Berlinale 2012: À moi seule, film du Français Frédéric Videau, présenté en compétition

Publication: Mis à jour:
VOYEZ ICI LA CONFÉRENCE DE PRESSE:
Les comédiens et le réalisateur du film lors de la présentation du film à Berlin. (AFP / Getty Images)
Les comédiens et le réalisateur du film lors de la présentation du film à Berlin. (AFP / Getty Images)

Lors de la seconde journée du Festival du film de Berlin, se tenait le visionnement de presse du film français en compétition officielle, À moi seule, du réalisateur Frédéric Videau, suivi d’une conférence de presse avec les principaux protagonistes.

Malgré le fait que ce long-métrage porte sur le kidnapping d’une jeune fille, pour le réalisateur, il n’a jamais été question de construire le film autour du suspense de l’enlèvement. Au contraire, le film commence avec la scène où Vincent, le ravisseur, laisse partir Gaëlle, sa victime, qui, incrédule, s’enfuit à toutes jambes. Or, cette liberté nouvellement acquise, la jeune fille ne la retrouve pas au sein de son entourage, qu’elle doit réapprivoiser. Film poignant qui suscite de nombreuses réflexions à travers le parcours de cette jeune fille en quête d'une liberté qui pourtant lui échappe partout où elle va.

Inévitablement, le spectateur cherche des liens avec la triste histoire de Natascha Kampusch, elle-même séquestrée pendant plus de huit ans. Pourtant, Reda Kateb, l’acteur principal du film, soutient que le film tente de raconter une tout autre relation entre ravisseur et victime: «Le rapport entre les deux personnages est vraiment différent. Dans le cas de Natascha Kampush, le ravisseur la voit comme un jouet ou un nouvel animal de compagnie. Vincent, quand il enlève Gaëlle, tente de reprendre le contrôle sur une situation.»

Même son de cloche du côté de l’actrice principale, Agathe Bonitzer, à qui j’ai demandé de nous décrire sa préparation pour ce rôle. La jeune fille, dont le regard émane la même puissance revendicatrice que sa protagoniste dans le film, se défend d’avoir lu quoi que ce soit sur le sujet de l’histoire de Natascha. D’un commun accord, Frédéric et elle se sont entendus: moins ils en savaient, mieux cela valait.

«La force du rôle, c’était le scénario, les dialogues, les relations, dit-elle. Tout était là. J’avais aussi envie de garder cette spontanéité, cette force, cette énergie, que le personnage possède malgré elle.» Frédéric raconte qu'au début du tournage, il s’est adressé à Agathe: «Tu es l’intruse. Ce n’est pas lui l’intrus.» Et ils ont construit sur cette prémisse.

Il est vrai que la force du film réside dans le dialogue, savamment écrit par Frédéric sur une période de six mois. L’auteur nous raconte comment chaque mot a été pesé et à quel point la relecture par la productrice, Laetitia Fèvre, était importante à chaque étape, afin que l’histoire soit juste, crédible et équilibrée. Le pari est réussi pour ce film où rien ne sonne faux, et qui jongle avec la grande complexité des relations.

Photos et vidéo : Catherine Matusiak, Le Huffington Post Québec

Le Huffington Post Québec est l'invité de Téléfilm Canada

-

Close
Berlinale 2012: tapis rouge
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Suggérer une correction

Sur le web

Meryl, Angelina et Stéphane Hessel à la Berlinale - lesoir.be

Cinéma: le jury de la 62e Berlinale s'exprime devant la presse ...