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Le PDG de la Chambre de commerce Michel Leblanc dénonce les rues du Plateau

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PLATEAURUESATTENUATION
Selon Michel Leblanc, le commerce de rue souffre sur le Plateau Mont-Royal en raison des politiques mises en place par l’administration de Luc Ferrandez. (PC Charles-Antoine Auger) | PC

«Circuler sur le Plateau est une horreur. Je vis sur le Plateau, mon fils a étudié sur le Plateau. Chaque fois que je reviens, j'ai un serrement au cœur devant la détérioration de la fluidité de la circulation pour les résidents du Plateau.»

Ce cri du cœur, c'est celui du président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc. À ses yeux, le commerce de rue est en voie de s'éteindre sur le Plateau Mont-Royal en raison des politiques mises en place par l'administration de Luc Ferrandez.

«Le Plateau est en train de détruire son tissu économique, plaide-t-il. Tout le reste de la communauté a l'impression que c'est le capharnaüm, qu'ils ne sont pas bienvenus, qu'il n'y a pas de stationnement. C'est une horreur ce qui est en train de se produire. On détruit des rues commerçantes.»

Selon lui, si l'administration du maire Luc Ferrandez poursuit sur sa lancée, elle précipite l'effet « trou de beigne », qui a vu des villes comme Detroit péricliter à force de voir les consommateurs migrer vers les banlieues parce que le centre-ville n'était plus accessible.

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«Si on ne fait pas attention et que tout le monde va en dehors la ville, on précipite le trou de beigne. Les gens vont trouver plus facile d'aller magasiner dans les banlieues, ça va détruire l'activité commerciale au centre, et éventuellement, ça affaiblit la métropole.»

Depuis son élection en 2009, l'administration du maire Ferrandez a mis en place plusieurs mesures controversées afin de détourner la circulation des rues résidentielles: mise en place de sens uniques sur des tronçons des rues Christophe-Colomb et Laurier, interdictions de tourner, blocage de rues comme Chambord.

Ces dommages «auto-infligés», clame Michel Leblanc, n'atteignent pas leurs buts. «Quand on pense aux banlieusards qui traversent, ce ne sont pas eux les plus touchés, ce sont les résidents. Je suis très frustré.»

Les commerçants frustrés

La Société de développement de l'avenue Mont-Royal montre aussi des signes d'exaspération. Au point où certains commerçants remboursent désormais la première demi-heure de stationnement pour attirer la clientèle de l'extérieur.

«Depuis deux ans, ça commence à aller mal, admet Michel Depatie. Certains locaux sont vacants. Mais pour être en santé, il faut qu'on ait une clientèle régionale, pas uniquement ceux du quartier.

La SDC a d'ailleurs commandé une étude l'an dernier de l'organisme ConverCité. Bilan : la clientèle de l'extérieur a baissé de 23 % depuis 2009. Dans le secteur des intersections Christophe-Colomb et De La Roche - les plus touchées par les mesures d'apaisement - la proportion grimpe à 33 %.

«Ça n'a pas de bons sens d'intervenir dans les rues sans mesurer les conséquences», estime M. Depatie. Il déplore aussi le fait que le prix des parcomètres sur le Plateau soit le même qu'au centre-ville.

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