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Recensement: faible croissance constante au Québec

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Le taux de croissance des personnes nées à l'étranger au cours des cinq dernières années a été plus élevé au Québec que dans toute autre province du pays, selon Statistique Canada. (PC/Ryan Remiorz) | PC

Les chiffres du recensement 2011 font écho aux précédents recensements de 2006 et 2001, qui démontraient une faible croissance dans les principales villes du Québec.

Entre 2001 et 2006, le Canada a vu sa population croître de 5,4 %, contre 2,3 % pour Montréal, 3,1 % pour Québec et 1,6 % pour Longueuil. Seules Laval (+7,5 %) et Gatineau (+6,8 %) affichaient lors de cette période des données supérieures à la croissance nationale.

Entre ces deux périodes, les taux de croissance de la population des principales villes du Québec ont d’ailleurs évolué de façon similaire à celles de l’Ontario. Alors qu'à Toronto (+0,9 %) et Ottawa (+4,9 %) des croissances inférieures à la moyenne nationale ont été observées, Mississauga (+9,1 %), Brampton (+33,3 %), Markham (+25,4 %) et Vaughan (+31,2 %) ont été les locomotives de la plus peuplée des provinces du Canada.

Que ce soit au Québec ou en Ontario, ces fortes progressions dans les agglomérations moins importantes que leurs capitales économiques et administratives ont des raisons communes. Certaines villes, comme Laval, Markham et Vaughan, profitent de leur proximité avec leur métropole respective et offrent des loyers bien inférieurs. De plus, l’arrivée du métro en 2007 a poussé de nombreux Montréalais à s’installer à Laval entre 2001 et 2006 avant l’augmentation des loyers.

Enfin, de nombreuses entreprises apprécient ces communes plus petites pour leurs grands espaces et leur cadre de vie. Les données de Statistique Canada de 2006 montrent d’ailleurs que les municipalités comptant les plus faibles densités de la population au kilomètre carré sont les plus attrayantes. Montréal, avec une densité de 4438,7 habitants au kilomètre carré et une croissance de la population de seulement 2,3 %, a ainsi été devancée par Québec (1081,2 h/km2) et Laval (1492,2 h/km2).

Globalement, entre 2001 et 2006, la part de la population du Québec dans celle du Canada est passée de 24,11 % à 23,86 %. Celle de l’Ontario a légèrement augmenté de 38,02 % à 38,4 %, malgré la très faible croissance de Toronto.

En 1956, la population du Québec comptait 4,628 millions d’habitants, soit 28,78 % des citoyens du Canada. Cinquante ans plus tard, la province ne représentait plus que 23,87 % du pays, soit une régression proche d’un point par décennie. Une perte d’importance et donc d’influence dont les principales causes se nomment Ontario, Alberta et Colombie-Britannique. Ces trois provinces représentaient en effet 49,28 % de la population canadienne en 1956. En 2006, cette part a progressé pour atteindre 61,88 % de la population du pays.

Ce tableau de Statistique Canada retraçant de 1956 à 2006 le taux de croissance de chaque province et territoire du pays met en lumière les problèmes démographiques du Québec. En effet, depuis 1966, le taux d’accroissement du Québec a toujours été, sans exception, inférieur à la moyenne du Canada. Et, entre 1956 et 1966, le Québec ne surpassait cette moyenne que de 0,2 point.

Toutefois, après le recensement de 2006, une bonne note était relevée : avec une croissance démographique de 4,3 %, le Québec a signé sa deuxième plus belle progression depuis la fin du baby-boom dans les années soixante. Qui plus est, l’écart avec la moyenne nationale (1,1 point) était le plus faible enregistré depuis 1966.

Cette bonne performance ne s’expliquait pas par l’augmentation des naissances, encore peu évidente entre 2001 et 2006, mais plutôt par la hausse de l’immigration et par le taux de natalité des immigrés. « Le taux de croissance des personnes nées à l'étranger au cours des cinq dernières années a été plus élevé au Québec que dans toute autre province du pays » expliquait ainsi Statistique Canada à l’époque.

Au total, 11,5 % de la population totale du Québec en 2006 étaient nées hors du Canada, soit « la proportion la plus forte jamais constatée dans l'histoire de la province ». 86,9 % d’entre eux résidaient à Montréal ou dans sa région métropolitaine. Les régions de Québec (3,1 %), Gatineau (2,7 %) et Sherbrooke (1,2 %) étaient les principales destinations hors Montréal adoptées par les immigrants.

Taux d'accroissement des provinces et territoires, 1996 à 2001 et 2001 à 2006

Enfin, le graphique ci-dessus résume parfaitement la situation Québécoise par rapport à la moyenne nationale et les autres provinces et territoires. Le dynamisme de l’Alberta est ainsi mis en évidence, tout comme la faiblesse du Québec, surtout entre 1996 et 2001.

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Faits saillants - Recensement 2011
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