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Entrevue: Le joueur de l'Impact Hassoun Camara prêt pour les débuts en MLS

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A 28 ans, Hassoun Camara, joueur de l’année 2011 de l’Impact Montreal, a relancé sa carrière en Amérique du Nord.
A 28 ans, Hassoun Camara, joueur de l’année 2011 de l’Impact Montreal, a relancé sa carrière en Amérique du Nord.

PARIS - Hassoun Camara est dans le bloc de départ. Il est prêt au combat à la veille de la première saison de l’Impact en MLS (Major League Soccer).

Pendant la trêve, après une première année réussie au Québec, il est parti se ressourcer chez lui, à Noisy-le-Sec, dans la banlieue parisienne.

«Il est venu s’entraîner avec nous pendant 15 jours, raconte Nasser Sandjak, son ancien coach. Il n’a pas oublié d’où il vient. Il a joué de 6 à 18 ans à Noisy. Il est né et il a grandi ici. Il a toujours eu un super état d’esprit : il est simple, humble et discret dans la vie collective. Et c’est un très bon joueur : il est rapide, technique, intelligent et il est doté d’une vraie puissance de frappe. Son seul petit défaut, c’est qu’il n’a pas encore pris réellement conscience de ses qualités. »

Et pourtant, Camara a commencé sa carrière sur les chapeaux de roue. Après trois saisons passées en équipe première de l’Olympique Noisy-le-Sec (en CFA, quatrième division nationale), plusieurs clubs de renom lui font la cours. Il n’a que l’embarras du choix entre la Ligue 1 (Rennes, Sochaux) et un grand club écossais (Glasgow Rangers).

«Mais j’ai finalement signé pour l’Olympique de Marseille, se souvient-il. J’ai alors réalisé un rêve de gosse. Mais ça a été dur. La marche était peut-être un peu trop haute pour moi. Mais je ne regrette rien.»

Dans un effectif pléthorique ( Djibril Cissé, Franck Ribéry, Samir Nasri, Mathieu Valbuena ou Sabri Lamouchi), Hassoun a bien du mal à se faire une place au soleil. En une saison et demie, il ne joue qu’un match.

«Hassoun a brûlé les étapes, affirme Nasser Sandjak, et c’est le piège qu’il faut éviter dans ce milieu. A 22 ans, il fallait qu’il joue à tout prix. » A Marseille, Camara peut compter sur le soutien indéfectible de Sabri Lamouchi, ex international (12 sélections) et un joueur majeur des années 2000 en France. « Il m’a beaucoup aidé, avoue Hassoun. Je lui dois beaucoup. Il m’a toujours épaulé dans les bons et les mauvais moments.»

«C’est vrai que j’ai beaucoup parlé avec lui, confirme Lamouchi. Il a toujours eu toutes les qualités pour jouer au très haut niveau, mais il s’est longtemps posé trop de questions, et ça, ça l’a freiné dans sa progression. Dans ce milieu très concurrentiel, il faut croire en son potentiel. Je l’ai vu à l’intersaison et j’ai senti qu’il était ravi du nouveau tournant qu’il a donné à sa carrière. Il a pris la bonne décision. »
Après une saison et demie à Marseille, puis presque trois saisons en Corse, à Bastia (Ligue 2, 2e division), l’imposant milieu terrain défensif (1m88) ou défenseur central est parti, en janvier 2011, sur la pointe des crampons de l’autre côté de l’Océan Atlantique.

«Ici, je vis mon rêve américain, avoue Hassoun. J’ai toujours été attiré par ce continent. Ici, les infrastructures sont dignes des plus grands clubs européens. Et le style de jeu, très anglo-saxon convient bien à mon jeu. Mes performances sont même arrivées jusqu’aux oreilles des Sénégalais. J’y suis allé pendant la trêve pour me ressourcer auprès de mes proches. J’ai été invité au téléjournal de 20h, j’ai été approché par des journalistes au sujet de la sélection sénégalaise (il a la double nationalité). Si je continue comme ça, je serais peut-être sélectionné dans les prochains mois.»