NOUVELLES

Photos: des lions blancs au Parc Safari de Hemmingford

09/02/2012 10:25 EST | Actualisé 09/02/2012 10:26 EST
AFP/Getty Images

HEMMINGFORD, 9 février 2012 (AFP) - Les coussinets des pattes du lion blanc glissent un peu sur la glace, mais le grand félin joue gaiement avec un bidon en plastique comme un chaton avec une pelote de laine: le carnivore africain s'est bien adapté au rude hiver canadien.

Dans un enclos voisin, une belle hyène tachetée a du mal à éviter un grand écart, comme un personnage de dessin animé, alors qu'elle cherche à grimper sur un podium couvert de neige glacée, où l'attend de la viande cachée dans une boîte de carton, à déchirer à belles dents.

L'immense Parc Safari propose sur près de 400 hectares «l'Afrique au coeur du Québec» à Hemmingford, à 70 km de Montréal. Les visiteurs peuvent y rencontrer lions, hyènes, chameaux, éléphants... 520 animaux au total.

La direction de l'établissement suit un «concept disneyesque», dit le propriétaire Jean-Pierre Ranger, «faisant entrer les visiteurs dans un monde de divertissement plutôt que de zoologie pure».

Ainsi, en marge de la tournée au parc, les enfants peuvent se voir offrir une promenade non seulement à dos de poney, mais aussi... à dos d'éléphant.

Le parc est fermé en hiver mais ses pensionnaires sortent de leurs cages chauffées même par des températures très fraîches.

Plusieurs espèces d'animaux africains s'y adaptent bien et passent plusieurs heures par jour sur la neige et la glace, dit Sophie Robidoux, directrice zoologique du Parc Safari.

«On les laisse à l’intérieur s'il fait vraiment trop froid. Ou quand il y a une grosse grosse bordée de neige», dit-elle. «Là, on a trop d’ouvrage (travail) pour les sortir à l’extérieur».

Mais ses pensionnaires poilus n'ont jamais ni rhume ni mal de gorge. «On n’a pas à leur donner d’antibiotiques pour des problèmes de respiration», ajoute Sophie Robidoux. Bien entendu, la question ne se pose pas pour les tigres de Sibérie. «Eux, ils préfèrent l'hiver, ils n'aiment pas l'été».

Pour récompenser les animaux africains et aussi leur faire retrouver des comportements qu'ils pourraient avoir dans leur environnement naturel, on leur offre des «enrichissements».

Il s'agit le plus souvent de morceaux de viande cachés dans des boîtes en carton placées en des endroits difficiles d'accès, sur des poteaux, où l'animal ne peut les atteindre qu'en sautant, ou, parfois, enfouis dans la neige que les carnivores n'hésitent pas à fouiller, guidés par leur odorat.

Bien entendu, chez les lions, c'est le mâle qui se sert le premier, ou la plus vigoureuse des deux lionnes. Chez les hyènes, espèce strictement matriarcale, le mâle est réduit à attendre dans un coin que les dames terminent leur banquet.

Certains locataires ne sortent jamais l'hiver. Les chimpanzés, par exemple, sont jugés délicats et on ne les y invite même pas. C'est aussi le cas des éléphants, telle la digne dame de 40 ans baptisée Churchill.

«Elle aurait peur de glisser ou de se blesser», dit Francis Lavigne, adjoint de Mme Robidoux chargé des grands pachydermes.

Et surtout, Mme Churchill adore le contact humain - elle comprend une cinquantaine d'ordres qu'on lui donne en anglais, nonobstant la défense du français québécois, et obéit avec joie, lève la patte gauche ou droite, tourne sur place...

Au-delà de leurs côtés festifs et éducatifs, les zoos jouent aussi un rôle pour la recherche et pour la conservation animale. «Les lions blancs, on les importe pour les sauver», dit Sophie Robidoux.

Forme mutante du lion, dont la fourrure blanche est due à un allèle (version de gène) récessif, les lions blancs sont peu nombreux et se reproduisent surtout en captivité. Ils appartiennent à une sous-espèce du parc de Kruger, une immense réserve naturelle d'Afrique du Sud.

INOLTRE SU HUFFPOST

Des lions blancs dans la neige