POLITIQUE

NPD: Roméo Saganash se retire de la course à la direction

09/02/2012 06:30 EST | Actualisé 10/04/2012 05:12 EDT
CP

OTTAWA (PC) - Le député québécois Roméo Saganash se retire de la course à la direction du Nouveau Parti démocratique, a appris La Presse Canadienne.

M. Saganash annoncerait son retrait vendredi matin à Val-d'Or.

Des sources avaient indiqué que le leader cri et député du Nord du Québec a pris cette décision en partie à cause de cas de maladie dans sa famille, qui l'ont forcé à rater quelques débats entre les candidats impliqués dans la course à la direction du parti.

En plus, sa campagne plutôt discrète n'a pas été en mesure d'attirer sa part d'appuis parmi quelque 100 000 néo-démocrates qui seront appelés à élire leur prochain chef le 24 mars.

Une source proche de M. Saganash a dit croire peu probable que le député accorde son soutien à l'un des sept candidats restants — à tout le moins pas dans l'immédiat.

Dans une déclaration écrite transmise tard jeudi, M. Saganash a cité plusieurs obligations accaparant son temps pour expliquer sa décision de se retirer. Il a soutenu que sa mère, ses soeurs, ses frères et ses enfants nécessitaient davantage d'attention de sa part que ce qu'il avait pu leur offrir.

«Je suis incapable de dévouer assez de temps à mes proches, mes électeurs ou mon parti et de mener le genre de campagne que j'aimerais livrer.»

M. Saganash a aussi dit réaliser qu'en dépit d'un «accueil chaleureux» de néo-démocrates, «il est impossible de mener une campagne victorieuse en tant que deuxième choix favori». «Les gens vous envoient de bons voeux, mais ils ne vous envoient pas d'argent», a-t-il ajouté.

Il n'a pas appuyé spécifiquement un autre candidat, disant avoir l'intention de soutenir n'importe quel candidat qui pourra le mieux faire valoir sa vision pour le parti.

Les autres candidats sont le député montréalais Thomas Mulcair, l'ancien président du parti Brian Topp, la Torontoise Peggy Nash, le député d'Ottawa Paul Dewar, le député de la Colombie-Britannique Nathan Cullen, la Manitobaine Niki Ashton et le pharmacien de la Nouvelle-Écosse Martin Singh.

M. Mulcair a qualifié jeudi soir la candidature de M. Saganash d'«historique».

«Pendant des années, des dizaines de milliers d'enfants autochtones seront inspirés par le fait qu'ils l'aient vu participer à la course (à la direction du parti), sachant qu'il était un candidat crédible au titre de chef de l'Opposition officielle», a-t-il dit par voie de communiqué.

Le député néo-écossais Robert Chisholm, affecté par son incapacité à s'exprimer en français, s'est retiré avant Noël.

Des rumeurs ont également circulé à l'effet que Mme Ashton et M. Singh puissent aussi se retirer, mais dans de récentes entrevues, les deux candidats ont insisté pour dire qu'ils sont toujours impliqués dans la course à la direction.

«Les gens qui appuient ma campagne espèrent qu'elle me mènera à la victoire», a déclaré Niki Ashton.

«Je fais campagne pour gagner», a dit M. Singh. «En conséquence, je ne peux me retirer hâtivement si je fais campagne pour gagner.»

Il pourrait sembler logique pour les candidats qui savent qu'ils tirent de l'arrière de se retirer bien avant le scrutin du 24 mars. La vaste majorité des néo-démocrates voteront de façon anticipée par courrier ou par Internet. Ils pourront déposer leur vote à compter du 1er mars.

Les dirigeants du NPD espéraient que la candidature de M. Saganash puisse les aider à effectuer une percée au sein des communautés autochtones, qui sont reconnues pour leur faible taux de participation aux élections. Et plusieurs néo-démocrates ont trouvé son histoire personnelle, à titre de survivant d'un pensionnat du nord du Québec, très inspirante.

Selon des sources internes du parti, cela ne s'est tout simplement pas traduit par des appuis de qualité parmi les membres actifs, ni par un nombre suffisant d'organisateurs qui auraient pu recruter des milliers de nouveaux membres. Et puis, avec la date limite du 18 février pour recruter de nouveaux membres arrivant à grands pas, et son énergie étant divisée en raison de ses problèmes familiaux, des sources ont indiqué que M. Saganash avait tout simplement convenu qu'il ne servait à rien de continuer à endurer «cette torture», comme l'a mentionnée l'une d'entre elles.

Dans un courriel envoyé à La Presse Canadienne, M. Cullen a dit trouver «triste» de voir M. Saganash se retirer.

«Son histoire personnelle, son triomphe contre l'adversité, fut inspirante pour plusieurs d'entre nous, dont moi en particulier. Son peuple, et lui-même, peuvent être fiers.»

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