom, la compagnie deviendra Frima.

Audacieux!

«C’était un très mauvais "timing"» se rappelle Steve Couture, le président directeur général. La bulle Internet venait d’éclater; personne ne voulait investir dans l’industrie du jeu au Canada. «C’est pas sérieux, là, il y a Disney dans votre plan d’affaire! Vous pensez vraiment pouvoir parler à Disney?» L’argent tombera du ciel, plutôt du côté américain. Un investisseur s’y risquera; ils le rachèteront deux ans et demi plus tard.

Frima, version 2012, c’est 350 employés, le plus gros studio canadien de production de jeux vidéo. «Nous, on s’intéresse au divertissement, à l’"entertainment" numérique, que ce soit au cinéma, à la télé, sur des consoles de jeux». Voilà la raison d’être. «Peut-être 450 ou 500, allez savoir», ce pourrait être le nombre de jeux réalisés.

Ils ont bel et bien travaillé pour Disney. Warner aussi, sur Bob l’éponge, Caillou, GI Joe, Toupie et Binou, les Pet Shops, Harry Potter. «Ils ont besoin de jeux vidéo et d’activités interactives pour faire la promotion de titres comme Harry Potter! Nous, on fait ça» rappelle Steve Couture. Mais ce qui le dérange, c’est que Frima travaille… pour d’autres.

«Travailler sur Assasin's Creed, ça crée de beaux emplois avec de beaux salaires, mais la journée du lancement, s’il se vend pour 200 millions de dollars de ce jeu-là, il n'y a rien qui va dans les poches des sous-traitants.»

Innover ou stagner

«Ultimement, ce qu’on veut, c’est produire nos marques à nous. Posséder les droits d’une marque comme Harry Potter a un rayonnement international.» Le pdg en parle et ses yeux s’allument. Il voit déjà les ventes de produits dérivés, t-shirts, pantoufles. Il entrevoit l’explosion de SA marque sur toutes les plateformes et supports, «la vraie valeur d’une entreprise comme la nôtre est vraiment dans les marques qu’elle possède», avouera-t-il au Huffington Post Québec.

La révolution Frima passe donc par sa nouvelle ligne d’affaire axée sur la propriété intellectuelle; un vice-président, des directeurs, des producteurs exécutifs, des gens de marketing, des vendeurs. «Une unité d’affaires qui cible uniquement la création et l’exploitation commerciale de propriétés intellectuelles.»

Pour les aider dans leurs objectifs, ils ont acquis Volta, les «virtuoses» de la création d’ambiance et d’univers virtuel. L’entreprise dessine les plans et personnages de synthèse; 20 employés, 11 nationalités différentes, 8 langues. L’impact de leur arrivée est majeur. Vous les cherchez? Ils sont de l’autre côté de la rue, juste en face de Frima. «On est une PME, on ne pouvait pas se payer les services de Volta, on l’a donc acheté!»

Et des bébés, il y en a déjà dans la couveuse, confie Steve Couture. «On est en développement sur plusieurs projets. Certains sont presque prêts, comme "Lights camera party’" qui va sortir dans les prochains mois pour les familles.»

Couture peut bien rire. Il ne veut pas dévoiler son chiffre d’affaires, mais son sourire contagieux en dit long. L’été dernier, ses partenaires et lui ont lancé Frima FX, spécialisée dans le 3D. Et il semble que Frima a encore de l’argent à dépenser. «Effets spéciaux… On est encore petit, côté web analytique… Il y a des choses qu’on ne possède pas qui pourraient devenir intéressantes.» Avis à ceux qui ont quelque chose à vendre, et qui n’ont pas «froid» aux yeux.

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Crédits: Courtoisie Frima
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