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15/09/2016 10:18 EDT | Actualisé 15/09/2016 10:18 EDT

À 17 ans, où s'amuser comme des adultes... sans adultes?

Pour les adolescents à la veille de leurs 18 ans, un problème se pose (et aussi pour les parents): où fêter tout en consommant un peu d'alcool comme les «grands», mais sans les grands. Car dans ce monde en plein changement, les règles n'ont guère évolué en la matière.

Pour les adolescents à la veille de leurs 18 ans, un problème se pose (et aussi pour les parents) : où fêter tout en consommant un peu d'alcool comme les « grands », mais sans les grands. Il n'existe pas au Québec de salles de transition où, sous une certaine supervision extérieure, les jeunes de 16 à 18 ans pourraient s'amuser tout en s'initiant à prendre de l'alcool avec modération.

Or dans ce monde en plein changement, les règles n'ont guère évolué. On permet à nos adolescents de 16 ans de conduire une automobile, d'utiliser une arme pour la chasse, mais quand il est question d'alcool, le sujet devient un peu tabou, voire flou.

Et pourtant, la société est très consciente de cette réalité, comme on le souligne dans la brochure « d'Educ'alcool »

«Les jeunes de 16 ans consomment de l'alcool à peu près chaque semaine.

Malgré les interdictions, le désir d'appartenir au groupe, de se valoriser par ce moyen est plus fort que la mise en garde

C'est l'âge où les jeunes qui consomment ne tiennent pas compte de l'avis de leurs parents

C'est l'âge où le contact des parents avec les jeunes est parfois plus difficile en raison de leur besoin de se forger une identité qui leur soit propre et non calquée sur la vôtre.»

Voilà pour les conseils, mais sur le terrain les parents se trouvent pris avec cette pression constante des jeunes qui veulent se réunir et fêter comme ils voient parfois leurs parents le faire. Bien sûr, les parents ouvrent parfois leur maison pour quelques partys, mais, pour la plupart des familles, les lieux pour accueillir 30 à 50 adolescents sont inadéquats avec en prime la responsabilité de laisser repartir de la maison des jeunes de 16 ou 17 ans un peu ivre.

Il y a aussi ce malaise de penser que d'autres parents vont s'imaginer que notre maison est contrôlée par des parents irresponsables, des parents qui laissent des jeunes boire alors que c'est interdit de servir de la boisson à des mineurs.

À Educ'alcool, on reconnaît la problématique, mais on n'a rien à proposer de concret.

Comme parent, j'ai tenté en vain de trouver une salle ou un endroit qui pourrait répondre à ces désirs de nos jeunes de s'amuser entre eux, tout en respectant les lois (pas d'alcool au moins de 18 ans). À Educ'alcool, on reconnaît la problématique, mais on n'a rien à proposer de concret. Même constat dans les différentes Maisons de Jeunes de Montréal.

Face à cette réalité, je me demande, comme de nombreux autres parents, s'il n'est pas urgent que la Société des alcools du Québec mette de l'avant un projet pilote qui aurait comme objectif de permettre à ces adolescents, par le biais de salles adaptées, de faire cette transition vers le monde des adultes. Pour la SAQ, ce serait un contact direct avec ces futurs adultes et l'occasion avant chaque soirée de rappeler aux jeunes que «la modération a meilleur goût».

Les parents font leur part en parlant d'alcool à la maison, en répétant des conseils, en buvant aussi modérément en leur présence. Il serait peut-être tant que des organisations publiques comme la SAQ s'ouvrent à cette réalité bien concrète, dont certains aspects sont mis en lumière habilement dans le film 1987 du réalisateur québécois Ricardo Trogi. Il faudrait cette fois que la réalité dépasse la fiction. Nos jeunes le méritent. Ils sont près de 300 000 au Québec âgés entre 15 et 17ans... Rien de banal.

Un père (comme bien d'autres) de deux adolescents de 15 et 17 ans.

PS : Dépêchez-vous, mon garçon fête son anniversaire le 22 octobre

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