Pauline Marois en conseil national: l'adversaire du Québec est à Ottawa

Pauline Marois

Première Publication: 27/01/2012 23:13 Mis à jour: 17/02/2012 13:36

MONTRÉAL - Maintenant que son leadership ne semble plus menacé, Pauline Marois peut de nouveau diriger ses attaques vers ses adversaires oeuvrant à l'extérieur du mouvement souverainiste: Jean Charest, François Legault et, surtout, Stephen Harper.

Vendredi soir, dans son discours d'ouverture du conseil national extraordinaire du Parti québécois, qui se tient tout le week-end à Montréal, Mme Marois a mentionné le nom du premier ministre du Canada à au moins une dizaine de reprises, pour le décrire comme celui qui dirige le pire gouvernement pour le Québec depuis Pierre Elliott Trudeau.

«Le changement le plus fondamental pour le Québec, c'est de passer du Canada de Stephen Harper au pays du Québec. On veut changer de pays!», a dit Mme Marois, dans une allocution à forte saveur souverainiste.

Car le «véritable adversaire du Québec» est à Ottawa, selon elle. L'abandon de Kyoto, le durcissement des lois envers les criminels, des dizaines de milliards de dollars de fonds publics consacrés à l'achat de navires de guerre et d'avions de chasse, voilà des décisions d'Ottawa qui ne sont pas prises dans l'intérêt du Québec, a fait valoir la chef péquiste.

Le Québec a donc besoin d'un changement de cap et d'un gouvernement qui se tient debout devant Ottawa, a-t-elle dit, en cherchant à mettre dans le même sac le premier ministre Jean Charest et le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, qu'elle a appelé le «tandem Charest-Legault», toujours prêt à se mettre à genoux devant Ottawa.

Depuis le désistement de Gilles Duceppe, les rumeurs de contestation du leadership de Mme Marois se sont tues, et la chef péquiste devrait connaître un week-end plus calme que certains anticipaient. Vendredi soir, les militants lui ont réservé plusieurs ovations.

«J'lâche pas!», a lancé la chef à ses militants, au terme de plusieurs mois de déchirements internes au sein de sa formation.

Présent sur les lieux, un des contestataires du leadership de Mme Marois, Pierre Dubuc, du SPQ-Libre, qui appuyait M. Duceppe, s'est finalement rallié, en disant que tous les militants devaient s'unir pour porter le PQ au pouvoir aux prochaines élections.

Pendant son point de presse, en début de soirée, il a été semoncé par le président de l'association de Gouin, Jacques Thériault, venu lui rappeler que la chef avait obtenu 93 pour cent d'appuis de ses membres en avril, lors du dernier congrès du parti.

Ce conseil national extraordinaire, qui doit attirer quelque 500 militants de toutes les régions, a été convoqué en vue d'adopter toute une série de réformes aux institutions démocratiques du Québec et de transformer ses moeurs politiques.

Sa tenue avait été reportée à deux reprises.

Samedi et dimanche, les péquistes débattront d'une centaine d'amendements autour de 13 propositions de changements annoncées en décembre, incluant celle d'accorder le droit de vote à 16 ans.

Si la base militante entérine ces suggestions, ce qui devrait être le cas, un gouvernement du PQ proposerait notamment un nouveau mode de scrutin avec possiblement un système électoral uninominal à deux tours, verrait à décentraliser toute l'administration gouvernementale et créerait une chambre des régions.

De plus, les référendums d'initiative populaire seraient bienvenus, ce qui pourrait hâter, en principe, la tenue d'un référendum sur la souveraineté.

Et puis chaque année, le gouvernement devra rendre des comptes à la population en montrant où il en est rendu dans la réalisation de ses engagements électoraux. Le travail des députés deviendrait obligatoirement plus transparent que jamais.

Ce vent de réformes fait suite aux 80 propositions formulées au cours des derniers mois par six députés, dont celui de Marie-Victorin, Bernard Drainville, qui s'inquiétaient de la survie du parti après le départ de cinq députés péquistes en juin dernier.

C'est M. Drainville qui a poussé l'idée des référendums d'initiative populaire. Dans son esprit, il suffirait que 15 pour cent de la population signent une pétition pour provoquer la tenue d'un référendum, sur la souveraineté ou sur toute autre chose.

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Publié par Patrick White  |