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14/03/2016 04:40 EDT | Actualisé 15/03/2017 05:12 EDT

Le «distingué» docteur Barrette

Plusieurs parlementaires, de différents partis de surcroît, ont souligné, avec justesse, les nombreux coups bas assénés par le bon docteur Barrette. Même d'anciens libéraux ont souligné le manque de civilité du ministre, dans cette histoire.

Ce gouvernement nous répète ponctuellement qu'il fait de la lutte à l'intimidation l'une de ses priorités. La larme à l'œil, nous rappelant les conséquences néfastes de l'intimidation et du harcèlement sur l'ensemble de la société, le gouvernement libéral s'est même permit une petite touche de violoncelle dramatique.

De l'autre côté du couloir, alors que le solo était à peine terminé, le ministre de la Santé cognait du marteau à tue-tête. Schème... Ristournes Lamarre... Pot aux bonbons... Bing Bang Boum Bing Bang! On est donc passé, en deux temps trois mouvements, d'une pièce en Mi bémol mineur «♫♫♫♫♫» à un bruit infernal pour les oreilles. C'est l'art politicien de se «virer de bord sur un dix cennes», comme le dit si souvent mon père! Car, cette manie de passer rapidement du raffinement à la vulgarité me choque profondément... C'est encore pire lorsqu'on attaque, sans fondement, sans réel argument, l'intégrité personnelle et professionnelle d'une personne.

Diane Lamarre s'est fait, encore une fois, ramasser injustement par le bon docteur Barrette. Cette série de jabs gratuits était définitivement de trop; au point où, le débat s'est transformé en intimidation. Plusieurs parlementaires, de différents partis de surcroît, ont souligné, avec justesse, les nombreux coups bas assénés par le bon docteur Barrette. Même d'anciens libéraux ont souligné le manque de civilité du ministre, dans cette histoire. C'est peu dire!

Bien sûr, celui-ci s'est défendu, sur le plateau de TLMEP, de jouer la game... mais, il faudrait peut-être lui rappeler que la joute qu'il semble tant affectionner comporte elle aussi des règles élémentaires. Par conséquent, cela implique que tous les coups ne sont pas permis... Surtout lorsque ceux-ci sont en dessous de la ceinture ou illégaux! C'est comme dans toutes les situations compétitives, la victoire doit être acquise de manière honnête, sinon elle ne vaut rien. C'est la même chose dans l'enceinte de l'Assemblée nationale.

Car l'intimidation, ce n'est pas une affaire de jeune ou de cour d'école... Non! Comme ce n'est pas plus une histoire de violence physique. L'intimidation, c'est aussi (et surtout) des petits gestes, qui pour certains peuvent paraître anodins, mais blessent profondément. À répétition, l'intimidation se transforme en harcèlement. Le bon docteur Barrette fait la valse entre ces deux méthodes afin de discréditer ses adversaires.

La liste est longue: Réjean Hébert, Jacques Turgeon, Jean-Claude Deschênes, Jean-François Lisée, Pierre Karl Péladeau, Diane Lamarre et j'en passe! Que dire du «Caquète gate», où le bon docteur Barrette avait fait des bruits de poule pendant une intervention d'Agnès Maltais? Est-ce des égarements passagers ou doit-on plutôt conclure que c'est tout simplement le tempérament du bon docteur qui fait et refait continuellement surface? Bref, c'est à se demander si ce n'est pas tout bonnement dans sa nature d'être un bully...

Or, le ministre de la Santé devrait pourtant comprendre les effets pervers de l'intimidation et du harcèlement, lui qui a souvent été la cible de moqueries et de commentaires déplacés par rapport à son poids. Il devrait donc connaître les contrecoups de ce type d'attitudes et de comportements... Mais, bien que l'arroseur arrosé connaisse les ingrédients de sa propre médecine, cela ne l'empêche pas pour autant d'être empathique. Quoiqu'il y existe aussi un dicton qui dit «Chassez le naturel, il revient au galop!». C'est peut-être justement ça le problème.

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