POLITIQUE

Rentrée parlementaire à Québec: des odeurs de campagne pré-électorale

14/02/2012 03:43 EST | Actualisé 15/04/2012 05:12 EDT
CP

(Radio-Canada,ca) - C'est sont les thèmes des ressources naturelles et de l'économie qui ont dominé la première période de questions des travaux parlementaires qui ont repris mardi, à l'Assemblée nationale, dans une ambiance pré-électorale.

La chef de l'opposition officielle Pauline Marois s'est tout de suite attaquée aux liens entre le premier ministre Jean-Charest et l'industrie minière et au Plan Nord, qui selon elle, ne profite pas aux Québécois, mais aux compagnies étrangères.

Il a également été question d'un projet de loi sur les mines, que le gouvernement Charest juge essentiel pour aller de l'avant avec la mise en oeuvre du Plan Nord.

L'opposition est cependant convaincue que le projet de loi doit inclure la question des redevances et de transformation des ressources naturelles au Québec.

« N'y a-t-il pas des moyens pour assurer que les minières ne font pas qu'extraire des ressources au Québec mais qu'elles les transforment davatange au Québec? », a demandé la chef du Parti québécois.

« Pourquoi le premier ministre parle-t-il pour les minières au lieu d'écouter les Québécois? », a-t-elle ajouté.

Le chef libéral continue de faire la promotion du Plan Nord, son projet fétiche. Il en a vanté les mérites lundi à Montréal, il récidivera la semaine prochaine en Beauce, avant de faire de même au Saguenay et en Mauricie.

À l'Assemblée nationale mardi, M. Charest s'est défendu en déclarant que le Plan Nord est un projet qui « intéresse beaucoup les Québécois ». Il a également rappelé que « contrairement à l'époque où [Mme Marois] était au gouvernement, le gouvernement actuel a augmenté de 12 à 16 % les redevances sur les opérations minières ».

Une ambiance pré-électorale

Les trois grands partis semblaient déjà en ordre de bataille lorsque le premier ministre Jean Charest a déclaré la semaine dernière qu'il n'y aurait pas d'élection avant le 21 avril prochain.Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis que la session parlementaire a été suspendue, le 9 décembre :

- la Coalition avenir Québec, née à la mi-novembre, a réussi sa fusion avec l'Action démocratique du Québec et débauché trois députés péquistes. Elle se présentera en Chambre pour une première fois avec neuf députés, mais sans profiter des privilèges d'un parti officiellement reconnu.

- La chef péquiste Pauline Marois a affronté une nouvelle fronde, mais est finalement passée au travers de l'épreuve du Conseil national sans difficulté. L'idée d'une alliance stratégique avec Québec solidaire semble moribonde;

le Parti libéral, qui a créé l'automne dernier une commission d'enquête sur l'industrie de la construction, pourra ainsi bénéficier d'un certain répis de l'opposition sur ce front. Le premier ministre Charest affirme vouloir parler d'économie.

- Le chef libéral continue de faire la promotion du Plan Nord, son projet fétiche. Il en a vanté les mérites lundi à Montréal, il récidivera la semaine prochaine en Beauce, avant de faire de même au Saguenay et en Mauricie.

La session sera aussi marquée par le dépôt, à la fin du mois de mars, d'un nouveau budget du ministre des Finances. Raymond Bachand promet un budget dans la continuité du précédent, en gardant le cap sur l'élimination du déficit en 2013-2014.

Le premier ministre Charest peut théoriquement continuer de diriger le Québec jusqu'en décembre 2013, mais d'aucuns lui prêtent l'intention de briguer un quatrième mandat avant que les travaux de la Commission Charbonneau battent leur plein.

Les péquistes, qui semblent maintenant avoir traversé la tempête entourant le leadership de leur chef et le bien-fondé de la gouvernance souverainiste, dénoncent ce qu'ils qualifient de « plan marketing nord ».

Ils entendent insister à l'Assemblée nationale sur des amendements au projet de loi sur les mines qui, disent-ils, ne profitent pas assez aux Québécois en raison de redevances trop faibles.

Mme Marois adopte un discours plus résolument électoraliste depuis peu. Elle a notamment entrepris de vilipender le gouvernement Harper qui, dit-elle, bafoue les valeurs des Québécois.

Elle a aussi présenté de nouveaux candidats pour son parti - Daniel Breton, Réjean Hébert et André Beaudoin et a annoncé, la semaine dernière, qu'un gouvernement péquiste abolirait la taxe santé.

N'ayant pas de siège à l'Assemblée nationale, François Legault aura pour sa part tout le loisir de préparer son nouveau parti en vue des prochaines élections. L'ex-péquiste, qui a mis ses convictions souverainistes sur la glace, cherche entre-temps à imposer son discours.

Le chef de la CAQ a notamment fait savoir qu'il entend rouvrir la convention collective des enseignants, afin d'instaurer un nouveau système d'évaluation en contrepartie d'une hausse salariale de 20 %. Il entend faire de même avec le contrat de travail des médecins, afin de revoir le mécanisme de rémunération et d'accroître le volume de patients pris en charge.

Les plus récents sondages indiquent qu'une campagne électorale au Québec se traduirait par une course à trois, dont l'issue est hautement incertaine.