Fred Pellerin: le film Ésimésac est un vrai pèlerinage dans l'imaginaire

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Affiche du film Ésimésac. (Atlantis Vivafilm)
Affiche du film Ésimésac. (Atlantis Vivafilm)

Le film Ésimésac, «la suite slack de Babine», comme le décrit son scénariste, Fred Pellerin, prend forme. Le tournage est bouclé, le réalisateur Luc Picard supervise les dernières étapes du montage et l'histoire enfilera bientôt sa robe musicale, désignée par le compositeur Michel Corriveau. Plusieurs artisans de ce film attendu, qui prendra l'affiche l'automne prochain, s'étaient donné rendez-vous à la Cinémathèque québécoise pour partager les anecdotes de plateau et vanter l'univers vernaculaire et fantaisiste du conteur Fred Pellerin. «C'est un film difficile à prémisser», s'entendent l'ambassadeur de Saint-Élie de Caxton et Luc Picard, qui avouent avoir eu certaines mésententes sur l'interprétation du film.

Ésimésac suit les tribulations du personnage homonyme, l'homme fort du village - interprété par le méconnu Nicola-Frank Vachon - qui voit poindre les premiers rayons de soleil après avoir passé vingt ans dans le ventre de sa mère. «Disons qu'il est né à maturité, blague Fred Pellerin. Au bout de ce temps-là, tu sors scolarisé.»

La femme enceinte incarnée par Marie Brassard dans Babine reprend son rôle, tout comme René Richard Cyr , Gildor Roy et Luc Picard, qui renouent avec leurs costumes respectifs de Méo Bellemare, du forgeron Riopel et de Toussaint Brodeur. Un jardin collectif sera au cœur du récit qui, aux dires de l'équipe, pourrait être perçu comme une fable politique où se confrontent le communautarisme et l'individualisme, le communisme et le capitalisme. «C'est un conte moraliste, mais en même temps, on voulait tellement pas que ça soit ça, ajoute Luc Picard. Ce sera aux gens de faire leur propre idée.»

L'idée de ce film a germé dans l'imagination de Fred Pellerin, alors qu'il flânait sur le plateau de Babine, dont il a écrit le scénario, sa première griffe dans l'univers du grand écran. «Le cinéma, pour moi, c'est un enfargement, c'est une récréation, qui a les mots en commun avec les contes et la chanson.» Il est convaincu que son expérience d'écriture cinématographique nourrira ses projets futurs. «Faire un film, c'est vraiment structurant, et ça va m'aider à construire mes histoires. Quand tu joues avec des chiffres, ça tient plus facilement dans une grille Excel que sur Word», illustre-t-il. Mais sa matière première restera toujours la même : les habitants colorés de son village natal. Pour les remercier, le conteur leur a d'ailleurs offert une visite du plateau de tournage d'Ésimésac, à Harrington, dans les Laurentides.

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