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Traversée de la Gaspésie en ski de fond: un jour de plus sur place à cause de la tempête

25/02/2012 11:33 EST | Actualisé 26/04/2012 05:12 EDT
Anne Pélouas

Gaspé s'est couverte dans la nuit de vendredi à samedi d'un lourd manteau blanc, avec vent et poudrerie ininterrompus en matinée. Les mauvaises conditions routières ont donc forcé les organisateurs de la Traversée de la Gaspésie en ski de fond à retarder d'un jour le départ des quatre autobus qui devaient ramener la majorité des participants vers Rimouski, Québec et Montréal... On joue les prolongations dans la bonne humeur et une oisiveté insolite après six jours de ski de fond intensif, des Chic-Chocs du parc national de la Gaspésie à la pointe de Gaspé, en passant par le rocher Percé !

Jeudi, la « caravane » des skieurs s'était déplacée de Percé vers le nord, faisant arrêt à Douglastown pour une nouvelle journée de glisse. Les plus expérimentés entamaient un parcours de 45 kilomètres de ski, avec tout un massif à grimper : 530 mètres de dénivelé, avec de longues montées et descentes... La température proche de zéro n'aidait pas à un fartage facile et nombreux ont été ceux obligés d'écourter de quelques kilomètres leur trajet à la tombée de la nuit ! Les autres skieurs ont suivi un parcours de quinze kilomètres beaucoup moins accidenté menant notamment sur les belles pistes du centre de ski de fond Les Éclairs, à Gaspé. A l'arrivée au chalet d'accueil : musique en plein air avec Sylvie Gallant, près d'un beau rond de feu et d'un grand canot rempli de neige et de bière fraîche ! A l'intérieur du chalet, les skieurs avaient aussi droit à une superbe dégustation de poissons fumés des Pêcheries Gaspésiennes : truite fumée, morue fumée, maquereau fumé, saumon fumé, turbot fumé... le tout tiédi au four sur des planchettes de cèdre ! De quoi tenir jusqu'au souper, préparé de mains de maître par les étudiants de l'école hôtelière de Gaspé. Chaque soir, on déguste grâce à eux de bons produits de cette « Gaspésie gourmande » : produits de la mer ou de la terre, du crabe des neiges au yack en passant par un tartare de saumon ! On irait bien se coucher tôt après ce bon repas mais pas question de manquer la conférence de l'astronaute Julie Payette qui fait courir les foules...

Au matin suivant, branle-bas de combat aux aurores pour l'ultime journée de ski de fond dans le parc national Forillon. La colonne des skieurs s'ébranle en direction de Cap-des-Rosiers pour un parcours de glisse en bordure de mer, avec le bruit des vagues accompagnant nos pas. Au site majestueux de Cap-Bon-Ami, il faut s'élever à la force des bras et des jambes pour franchir la barrière rocheuse de cette chaîne des Appalaches qui finit sa course sur la péninsule de Forillon avant de plonger dans la mer. Le sentier grimpe sur les hauteurs dans un cadre magnifique entre terre et mer, digne récompense à l'effort !

Après une belle descente en forêt, on rejoint Grande-Grave, avec vue sur la Baie de Gaspé. Les plus sportifs fileront jusqu'à Cap-Gaspé, au bout de la péninsule, avant de rentrer vers Petit-Gaspé. Il reste à vivre la traditionnelle traversée de la Baie de Gaspé : une longue file indienne de skieurs se déplaçant lentement sur la baie en direction de la ville. Durant ces cinq kilomètres au pas, on aura grandement le temps d'admirer les beaux mouvements acrobatiques de dizaines d'adeptes de cerfs-volants de traction qui nous accompagnent. Au pont de Gaspé comme sur la rue de la Reine où nous sortirons enfin nos skis, les habitants - petits et grands - sont nombreux à célébrer l'arrivée de la TDLG à force d'applaudissements. Il est temps, déjà, de se préparer au « grand bal blanc », organisé en soirée à la cathédrale de Gaspé. Chacun y rivalisera d'ingéniosité costumière sur le thème du « tout en blanc » pour célébrer la fin de cette mémorable dixième édition... Sans savoir que le bal en blanc va se prolonger tard dans la nuit en enveloppant toute la péninsule gaspésienne d'une lourde couverture de neige. Plus tôt au micro, la présidente de la TDLG Claudine Roy avait rappelé toutes les péripéties vécues au cours des éditions précédentes. En comparaison, la dixième avait semblé bien tranquille... C'était sans compter sur ce dernier caprice gaspésien de Dame Nature !